Mobilisation généraliste

Lors d'une journée nationale de mobilisation, les médecins généralistes du Rhône se sont retrouvés pour manifester et faire entendre leurs revendications auprès du préfet.

Deux petits drapeaux tricolores et la mention « Appel pour le 18 juin 2010 à tous les patients » rappelant les affiches de mobilisation générale contre l'ennemi en 1940. Voici la description de l'un des tracts que distribuaient les médecins généralistes lors de leur manifestation à Lyon ce vendredi. Suivant un mouvement national, ils étaient 200 selon le syndicat des médecins généralistes ( SMG 69 ) et 120 selon la police à fouler les pavés, entre 10h et 12h, pour exprimer leurs craintes et expliquer leurs revendications auprès de la population.

Améliorer les revenus et les conditions de travail

Les médecins ont donc rencontré, dans un premier temps, Denis Morin, le directeur de l'Agence Régionale de Santé Générale. Ce dernier, dont les prérogatives en matière de politiques locales de santé sont nombreuses, est l'un des acteurs locaux les plus proches du ministère de la Santé. Les revendications qui lui ont été transmises «  pour sauver la profession », comme l'affirme Florence Lapica, responsable du syndicat, sont essentiellement tournées vers une modification du système de rémunération et les aides concrètes pour améliorer les conditions de travail. « Depuis le 11 mars, nous sommes mobilisés pour sauvegarder la médecine générale. La gestion de la grippe A et le traitement des généralistes dans cette crise ont été la goutte qui a fait déborder le vase. Nous demandons aux responsables politiques de mettre en place un nouveau système nous permettant d'être rémunéré en fonction des actes, de la charge de travail et des responsabilités qui sont les nôtres », continue le docteur Lapica.
Concrètement, les médecins souhaiteraient être payés selon l'acte médical accompli. La situation actuelle fait que, quelque soit le diagnostic et les soins donnés, le forfait est le même. Ils aimeraient aussi, entre autre, que le ministère supprime la taxation des feuilles de soin papier pour les médecins ne disposant pas d'une borne carte Vitale.

De la Part Dieu à la préfecture

Après avoir échangé avec le directeur de la ARSG, les manifestants se sont dirigés, depuis la Part-Dieu, vers la préfecture. Tout au long du trajet, les passants ont applaudi les médecins, les encourageant dans leur combat. Arrivés à la préfecture, aucune rencontre n'était prévue à l'agenda. Mais forte des 200 personnes présentes et des 40 % de médecins grévistes, en moyenne, dans le département, une délégation a été reçue par la représentante du préfet. Auprès de cette dernière, ils évoquèrent plus particulièrement la question de l'aide à l'installation des jeunes médecins en ville et à la campagne qui devient de plus en plus difficile. Les services du préfet se sont engagés à trouver des moyens et des locaux permettant à ces jeunes praticiens de se regrouper pour établir un cabinet.
« Il faut rapidement trouver une solution sinon nous allons vers la fin de la médecine de proximité et généraliste, qui est de moins en moins bien considérée. Je me dois de rappeler que nous sommes essentiels dans le paysage de la médecine française puisque chaque année 71 % des français consultent et que nous posons 74 % de l'ensemble des diagnostics. Il y a, au moment où nous parlons, 55 000 médecins, et si la crise que nous subissons continue, nous en perdront 30 000 soit 26 000 actifs en 2025 », conclue la syndicaliste .

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