Bluely inauguration 213
© Tim Douet

Lyon s'en sort mieux avec Bluely que Paris avec Autolib'

Les modes partagés de déplacement ont la vie dure à Paris. Après les problèmes en série pour les nouveaux Vélib', la ville de Paris doit faire face à un litige avec les Autolib' de Vincent Bolloré. Quelle est la situation à Lyon avec les Bluely du même groupe ?

"Pour Vélo'v / Vélib', il fallait passer en premier, pour Autolib' / Bluely, il fallait passer en second !", sur Twitter, Gilles Vesco, ancien vice-président du Grand Lyon en charge des déplacements et de la mobilité, peut se réjouir de ces deux dossiers qu'il avait initiés. Quand Paris doit faire face à des difficultés avec le nouveau service Vélib', récupéré par Smovengo, Lyon repart avec JCDecaux et redevient une vitrine (lire notre papier : La diplomatie du vélo). Un nouveau dossier brûlant est ouvert sur le bureau d'Anne Hidalgo : celui d'Autolib'. Selon les révélations du Monde, le groupe Bolloré réclamerait au moins 40 millions d'euros par an, jusqu'à la fin de la délégation de service public en 2023, pour combler les pertes du service d'autopartage en Île-de-France. Une baisse des locations et des mauvaises rotations des véhicules creusent aujourd'hui le déficit. L'entreprise et les élus n'arriveraient pas à trouver un accord, notamment sur la fermeture de 200 stations jugées "non rentables", selon Le Monde. Ainsi, la somme demandée par le groupe Bolloré pourrait avoisiner les 293 millions d'euros à la fin du contrat négocié par l'ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Un contrat d'initiative privée

En 2013, avec Bluely, Lyon a bénéficié à son tour des voitures électriques de l'industriel breton, ainsi que de quelques ajustements. Les échelles des territoires ne sont pas comparables, mais Lyon semble mieux disposé pour ce type de service. Ainsi, les stations sont moins nombreuses, une centaine, contre plus de 1 000 à Paris. Elles sont également concentrées sur l'hypercentre, facilitant les rotations. Par ailleurs, entre Gérard Collomb et Vincent Bolloré, les négociations n'ont pas été les mêmes. Paris avait opté pour une délégation de service public, quand Lyon a refusé de dépenser le moindre centime, faisant même payer le groupe Bolloré pour l'occupation de l'espace public par ses stations. L'entreprise est également labellisée et doit respecter des règles en matière d'autopartage. Contactée par Lyon Capitale, la Métropole précise "A Lyon, le service Bluely est d’initiative privée, à la charge exclusive du groupe Bolloré. L’investissement et les risques commerciaux sont à la charge de l'entreprise, ainsi que la grille tarifaire". Néanmoins, le groupe Bolloré peut quitter la ville quand il le désire, mais doit restituer la voirie comme il l'a trouvée et démonter ses stations. Pour l'instant, lorsque l'usage du service à Paris baisse, celui à Lyon est toujours en progression.

à lire également
Depuis le mois d’avril, les cyclistes ne cohabitent plus avec les piétons quai Sarrail. Sur cet axe reliant le parc de la Tête d'Or aux universités, une voie réservée aux vélos a été aménagée. 
1 commentaire
  1. Lyon4Ever - 4 juin 2018

    Pour être vraiment clair : le service lyonnais fonctionne grâce à l'ardoise parisienne. Du coup si les parisiens ne payent pas, ce serait étonnant que Bluely soit maintenu. Car qui paiera tout ce qui est mis en place pour Paris et qui profite à Lyon : le centre d'appel, les serveurs informatiques, la mise à jour de l'appli, etc. ?

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut