Squatt Rom 02© tim douet
@ Tim Douet

Les squatteurs de la rue Montesquieu fixés vendredi

Les huit familles qui occupent illégalement depuis le 7 juillet l'immeuble appartenant au Grand-Lyon rue Montesquieu à Lyon 7e (voir photo) étaient jugées, ce mardi, par le tribunal de Grande Instance de Lyon. Le jugement a été mis en délibéré au 29 juillet.

Ils ont tout essayé pour faire repousser l'audience de jugement des huit familles de Roms squattant l'immeuble du Grand Lyon à Lyon 7e. Mais les membres de l'association "Demeurant partout" qui avaient réquisitionné le bâtiment inoccupé il y a quinze jours, n'ont pas été entendus.

L'avocate des familles désignée vendredi dernier, cinq jours ouvrables après l'envoi de l'assignation à comparaître, maître Sophie Hassid, a pourtant expliqué au juge qu'elle n'avait eu que deux jours pour préparer la défense des familles. "Ce n'est pas mon problème si les avocats ne travaillent pas le 15 juillet" lui a rétorqué le président du tribunal, quelque peu abrupt ce mardi, en fin de matinée.

Ses clients ne parlant pas le français, l'avocate des Roms espérait au moins que le procès serait renvoyé à une date ultérieure, ce qui lui aurait laissé le temps de les entendre individuellement sur leur parcours. "Ce sont des êtres humains, ils ont le droit à une défense digne de ce nom". Elle a même tenté de faire valoir l'attente de la décision concernant l'aide juridictionnelle concernant ces familles mais le président, encouragé par l'avocat du Grand Lyon, Me Samuel Becquet, n'a rien voulu entendre.

L'Alpil comme interprète

L'avocate des familles Roms s'est donc dessaisit du dossier au dernier moment : "l'avocat n'est pas une potiche, a t elle expliqué. Si je ne peux pas défendre les familles dans de bonnes conditions alors je préfère me retirer".

Une membre de l'Alpil, association historique de défense du droit au logement à Lyon, a accepté de servir d'intermédiaire entre les familles et le président du tribunal ; le procès a tout de même eu lieu.

« Il y a eu des dégradations »

L'avocat du Grand Lyon, le requérant, a commencé en faisant valoir que 18 logements sociaux devaient être construits dans l'immeuble squatté. "Les travaux doivent commencer avant la fin de l'année". Il a demandé au tribunal de prononcer l'expulsion "à effet immédiat", c'est à dire sans attendre le délai de deux mois accordé habituellement aux squatteurs avant que le préfet ne fasse appel aux forces de l'ordre. "Il y a eu des dégradations, a expliqué Me Becquet, les portes en fer utilisés par le Grand Lyon pour boucher l'accès à l'immeuble ont été détériorées".

"Elles sont en très bon état et les occupants s'engagent à vous les remettre dans les meilleurs délais", lui a répondu la médiatrice de l'Alpil qui a décrit la situation au tribunal.

Un bébé prématuré dans l'immeuble

Selon elle, 40 personnes logent depuis trois semaines au 63 rue Montesquieu : 19 adultes et 21 enfants, dont un bébé d'une quinzaine de jours, né prématurément et qui a besoin de soins. Il est suivi par Médecins du monde.

"Je veux bien que nous ayons des familles en détresse, a rebondi l'avocat du Grand Lyon, mais si elles sont là, c'est qu'elles ne sont pas venues toutes seules ! On est dans une opération de réquisition qu'on nous présente par le truchement de personnes qu'on a fait entrer dans les lieux. Ces familles ne l'ont pas demandé !", a affirmé l'avocat du Grand Lyon, demandant au tribunal de faire un exemple pour ne pas encourager d'autres opérations de ce genre, d'autant plus que l'affaire était médiatisée ce mardi.

L'Alpil a précisé qu'aucune dégradation n'avait été constatée sur les lieux ; que la plupart des squatteurs, par ailleurs extrêmement silencieux durant le procès, étaient connus pour une partie d'entre eux "depuis les années 2001, 2002 à Lyon". "Aucun logement ne leur a été proposé pourtant ils ont fait des démarches auprès du pôle famille, du 115, de la maison de la veille sociale ; certains sont même jugés prioritaires par la commission DALO. Sans solution, ils ont eu recours finalement au squat pour se protéger de la pluie en ce mois de juillet".

L'avocat du Grand Lyon a conclu en estimant que la communauté urbaine n'avait pas à servir de "logement relai" pour des familles dont la mise à l'abri relève de l'Etat. "C'est aux pouvoirs publics de trouver une solution et non aux autorités judiciaires. On ne peut pas transférer les difficultés de l'Etat à appliquer la loi DALO au Grand-Lyon".

Le jugement a été mis en délibéré au 29 juillet.

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