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@Arthur Brenac

Parcoursup : les lycéens pourront recevoir un "non" en septembre

Alors que les CRS évacuaient le campus de l’Université de Lyon 2 le 13 avril dernier, étudiants et professeurs continuent de se mobiliser contre la loi ORE. Dans une note du ministère de l’Enseignement supérieur, on apprend les lycéens pourront, en septembre, recevoir une réponse négative de Parcoursup si leurs vœux n’ont pas pu être respectés.

Dans les colonnes de Libération, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, affirmait que les candidats ne pourraient recevoir que deux réponses de la plateforme Parcoursup : "oui" et "oui si". Un mois après ses propos, Libération révélait une fiche publiée qui indiquait l’inverse. Les lycéens pourraient donc recevoir une réponse négative quant aux vœux émis sur la plateforme. "De ce fait, un "en attente" pourra se transformer en un "non" à partir du 6 septembre. Ce sont des décisions constatant l’impossibilité matérielle à la fin de la procédure d’accueillir tous les étudiants en attente", affirmait Frédéric Vidal à Libération avant de préciser qu’il "s’agit juste d’anticiper une situation qui va peut-être arriver, même si on fait tout pour qu’elle n’arrive pas."

"Les lycéens s’autocensurent"

Pour Anne Roger, maître de conférences et secrétaire national du SNESUP, cette publication n’a "rien de nouveau." "On savait très bien qu’ils seraient des milliers de lycéens à ne pas avoir d’affectation. Maintenant, on a la date du 6 septembre qui officialise cela." L’enseignante-chercheuse craint une "montée de l’angoisse" chez les lycéens qui, selon elle, seront très nombreux à n’avoir aucune affectation dès le premier tour. "La non-hiérarchisation des vœux fait que toutes les places seront occupées par les « bons », en ne laissant rien aux autres." Anne Roger a déjà constaté qu’en STAPS, à l’Université de Lyon, il y a eu 15 % d’inscription en moins par rapport à l’année dernière. "Les lycéens s’autocensurent déjà, et ça sera de pire en pire." Pour l’UNEF de Lyon, la mobilisation se fait de plus en plus forte "parce qu’au fur et à mesure, on découvre de nouveaux problèmes. Si au début tout le monde ne faisait pas cas de cette réforme, chaque jour les étudiants et lycéens concernés s’informent davantage et découvrent les difficultés auxquels ils seront confrontés", Métiline Buffard, présidente du syndicat étudiant UNEF Lyon espère que la mobilisation tiendra encore dans les jours à venir.

Continuer avec ou sans Parcoursup ?

L’UNEF de Lyon est clair. "On demande le retrait de la réforme, et donc de Parcoursup. Le problème ce sont les algorithmes de sélection. On était déjà formellement opposé au tirage au sort parce qu’on estimait que ce n’était pas juste. Mais au moins, un lycéen qui venait d’un établissement défavorisé et un dossier moyen avait une chance d’obtenir une place à l’université. Avec Parcoursup ça ne sera plus possible", affirme la présidente du syndicat. De son côté, Anne Roger espère plusieurs alternatives. Elle commente la décision de l’Université de Rouen, qui s’oppose à l’utilisation de Parcoursup, et qui ouvre sa fac à tous les lycéens. "Il faut ouvrir les universités à tout le monde", explique l’enseignante-chercheuse. "Si l’on prend la décision d’accepter toutes les inscriptions, ils seront peut-être 5 000 inscrits au début. Mais on sait très bien que d’autres iront ailleurs, dans d’autres formations. C’est notre travail d’expliquer à la présidence de l’Université que ce risque n’en est pas un." En parallèle, la secrétaire nationale du syndicat SNESUP continue d’alerter le gouvernement quant aux problèmes liés à Parcoursup, demandant le retour de la hiérarchisation des vœux. "On va continuer à demander des discussions avec le gouvernement, mais aussi avec nos présidences d’université. À Lyon 2, la présidente accepte de parler devant des amphis remplis, alors qu’à Lyon 1, le dialogue est catastrophique."

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