Permanence UDF - La "révolution orange" n'a pas eu lieu.

Tout est joué mais personne ne veut l'avouer. On fait mine de retenir son souffle. Timidement, les premiers militants arrivent et insistent déjà sur les motifs de satisfactions : "on était à 5 % il y a cinq ans, on a triplé", explique ce militant de Lyon. Arrivée parmi les derniers, la sénatrice Muguette Dini, est la seule personnalité politique centriste. Michel Mercier et autre Anne-Marie Comparini sont à Paris, auprès de François Bayrou. Ils sont une trentaine, le nez en direction de la télé.

Quand à 20h, les visages des finalistes leur apparaissent sur l'écran, le silence attendu se fait. Mais quand la présentatrice de France 2 annonce les 18,8 % de leur François Bayrou, un bref viva se produit. Visages sereins parfois souriants, les t-shirts orange des jeunes UDF se mêlent au chemise, dans un même élan d'autocongratulation : "on a jamais été accueillis comme ça sur les marchés", "En dehors de Giscard, c'est le meilleur score d'un candidat centriste de toute la Ve République", "le FN est redescendu à 11 %". "On est un peu déçu, concède Muguette Dini. Un candidat est là pour gagner. Mais il faut garder à l'esprit que sept millions de citoyens ont voté pour les idées défendues par François Bayrou".
20h30 pétantes : après avoir écouté Sarkozy attentivement, les militants se dirigent vers le By'art Café, à deux pas, sur les quais. 250 personnes étaient attendus en compagnie de tous les élus de l'aggo. Mais ce soir ils ne sont qu'une petite centaine de simples adhérents à se regrouper devant l'écran géant pour suivre la soirée électorale. Bayrou prend la parole, il est ovationné. Royal parle, elle est conspuée : "Chabichou", "là voilà, la belle du Poitou". Au bout de quelques instants, les conversations ont repris, tournant le dos au tailleur blanc. Mais rares sont ceux qui s'aventurent sur un nom. "On est le soir du premier tour... on savoure les 18,8 %, qui sont la marque de la naissance d'un véritable centre en France, analyse Ange Beltran, vice-président des jeunes UDF. "On a besoin de charisme", ose un de ses collègues, avant qu'un autre, le seul, ne lance : "je voterai Sarkozy !"
Il est 22h30, le bar s'est déjà vidé quand arrive Gilles Vesco, vice-président UDF du Grand Lyon. Il répète "A défaut d'avoir pu changer de régime, il faudra changer le sexe du président". Des propos qui n'engagent que lui et qui, visiblement, sont loin d'être majoritaire.

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