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Régionales : à Lyon, le PS et les écolos alliés, mais pas trop

S’ils dirigent ensemble la Ville de Lyon et la Métropole, les écologistes et les socialistes peinent à s’entendre pour former un front commun face à Laurent Wauquiez aux régionales de juin prochain. Les socialistes militent pour l’union, une manière aussi de faciliter le retour en politique de Najat Vallaud-Belkacem. Les Verts quant à eux préfèrent se compter une dernière fois avant les présidentielles de 2022.

Le printemps de la gauche n’aura pas résisté aux frimas de l’hiver dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Après un épisode de redoux dans leurs relations le temps d’élections municipales qui ont marqué les prémices d’un réveil de la gauche puis aux sénatoriales dans le Rhône, les deux partis ont retrouvé leurs anciennes habitudes en murmurant leur vieille rengaine du “je t’aime, moi non plus”. Les écologistes et les socialistes peinent à s’entendre en vue des élections régionales prévues en juin prochain, si le contexte sanitaire le permet. Ils devraient faire listes séparées au premier tour.

Arrondir les angles

À l’automne, les écologistes ont investi leur tête de liste : Fabienne Grebert, présidente du groupe EÉLV à la région et conseillère municipale d’Annecy, une ville conquise en juin dernier sur fond d’union de la gauche. Les Verts ont aussi rappelé que leur scénario privilégié était celui de l’autonomie au premier tour. “Ce n’est pas non plus une nouveauté. En 2005, 2010 et 2015, nous sommes partis en autonomie aux élections régionales même si les socialistes ne l’ont jamais accepté”, pointe un conseiller régional écologiste. Depuis l’automne, les écologistes ont arrondi les angles dans leurs expressions publiques. “Nous n’avons pas encore pris de décision sur notre stratégie de premier tour. Ce sont les 3 300 signataires du pôle écologiste qui définiront notre périmètre politique”, explique Marie Pochon, directrice de campagne de Fabienne Grebert. La décision devrait intervenir en février. Ces dernières semaines, écologistes et socialistes se sont rencontrés pour essayer de bâtir un programme commun.
Le PS essaie donc de s’engouffrer dans cette brèche. “Les choses évoluent. Pendant longtemps, nous avons prêché dans le désert sur le rassemblement de la gauche. Les écologistes avaient posé une stratégie d’affirmation. Ils changent et je m’en félicite. L’union dès le premier tour n’était pas en discussion il y a deux mois et aujourd’hui, nous sommes à la même table”, veut désormais croire Jean-François Debat, président du groupe PS à la région Auvergne-Rhône-Alpes et maire de Bourg-en-Bresse. Ce revirement, il le met sur le compte du sondage publié par Lyon Capitale en décembre. Notre enquête d’opinion faisait de Laurent Wauquiez le grand favori des régionales et plaçait la gauche hors du jeu. Fabienne Grebert et Najat Vallaud-Belkacem étaient à égalité au premier tour, créditées chacune de seulement 12 % d’intentions de vote. Au second tour, une union de la gauche plafonnait : 26 % contre 36 % pour Laurent Wauquiez. “L’alliance de premier tour est indispensable et ce constat nous le fondons aussi sur ce sondage. Comment peut-on se satisfaire d’y aller en ordre dispersé pour faire chacun 10 à 15 %. Nous ne pouvons pas dire que nous avons un défi important à relever face à Laurent Wauquiez, mais que nous allons d’abord regarder qui va être le premier parti de gauche”, peste Olivier Bianchi, le maire PS de Clermont-Ferrand qui a décidé de s’impliquer dans la campagne des régionales et pour le rassemblement de la gauche. “Laurent Wauquiez prospère sur l’éclatement de la gauche”, embraie Jean-François Debat.

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