Deux membres du collectif “Presqu’île en colère” discutant avec des policiers – Lyon, octobre 2019 © Antoine Merlet
Deux membres du collectif “Presqu’île en colère” discutant avec des policiers © Antoine Merlet
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Nuisances, insécurité, pollution… Enquête sur ces Lyonnais “en colère”

L’émergence récente de mouvements de contestation citoyens aux revendications très ciblées trouble le paysage lyonnais. Certains policiers de terrain s’inquiètent de l’absence ou du peu de réaction du personnel politique.

Presqu’île en colère, La Guillotière en colère, Gerland en colère, Fulchiron sans béton, Bonnel doit respirer, La Croix-Rousse n’est pas à vendre… Depuis plusieurs semaines, de drôles de noms fleurissent sur les réseaux sociaux et dans la presse, quand ils n’ornent pas directement les balcons des immeubles lyonnais sous forme de draps blancs – non sans rappeler, d’ailleurs, les pancartes accrochées sur les façades du centre de Barcelone, symboles de protestation contre le tourisme de masse qui fait grimper les prix et fuir les habitants. À Lyon, ces collectifs citoyens ont vu le jour en réaction au “manque total d’écoute des élus”, à l’“absence de dialogue avec la mairie” ou à un “sentiment d’abandon tenace”. L’effet d’entraînement – fondé sur l’esprit de corps entre habitants – a semble-t-il fait le reste.D’une étincelle, la fronde est devenue braise. La rumeur s’est propagée comme une traînée de poudre au détour de chaque rue, sur le bord de chaque trottoir. Au point qu’il n’y a plus un quartier de Lyon qui n’en ait fait son pain quotidien. De là à dire que la ville est à feu et à sang…, non. En revanche, la Capitale des Gaules a bel et bien la gueule de bois. “Cela fait vingt ans que j’habite à la Guillotière. J’ai choisi d’habiter là car j’aimais le côté populaire et cosmopolite. Mais, populaire et cosmopolite, ça ne veut pas dire insalubre, insécure et bourré de trafics en tout genre. On est laissé pour compte ici, c’est manifeste”, se désole Nathalie, du collectif La Guillotière en colère. De l’autre côté du Rhône, même son de cloche (ou de bourdon, vu l’ambiance) : “On subit tous les soirs – et ça depuis des mois – les concerts de klaxon ininterrompus et les rodéos sauvages qui durent jusqu’au petit matin. Le centre de Lyon est devenu un immense terrain de jeu. On nous reproche d’être des bobos, des Parisiens qui ne supportent pas le bruit. Et, quand on invective par les fenêtres, les représailles ne se font pas attendre : les rôdeurs nous disent d’aller nous faire foutre et qu’ils vont nous pourrir la vie. Bref, de tous les côtés, on est rejetés.”

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