"Les Français ont une mauvaise lecture du fonctionnement de la famille olympique"

Il a particulièrement étudié les olympiades organisées en France.

Lyon Capitale : Pourquoi lancer des candidatures aux Jeux d'hiver alors que Paris a de fortes chances de se représenter pour organiser les Jeux d'été en 2024 ?
Thierry Terret : La décision parisienne n'est pas arrêtée. Donc s'il y a des velléités pour les Jeux d'hiver, il faut les tenter d'autant plus que déposer une candidature n'est jamais perdu. Les retombées médiatiques sont importantes, simplement parce qu'on a candidaté. Notamment pour les villes qui n'ont pas une grande visibilité internationale. Une ville comme Annecy a tout à gagner à ce que les gens du monde entier puissent la positionner sur une carte.

Quels sont les montants des investissements à réaliser ?
Les chiffres sont variables. Les ratios vont de 1 à 20. Cela dépend des installations qui préexistent à la candidature. Pour Annecy, si les infrastructures routières sont cohérentes avec le projet et s'ils réutilisent la piste de bobsleigh de la Plagne (qui a servi pour Albertville en 1992, ndlr), le coût peut s'avérer raisonnable.

Quelles conditions faut-il réunir pour pour qu'une ville remporte l'organisation des JO ?
Au niveau du CIO : tous les dossiers passent la barre techniquement et économiquement. Donc ce qui se joue, c'est de la politique mais pas dans le sens politicien du terme. Le CIO a en effet développé depuis très longtemps un ensemble de valeurs. Or les dernières candidatures françaises ont échoué à mettre en relation les dossiers avec ce que porte le CIO, comme la transmission de valeurs humanistes par le sport. En France, le concept "d'éducation olympique" n'existe pas alors qu'avant Pékin, les Chinois ont développé pendant huit ans une politique d'éducation olympique. Une autre dimension est à prendre en compte : les membres du CIO tiennent à ce que ce soit le sportif et non le politique qui décide au final. Or la récente candidature de Paris a été davantage portée par des hommes politiques. Il faut toujours se rappeler que ceux qui votent ne sont pas des hommes politiques mais des dirigeants sportifs. Côté français, il y a une mauvaise lecture du fonctionnement réel de la famille olympique.

Quelles sont les retombées économiques qu'un territoire peut attendre des JO ?
A court terme il y a des effets notables économiquement. Mais après cinq ans, les secteurs qui ont profité des Jeux reviennent à la normale, à l'exception de quelques sites. Pour Albertville, concernant les flux de touristes, on s'aperçoit que l'impact des jeux a été relativement limité dans le temps. La crise du ski, apparue un peu après, n'a pas été contrecarrée par les Jeux.
Propos recueillis par L.B.

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