David Kimelfeld Autre Direct
David Kimelfeld © Tim Douet

Lyon 4e : coup de gueule d’une institutrice face à David Kimelfeld

Mardi 19 juin, David Kimelfeld, maire du 4e arrondissement et président de la Métropole de Lyon, accompagné des élus de son arrondissement, a rencontré pour la 3e fois les habitants de la Croix-Rousse pour faire un bilan de mi-mandat à l’école Commandant-Arnaud. 

À 19h, dans le 4e arrondissement, la Place du Commandant-Arnaud est un peu plus remplie que de coutume. Le maire et président de la Métropole de Lyon organise sa 3e réunion publique de mi-mandat avec ses adjoints et les habitants afin de « faire le point et voir ce qu’il reste à faire. Toute question sur la vie quotidienne et sur les projets est acceptée. Un mandat qui se termine c’est un mandat qui va démarrer. Il ne faut pas attendre les campagnes électorales, mais se projeter dans 4 ou 5 ans à travers ces discussions. (…) Les questions peuvent aussi bien porter sur la ville que sur la métropole ». Un slogan « Le sens de notre action » est affiché deux fois sur un mur de la salle d’accueil, près d’une soixantaine de personnes assiste à cette réunion. Pendant une heure trente, les questions fusent sur le service public : la possible mutualisation des services de Keolis, Sytral et La Poste et la priorité à l’éducation au tri sont mis en avant par le maire et ses adjoints. Quelques remarques d’habitants sur le manque de propreté des rues, des tags sur les murs ou des places de parking se font entendre et les adjoints répondent avec plus ou moins d’aisance sur ces problèmes de quartier traités par la Mairie.

Lorsqu’une trentenaire pointe du doigt une possible domination de la bétonisation sur les espaces verts, Jean Truc, 2e adjoint au maire chargé du PLU-H (Plan Local de l’Urbanisme et de l’Habitat), désigne la gentrification comme une menace réelle pour l’équilibre social et générationnel de la Croix -Rousse tout en soulignant l’importance de protéger les espaces et le patrimoine de l’arrondissement. Ce à quoi répond une femme « Vous essayez de noyer le poisson ! ». Des éclats de rire se font entendre. M. Kimelfeld vient à la rescousse de son adjoint en indiquant que « pour le logement, le chiffre n’est pas en explosion. Certes, on a une augmentation régulière du prix d’accession à la propriété, mais le logement social est intergénérationnel. Il faut rappeler que des seniors habitant à la Croix-Rousse depuis des années souhaitent changer de logement et c’est pour cela que nous leur proposons des habitations rue de Cuire ».

“Les salles sont trop petites et cela dégoûte les enfants”

Un rendez-vous classique dont le train-train a été quelque peu bousculé par l’intervention d’une institutrice indignée par la situation des écoles à Lyon. Clea Espallergues, institutrice à l’école Frédéric-Mistral de Vaulx-en-Velin et résidente à la Croix-Rousse s’est dite exaspérée par « ce problème métropolitain ».« Les écoles sont actuellement saturées, les enfants subissent un rythme trop soutenu. Les trois collèges de la Croix-Rousse, La Tourette, La Salle et Saint-Exupéry, sont saturés. Et à Vaulx-en-Velin, là où j’enseigne, c’est la même chose », s’emporte-t-elle. Sylvie Palomino, 4e adjointe et conseillère municipale chargée de l’Education, la Famille et la Place de l’enfant dans la ville, essaie de la rassurer en soulignant que « les effectifs ne sont pas en train d’exploser à la Croix-Rousse :  il y a en moyenne 29 élèves par classe de CE2 et 24 élèves par classe de CM2.  Ce n’est pas la Ville de Lyon qui est décidée des effectifs au passage, mais l’Éducation nationale ! » L’institutrice ne décolère pas : « Mais regardez l'école Joseph Cornier ou encore Lafontaine ! Les salles sont trop petites et cela dégoûte les enfants d’être aussi serrés entre eux ». Quelques habitants lui coupent la parole : « Vous les profs toujours à vous plaindre ! 30 élèves par classe c’est bon, faut pas exagérer ! »  Mais d’autres approuvent les propos de la professeure des écoles, une mère lâchant même un bravo enthousiaste. « Tout ça joue en la faveur des écoles privées… », ajoute une retraitée.

M. Kimelfeld essaie de calmer la situation en parlant de certains projets tels que le regroupement de l’école primaire La Fontaine avec l’école maternelle voisine ou celui de faire de la restauration scolaire de qualité une priorité et un service accessible pour tous les enfants.  « Je sais que j’ai été un peu emballée, mais j’aime mon métier et je vois qu’à la Croix-Rousse la priorité n’est pas donnée à l’éducation. Au Canada, vous avez des mètres carrés minimum pour un nombre donné d’enfants à respecter. Ce n’est pas normal que l’on construise autant de logements. Après des familles vont s’installer avec deux ou trois enfants et il n’y aura plus de places », souffle Clea Espallergues à la fin de cette rencontre. Après avoir discuté seule à seule avec Mme Palomino, cette dernière promet de faire remonter ses revendications auprès de la députée de la 4e circonscription du Rhône Anne Brugnera et de l’inspectrice de l’Éducation nationale.

 

1 commentaire
  1. Marc Antoine - 22 juin 2018

    La densification de la ville était déjà le choix de la municipalité précédente de gauche. Elle permet de boucher les trous de construction, d'uniformiser certaines hauteurs, de loger bien sur d'autres résidents et aussi d'encaisser de nouvelles taxes (habitations, foncières…)

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