Prix de l’immobilier à Lyon : pourquoi ça aurait pu être pire

La Fédération nationale de l’Immobilier (FNAIM) a partagé lundi 23 septembre ses chiffres sur le marché immobilier à Lyon et dans le Rhône au premier semestre 2019. Comparée à d’autres villes de France, la situation du marché rhodanien aurait pu être pire.

La FNAIM a livré ses chiffres pour le marché de l'immobilier au premier semestre 2019. Dans le Rhône, les prix sont encore en hausse. Depuis juin 2018, le prix des appartements a augmenté de 3.2 % pour atteindre 3 182 euros le m². À Lyon, la hausse est de 5.7 % pour 4070 euros le m². Une hausse importante comparée à d’autres métropoles comme Bordeaux, où l'on retrouve une hausse de 2.6 %, ou Paris avec une hausse de 4.6 %. Seul Nantes fait pire que Lyon, avec une hausse de 8.2 %.

Néanmoins, d’après Anne Planchard, vice-présidente déléguée à la transaction, la situation aurait pu être bien pire à Lyon. "La ville avait du retard au début des années 2000. On était 13e ville de France sur les prix au m², au lieu qu’on est quand même la deuxième ville économique", constate-t-elle, "Lyon a toujours eu des prix très raisonnables, comparé à des villes comme Bordeaux".

Par ailleurs, selon Anne Planchard, une autre raison est à aller chercher du côté de la non régulation des prix des loyers dans la région, ce qui pousserait les acquéreurs à mettre en location leur bien : "À Lyon, nous avons un investissement locatif patrimonial durable, contrairement à Paris. Dans la capitale, ils sont rentrés dans une spirale où il y a énormément d’Airbnb, parce que les investisseurs ne s’en sortent pas avec l’encadrement des loyers", met-elle en perspective. Reste que si cela aurait pu être bien pire à Lyon, la situation reste très compliquée pour ceux qui veulent acheter.

Une région attractive et un pouvoir d’achat en baisse

Entre 2010 et 2015, la ville a vu sa population augmenter de 6 %. Cela vient exacerber la tension immobilière notamment dans certains arrondissements, où l’offre et la demande ne suivent pas. De plus, le taux de rotation n’est que de 3,1 % dans le Rhône, ce qui n’arrange guère la situation. Par ailleurs, malgré une baisse des taux, l’augmentation des prix a entraîné une baisse du pouvoir d’achat, notamment à Lyon où les acheteurs perdent 2,4 m². Ainsi, en juin 2019, un ménage ayant un budget de 160 000 euros, peut s’acheter un logement de seulement 39 m².

Perspectives pour 2020

Désormais, la Fédération prévoit une hausse des ventes de 2.6 % par rapport à 2018, ainsi qu’une augmentation supplémentaire des prix de 2 %. Seulement 11 500 nouveaux logements seront mis en chantier d'ici fin juin 2019, soit un recul de 23,8 % par rapport à l’année dernière. Ces chiffres qui n’augurent pas une amélioration de la situation. Alexandre Schmidt, président de la FNAIM Rhône, se veut tout de même optimiste : "Les biens se vendent aujourd'hui dans un délai d’un mois et demi, voire deux mois pour les ventes les plus lentes. Et on sent un début de stabilisation des prix, mais nous sommes dans une zone très attractive et je pense que cela va continuer." Une question reste donc en suspens, jusqu'où les prix de l'immobilier monteront à Lyon ?

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