Les Don Quichotte n'ont pas (pour l'instant) à replanter leurs tentes

Les Enfants de Don Quichotte ainsi que plusieurs organisations syndicales (FSU, Solidaires, CFDT, CGT et UNSA) demandaient que la soixantaine de personnes qui restent tous les soirs à la rue, malgré leurs appels au 115, puissent avoir accès à un hébergement. La préfecture n'a visiblement pas envie de revoir pousser des tentes place Bellecour comme pendant l'hiver 2006/2007.
A la veille du réveillon de la Saint-Sylvestre, soixante places d'urgence ont donc été rajoutées au volet hivernal du dispositif d'accueil, essentiellement sous la forme de nuitées d'hôtel.
Ce mercredi, les Don Quichotte et les cinq organisations syndicales tenaient une conférence de presse pour exprimer leur "satisfaction" : "Le préfet délégué à l'égalité des chances nous a assuré que tout le monde restera à l'abri pendant la période de grand froid", déclarait Marine Fourié pour les Don Quichotte.
Ils sont satisfaits sur ce point mais pas sur le reste : "le préfet nous a dit qu'il n'était pas en mesure de faire appliquer la l'article 4 de la loi DALO !" Cet article prévoit que toute personne qui entre dans une structure d'hébergement ne peut être remis à la rue. Dans les faits, faute de places, les prise en charge dans les centres d'hébergements ne durent que trois jours.
les organisations signataires tiennent aussi à relativiser l'autosatisfaction dont fait preuve la préfecture : "Même si statistiquement, le 115 dit qu'il n'y a plus personne "sans solution", il en reste. Puisque toutes les places d'urgence sont prises, le 115 demande de rappeler le soir à 21h30. Mais quotidiennement une dizaine de SDF ne rappellent pas, découragés".

La politique du logement dans le collimateur
"Notre démarche n'est pas événementielle, précise Gilbert Debard de l'UNSA. Nous n'allons pas nous arrêter à la période hivernale".
"Nous savons qu'avec la crise, les familles vont avoir encore plus de difficultés de logement', ajoute Pierre Coquan pour la CGT.
"Il y a tout de même un paradoxe, conclut Daniel Jacquin des Don Quichotte. D'un côté la préfecture met plus de moyens pour que les SDF "visibles" disparaissent de la place publique et de l'autre le gouvernement baisse de 7 % le budget du logement, en coupant notamment certains crédits liés à la réinsertion des SDF en structure d'accueil".
A l'heure actuelle, aucune forme d'action n'est arrêtée pour tenter de remettre en question cette politique du logement. Rien n'exclut le retour des tentes.

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