Lyon : les explosions gâchent les nuits des habitants de l'agglomération

Depuis la fin du confinement, des bruits de détonations rythment régulièrement les nuits des habitants de l'agglomération. Rares sont les secteurs à être épargnés.

Si les rodéos urbains ont été régulièrement médiatisés ces dernières semaines, notamment ceux qui se produisent dans la Presqu'île de Lyon, un autre phénomène dégrade actuellement la tranquillité des habitants de l'agglomération.

Depuis la fin du confinement, de nombreux bruits d'explosions retentissent à partir de la fin de journée. Il s'agit de gros pétards, tirs de mortiers et feux d'artifice qui gâchent les nuits dans plusieurs quartiers et villes. De nombreux témoignages recensent ces explosions dans l'intégralité de l'agglomération de Lyon, qu'il s'agisse de la couronne, ou le centre avec des détonations relevées à Confluence et Villeurbanne.

Le nouveau jeu de l'été ?

"Il s'agit de petits groupes de jeunes individus, voire parfois une seule personne, qui s'amusent avec des pétards et feux d'artifice", confie un gendarme à Lyon Capitale, "sur certains secteurs périurbains, les gens pensaient au début avoir affaire à des dispositifs agricoles pour éloigner les oiseaux des vergers avant de voir des feux d'artifice illuminer le ciel".

Des communes ont fait le choix de publier des arrêtés interdisant la vente d'engins pyrotechniques, à l'image de Vénissieux. La maire Michèle Picard vient d'adresser un courrier au Premier ministre lui demandant "d’interdire la vente de ces articles aux personnes qui n’ont aucune compétence professionnelle (ni certificat de qualification ni agrément préfectoral) dans le domaine de la pyrotechnie", espérant une mesure qui permettrait de limiter la possibilité d'achat en ligne.

En effet, il suffit de quelques clics pour trouver un mortier d'artifice avec une dizaine de munitions pour moins d'une soixantaine d'euros, le tout livré à la maison. En filigrane, ce "nouveau jeu de l'été" se double d'un vrai risque de blessures graves aux membres supérieurs de ceux qui les manipulent. De même, une utilisation qui entraînerait des dégâts est passible d'une peine jusqu'à 10 ans de prison et 150.000 euros d’amende.

Enfin, si certaines jeunes se contentent de s'improviser artificier, nuisant à la tranquillité des riverains, ces types de produits ont également servi ces dernières semaines lors d'une bataille rangée entre dealers et souteneurs de prostitués (lire ici). Face à un phénomène qui ne retombe pas, la question des autorisations de vente ne devrait pas manquer de s'inviter dans les débats de l'été.

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