Collège Victor-Grignard

Lyon 8e : sous-effectif et surpopulation au collège Victor Grignard

Les personnels du collège du 8e arrondissement ont annoncé un mouvement de grève afin de protester contre une dégradation de leurs conditions de travail. Ils dénoncent une augmentation excessive du nombre d’élèves et des créations de postes insuffisantes.

Les professeurs et personnels de vie scolaire du collège Victor-Grignard (Lyon 8e) ont annoncé ce lundi un mouvement de grève les 9 et 14 juin. Selon leur communiqué, ils entendent notamment mettre en lumière "des besoins en postes de vie scolaire" dans l'établissement, classé en réseau d'éducation prioritaire (REP).

Une hausse des problèmes disciplinaires

Ce manque de personnel de vie scolaire se traduit, selon eux, par des perturbations à la bonne marche de l'établissement : "Malgré l'augmentation continue du nombre d'élèves (150 en 5 ans), le nombre de personnels de vie scolaire stagne, ce qui ne permet pas de faire face à l'augmentation des problèmes de discipline."

Leur communiqué indique aussi que "plus de 600 exclusions temporaires de l'établissement ont été prononcées pour la seule année 2014-2015". Un professeur de l'établissement, contacté par téléphone, nous confirme ces incidents. "On voit des violences entre élèves, des refus de travail, des insultes aux professeurs", détaille-t-il. S'il ne s'agit que de "problèmes courants en REP", selon lui, "il n'y a pas assez de personnel pour les gérer". Conséquence, "les conditions de travail de la CPE [conseillère principale d'éducation] et des assistants d'éducation ne cessent de se dégrader", indique le communiqué. "Il y a des personnels qui craquent" et "plusieurs surveillants ont dit qu'ils partiraient s'ils trouvaient un poste ailleurs", ajoute le professeur, qui a souhaité garder l'anonymat ("on pourrait [lui] en vouloir").

Bientôt des salles de classe en préfabriqué

L'augmentation du nombre d'élèves ne pose pas que des problèmes de nature disciplinaire, selon l'enseignant. Avec deux nouvelles classes attendues à la rentrée prochaine et un nombre de professeurs stable, c'est aussi la qualité de l'enseignement qui risquerait d'en pâtir : "On aura 22 classes, mais le nombre d'heures pour 21. Cela signifie par exemple que l'on devra supprimer des cours en demi-groupe qui existent actuellement", explique-t-il.

Au-delà même du manque de personnel, la création de nouvelles classes se heurte aux limites matérielles de l'établissement. "On dépassera les 600 élèves l'année prochaine, alors que la capacité prévue du collège est de 550 élèves", pointe notre interlocuteur. Solution : l'installation de "préfabriqués" dans la cour de récréation, qui doivent accueillir des salles de classe. Une structure qui "n'assure pas de bonnes conditions de travail", selon les personnels du collège, qui s'inquiètent également de "la sécurité des élèves lors des temps de pause".

Autant de nouvelles difficultés qui s'annoncent pour les professeurs et personnels de vie scolaire, qui peuvent aujourd'hui se targuer de résultats remarquables pour un établissement classé REP : "Nous avons plus de 90 % de réussite au brevet, au-dessus de la moyenne régionale", souligne notre contact. Mais les fonctionnaires ne s'avouent pas vaincus : "Si nos demandes ne sont toujours pas entendues, nous montrerons notre détermination dès la rentrée 2016-2017 par la poursuite de nos actions : grèves, opération “collège mort” avec le soutien des parents d'élèves, etc."

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© Guillaume Long 2019
Il est partout : à l’école, dans les activités extra-scolaires, dans la fratrie… S’invitant quasiment dès le berceau, l’esprit de compétition s’intensifie et reste présent tout au long de la vie. Quoi d’étonnant dans une société qui valorise largement les premiers, les plus rapides, les plus forts ! Alors, faut-il donner à son enfant l’envie de se hisser au rang des meilleurs, au risque de favoriser chez lui un certain individualisme, ou le voir rester sur le banc de touche ?
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