Lyon 1er : parents et enseignants vent debout à la Croix-Rousse

À la Croix-Rousse la gronde monte au sein des parents d'élèves et du corps enseignant des écoles primaires et maternelles contre l'inspecteur d'académie. Ils lui reprochent de ne pas avoir "tenu ses promesses".

Rien ne va plus dans les écoles de la Croix-Rousse. Après l'annonce en mai de la fermeture définitive de l'école Levi-Strauss, les écoles de pentes font l'objet d'un mouvement de contestation des parents d'élèves et enseignants. “L'inspecteur d'académie a décidé de supprimer des postes de 'plus de maîtres que des classes'*, de fermer des classes dans le 1er arrondissement et que les enfants de moins de 3 ans ne seront plus accueillis dans les écoles”, explique Benjamin Grandener, enseignant et délégué du SNUIPP-FSUS.

Des suppressions qui font suite au changement de statut du premier arrondissement qui n'est plus un réseau d'éducation prioritaires (REP) depuis trois ans. “Un changement compréhensible concède M.Grandener. Pour autant ils appliquent de façon brutale les règles de fermetures de classes alors que sur cette circonscription on a les pires conditions d'ouverture et de fermeture de France. Ici on ouvre une classe pour 33 élèves”, indique-t-il.

“L'inspecteur avait promis que deux classes seulement seraient fermées l'année prochaine. Au final, il y en a quatre sans compter l'école Levi-Strauss”

Contactée, l'inspection d'académie a confirmé que “quatre classes vont être fermées à la rentrée 2016 dans les écoles du 1er arrondissement”. Il s'agira des écoles Michel Servet, Robert Doisneau, Victor Hugo et Aveyron Application. “Des fermetures qui se justifient par une baisse d'effectifs constatée dans cet arrondissement de Lyon”, poursuit l'inspection.

L'inspecteur avait promis que deux classes seulement seraient fermées l'année prochaine. Au final, il y en a quatre sans compter l'école Levi-Strauss”, tempête un professeur d'école qui a préféré garder l'anonymat. C'est ce non-respect de la parole donnée qui conduit aujourd'hui parents et enseignants à manifester.

"Tous les enfants qui sont suivis grâce aux maîtres en plus sont tous des enfants pauvres des pentes. Ils ont le même profil que les enfants de Vaulx-en-Velin et de Vénissieux”

Un des deux postes de “plus de maîtres que de classe”, qui permet un suivi des enfants en difficultés va aussi être supprimé. Une décision incomprise : “Il y a aujourd'hui deux postes 'plus de maîtres que de classe' pour 1300 élèves dans les pentes. L'inspection d'académie a une cinquantaine d'ouvertures de poste sous le coude, mais ils vont tout de même supprimer ce poste. Bien sûr le niveau de vie dans les pentes ne nécessite plus le classement en Rep. Pour autant, il existe toujours de la pauvreté. Tous les enfants qui sont suivis grâce aux maîtres supplémentaires sont tous des enfants issus de familles les plus pauvres des pentes. Ils ont le même profil que les enfants de Vaulx-en-Velin et de Vénissieux”, analyse le professeur.

Concernant les élèves de moins de trois ans, l'inspection d'académie indique que “les enfants de moins de 3 ans issus de familles socialement défavorisées peuvent être accueillis dans la limite des places disponibles. Simplement l'effectif des moins de 3 ans n'est pas pris en compte dans les prévisions.”

Une mobilisation qui continue

Une “blague” pour un enseignant des pentes : “Sur le papier, il est possible de les inscrire, mais dans les faits les directeurs d'écoles ne les inscriront pas parce qu'ils ne pourront pas faire de classes de plus de 30 enfants.

Faute de réponses “satisfaisantes”, la mobilisation va continuer. Les parents et enseignants des écoles des Pentes de la Croix-Rousse vont organiser une conférence de presse ce jeudi 30 juin à 16h45 devant l'école élémentaire Robert-Doisneau “pour répondre au mépris de l'inspecteur d'académie, Philippe Couturaud, qui ne tient pas ses engagements”.

*Le dispositif "plus de maîtres que de classes" a été instauré par la circulaire du 18 décembre 2012. La loi pour la refondation de l’École de la République du 8 juillet 2013 disposait qu’une partie des 7 000 emplois qu’elle prévoyait de créer lui serait consacrée. Le dispositif donne la possibilité d’affecter, sur la base d’un projet pédagogique, un enseignant supplémentaire dans une école ou un groupe scolaire. Il permet ainsi de mettre en place de nouvelles modalités d’organisation pédagogique pour aider les élèves les plus en difficulté à progresser.

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