Les leçons de Brignoles

La digue a lâché : le Front national l’a emporté nettement contre le front républicain, le Parti socialiste ayant appelé à voter pour l’UMP.

Que signifie ce succès ? S’agit-il d’un vote d’adhésion aux idées du Front national ? Non, puisqu’une majorité de Français considère que ce parti relève de l’extrême droite et ne peut ni ne doit parvenir au pouvoir.

Le Front national inquiète toujours ; ses idées, qu’il s’agisse de l’euro, de l’Europe, de l’immigration ou du rétablissement des frontières, paraissent un peu courtes, voire simplistes.

Le succès incontestable du Front national, c’est sans aucun doute l’échec de la gauche et de la droite.

La lassitude est extrême désormais à l’égard d’un personnel politique – droite et gauche confondues – médiocre, clientéliste et aussi (pas tous évidemment) corrompu. Les Français ne sont pas idiots, ils voient bien que le train de vie de nombre de leaders politiques est incompatible avec leurs origines modestes et leurs revenus officiels ; les “affaires” répétitives affectent à droite comme à gauche des hommes et des femmes n’ayant à la bouche que leur dévotion envers la nation, le peuple, l’intérêt public.

La longueur des carrières, le louvoiement permanent dicté par des soucis exclusivement électoralistes, le manque de courage et de détermination éloignent peu à peu les électeurs des partis traditionnels, en les renvoyant vers les extrêmes. Avant peut-être de les pousser dans la rue, n’oublions pas en effet que nous sommes une nation de tradition révolutionnaire.

Ils sont usés jusqu’à la corde, aucun ne semble capable de dire clairement, nettement les choses comme elles sont, de fixer un cap ; nous pourrions comprendre pourtant qu’il y a des efforts importants à accomplir si nous savions où nous allons, s’il y avait une finalité à tout cela. Mais nous ne voyons que de petites réformes hésitantes et insuffisantes, des allers-retours incessants, des contradictions inexpliquées.

Manque de souffle

De Sarkozy à Hollande, de Fillon à Valls (des dizaines d’autres pourraient être cités), ce n’est qu’une course aux honneurs, aux places, une lutte pour le pouvoir. Mais le pouvoir pour quoi faire ? Là, le silence est abyssal ou la parole hypocrite, en tout cas les résultats ne sont jamais au rendez-vous.

Tout cela manque de souffle, tout cela tourne en rond, comme si depuis de Gaulle il n’y avait plus rien ou le trop-plein, ce qui revient au même. Le combat n’est plus qu’un combat d’individus, d’ambitions, d’egos surdimensionnés.

Les primaires en sont l’exemple topique : cela se passe au sein du même parti, entre des hommes et des femmes qui sont censés partager les mêmes idées, les mêmes idéaux, le même programme, cela ne les empêche pas de se battre les uns contre les autres avec âpreté. C’est normal au demeurant car c’est humain, la politique est un des champs de l’ambition.

C’est donc une question d’institutions, il faut renouveler, mais renouveler en permanence, nos leaders politiques, casser ces carrières qui n’en finissent pas et qui, à force, sclérosent ceux qui les mènent. De Gaulle – toujours lui –, quand il a incarné la France, n’était sous-secrétaire d’État que depuis dix jours…

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