Banderole du collectif “Presqu’île en colère” sur des balcons – Lyon, octobre 2019 © Antoine Merlet
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Lyon : ces collectifs “en colère” qui défendent leur rue ou leur quartier

Sur la Presqu’île, à la Guillotière, à Gerland…, de simples citoyens n’hésitent plus à aller en justice pour protéger leur quartier, voire leur rue, des nuisances (insécurité, pollution, bruit). Du quai Fulchiron à la route de Vienne, tour des collectifs lyonnais qui font parler d’eux.


PRESQU’ÎLE EN COLÈRECollectif monté sur Facebook le 6 mars 2019, par ces mots : “Chères voisines, chers voisins, bienvenue sur le site des habitants en colère de la Presqu’île. Marre des incivilités qui rythment vos nuits, en particulier le week-end ? ? ? Nous regroupons ici vos témoignages. Postez vos vidéos, vos photos… Ensemble nous serons plus forts pour faire bouger les choses !” Ils sont presque 3 000 aujourd’hui. Une pétition a été lancée et compte à ce jour plus de 1 200 signataires. Assistés par un avocat, ils ont entrepris une action collective pour intenter un recours contentieux contre les autorités municipales et étatiques. “J’ai envoyé ma demande préalable le lundi 23 septembre. La Ville de Lyon a deux mois pour traiter le problème sérieusement et ainsi faire droit à nos demandes pour la tranquillité et la sécurité du quartier”, explique Me Édouard Raffin. Vidéoprotection renforcée dans le périmètre nord de la Presqu’île, vidéoverbalisation à l’essai, arrêté d’interdiction de circuler les vendredis et samedis, déploiement de policiers supplémentaires, barrage de six points d’accès avec des agents pour contrôler. “Si le déploiement d’effectifs n’est pas prolongé au-delà du 18 octobre, j’adresserai aussi un recours administratif au préfet, avec copie au ministre de l’Intérieur.” Une jurisprudence existe. Fin 2018, le Conseil d’État a confirmé une décision de la cour d’appel de Paris, qui avait donné gain de cause à une association ayant assigné la ville de Paris en réparation de préjudice subi, du fait des carences du préfet de police et du maire de Paris dans leur mission de protection de la sécurité et de la tranquillité publiques dans plusieurs rues d’un même quartier.
GERLAND EN COLÈRE
Circulation nocturne à Gerland, octobre 2019 © Antoine Merlet
Gerland, octobre 2019 © Antoine Merlet
Troisième collectif “en colère” à s’être créé, après ceux de la Presqu’île et de la Guillotière. Dans une pétition lancée en ligne, Gerland en colère s’inquiète de voir le boulevard Yves-Farge faire office “de circuit de course pour voitures, quads, motos sportives, motocross, scooters…, de jour comme de nuit, en semaine comme en week-end ! Les véhicules roulent à vive allure, ignorant toute signalisation et feux tricolores, dépassant par tous les moyens les usagers. Les deux-roues et quads se donnent à cœur joie en réalisant des roues arrière”. 240 membres seulement, mais avec une forte progression ces dernières semaines. L’effet boule de neige semble jouer à plein. “N’attendons pas de victimes pour mettre fin à cette situation inadmissible ! Nous n’acceptons pas cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et de celles de nos enfants !” déclare le collectif, qui dit avoir contacté les autorités à plusieurs reprises, “mais le problème persiste”. Le jeu du chat et de la souris.
LA GUILLOTIÈRE EN COLÈRE
Membres du collectif La Guillotière en colère, à Lyon, en octobre 2019 © Antoine Merlet
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Dans la vidéo postée sur le compte Twitter du rappeur des Minguettes Oumse Dia (figurant dans la série Plus belle la vie), on voit deux individus (dont l’un avec un casque de moto porté sur sa casquette) se battre avec des gants de boxe. La scène se passe un soir, devant le McDonald’s de la place Gabriel-Péri. Plusieurs dizaines de personnes, dont deux enfants, les encerclent, façon Fight Club, les encourageant avec force cris, rires et applaudissements. “Vous trouvez ça normal qu’on organise des combats de boxe sauvages et illégaux en pleine rue ?” se désolent plusieurs membres du collectif La Guillotière en colère, monté mi-septembre sur les cendres des Riverains de la Guillotière, bataillant contre le “bordel” du square Saint-Michel. Une pétition, signée à ce jour par 1 200 personnes, fait état de trafics en tout genre, notamment à côté de deux écoles maternelles, de nuisances sonores quotidiennes et ce à toute heure du jour et de la nuit, et de bars clandestins, de consommation fréquente d’alcool sur la voie publique, d’insultes envers les passants sur la voie publique, de dégradations récurrentes du mobilier public, de nombreux cambriolages – “le lendemain, le mieux c’est d’aller place Gabriel-Péri, nous disent même les policiers, pour tenter de retrouver les objets volés”. Des problèmes d’hygiène importants avec une insalubrité récurrente. Le collectif dénonce une “communautarisation inquiétante du quartier”. Avant d’ajouter : “On est obligé de préciser qu’on est de gauche, car sinon on nous prend pour des réacs ou des fachos.”
FULCHIRON SANS BÉTON

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