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Lyon 8e : fin polémique de l'exposition du KKL sur Israël

Le KKL, autre dénomination du Fonds national juif, a mis un terme à son exposition "Histoire de réalisations en Israël", présentée à la mairie du 8e arrondissement de Lyon. Mercredi, l'Union juive française pour la paix avait fait irruption sur les lieux pour protester contre cette programmation.

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Prévue pour durer jusqu'au 14 décembre à l'Atrium de la mairie du 8e arrondissement, l'exposition "Histoire de réalisations en Israël" s'est terminée mercredi. Selon ses détracteurs, les organisateurs et la municipalité ont reculé face au tollé provoqué par cette programmation. "Proposée par le Keren Kayemeth Leisrael (KKL), autre nom donné au Fonds national Juif, elle avait pour objectif d'aborder le thème de "la préservation de l'eau en zone aride", explique la Ville de Lyon dans un communiqué. Cette exposition circule depuis deux ans en France, parfois sous le générique "112 ans de réalisations sionistes". A Lyon 8e, elle s'inscrit dans un cycle global "consacré à la préservation de l'environnement". La Ville regrette "des polémiques voire même des tentatives de récupération politique".

"Pas montrer qu'une facette de la réalité"

Le collectif 69 de soutien au peuple palestinien a été le premier à monter au créneau, interpellant les pouvoirs publics. "Le Racisme et l’Apartheid ne peuvent être exposés dans une mairie de notre ville", attaque l'association dans un communiqué où le Foyer national juif est présenté comme "une des institutions les plus actives dans la mise en place et le maintien du système d’apartheid de l’Etat d’Israël". Ses représentants ont obtenu une audience après du maire Christian Coulon (PS), jeudi.

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Ensuite, c'est la conseillère d'arrondissement, Pascale Bonniel Challier (EELV) qui s'en était émue auprès de l'édile. "Un hall de mairie est un lieu où l'on doit forcément faire acte de pédagogie car c'est le grand public qui y passe, soutient-elle. On ne doit pas montrer qu'une facette de la réalité". Enfin, ce sont quelques militants de l'Union juive française pour la paix, d'obédience d'extrême gauche, qui ont fait irruption dans le lieu d'exposition mercredi. Selon les organisateurs, "les livres d'or ont été inondés de propos injurieux", mais aucun acte de violence n'a été perpétré. Ce mouvement a toujours stigmatisé "le racisme" du Fonds national juif qui opèrerait, selon eux, "un nettoyage ethnique" au Proche-Orient, les arbres servant à remplacer les oliviers cultivés par des bédouins ou des palestiniens.

"Ce n'est pas non plus l'armée d'Israël"

Plus que les photos ou les textes, c'est bien le KKL qui est décrié. Spécialisé dans le reboisement de terres arides, la construction de routes et de réseaux d'assainissement, ce mouvement n'est cependant pas une association environnementale comme une autre. Elle a été épinglée par Amnesty International en 2011 pour avoir contribué à la destruction du village bédouin al-Araqib (photo ci-dessus), composé de 250 personnes qui habitaient cette terre située à l'intérieur du territoire d'Israël depuis la période ottomane, plantant à la place une forêt. Le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien déplore aussi "la dépossession des terres et de l’eau se produit à grande échelle" dans la vallée du Jourdain. "C'est un mouvement historique lié au sionisme depuis le départ. Ce n'est pas non plus l'armée d'Israël", relativise Patrick Kahn, porte-parole de la Licra qui comprend le débat sur le rôle de KKL. "Mais qu'une exposition puisse être empêchée ou suspendue, ce n'est pas possible".

Les organisateurs se défendent cependant d'avoir cédé à la pression. Eux ne font pas le lien entre ces prises de position et la décision de mettre un terme à l'exposition. "C'est une coïncidence malheureuse, explique Michel Hacker, président régional du KKL. La consigne nationale était de prévoir une présence permanente d'un bénévole. Or nous avons eu des problèmes pour en trouver. Cette annonce peut être interprétée comme une victoire de nos opposants, or il ne faut jamais céder à des intimidations", dit-il. Il compte donc refaire l'exposition dans un autre lieu, à Lyon, "et en plus grand". La Licra va officiellement en faire la demande à la Ville de Lyon.

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