Le portage salarial, une alternative au CDI pour les travailleurs ?

Le portage salarial est encore méconnu dans les entreprises et chez les travailleurs. Beboss, société de portage du groupe intérim LIP, souhaite conquérir un secteur où tout reste à construire.

Ouvert en 2020 par le groupe d’intérim lyonnais LIP et son fondateur Fabrice Faure, la filière Beboss à Lyon propose du portage salarial, une alternative au CDI en entreprise, encore méconnue du grand public.

« Le portage salarial cible majoritairement deux types de profil, le freelance, peu importe son corps de métier, qui n’a pas de structure pour facturer à l’entreprise. Ainsi que les salariés en CDI ayant pour objectif de monter leur propre structure. Le portage intervient ici comme phase de transition pour permettre de comprendre le fonctionnement d’un indépendant tout en se focalisant à 100 % sur son métier. On s’occupe de toute la partie administrative du salarié porté  », explique Valentin Durillon consultant commercial pour Beboss.
Avant d’ajouter quelques détails de la procédure, « dans un premier temps, la personne va négocier son contrat avec le client qu’il aura trouvé au préalable sur des plateformes spécialisées. Il va par la suite venir signer son contrat de travail dans la société de portage en CDD ou en CDI. De l'autre côté, Beboss va signer un contrat de prestation avec l’entreprise, c’est ce qui va nous permettre de facturer la mission, de payer les charges patronales et salariales du salarié porté et de lui remettre son chiffre d’affaires sous forme de salaire. »

Le point fort sur lequel Beboss aime mettre l’accent : la possibilité qu'offre ce statut, « vous avez la liberté d’être indépendant dans le choix de vos missions, tout en bénéficiant du statut de salarié. Lorsque par exemple la mission se termine, on donne des documents à remettre à pôle emploi afin que la personne puisse avoir le droit au chômage. En période d’inter contrat le salarié porté va percevoir les droits au chômage et ne pas avoir peur de se retrouver sans revenu ».

Le portage salarial encore peu connu

Najim, 28 ans, est ingénieur informatique pour une entreprise lyonnaise et salarié porté chez Beboss. « J’ai commencé il y a trois ans.  Je n’avais jamais entendu parler du portage salarial pendant mes années d’études. C’est mon frère, plus vieux de quatre ans et quelques collègues qui me l’ont fait découvrir.  » Il décide alors de sauter le pas, de faire du freelance et du portage salarial. « Généralement les personnes se lancent en freelance beaucoup plus tard que moi parce que ça fait peur. Mais c’est là que le portage est intéressant, on se concentre beaucoup plus sur nos missions et non pas sur l’aspect administratif. Ça ne coûte rien à l’entreprise et je ne me prends pas la tête avec les papiers ».

Après avoir construit sa mini-entreprise pendant deux ans, Najim est revenu au portage salarial, « je n’avais pas envie de créer une autre société tout de suite. Le portage est parfait pour l’état transitoire. Etre freelance peut faire peur mais c’est moins compliqué que de créer son entreprise ». Il développe, « même si vous avez toujours le risque que la société ne veuille plus de vous le lendemain, vous avez d’autres avantages. Un meilleur salaire ou encore le choix des missions. Je ne suis rattaché à personne donc si je veux passer un entretien ailleurs je le fais et je dis à ma société de portage que je pars. Je suis libre. »

A la fin de chaque mois, le salarié porté va envoyer le compte rendu d’activité réalisé et Beboss pourra facturer sa prestation. En échange de ce service, « ce sont 5 à 7 % de du chiffre d’affaires » qui seront versés à la structure de portage.

Du côté des entreprises, ceux qui font appel aux structures de portage salarial souhaitent généralement des personnes avec de l’expérience et un gros CV. « Ceux qui se lancent ne le font pas sans réseau pour trouver leurs missions. Qui dit réseau dit bagage, et dit expérience, donc ce n’est pas forcément adressé à des jeunes diplômés. Mais l’avantage aussi c’est que les salaires sont en moyenne à 400-500 euros/jour. Certains sont à la retraite et utilisent le portage pour se faire un plus à la fin du mois en bossant 2 ou 3 jours par semaine », renchérit Valentin Durillon. Beboss propose tout de même des missions sur leur site.

Des webinaires vont être organisés dans les prochains mois par Beboss pour faire connaître le portage salarial aux entreprises et aux différents acteurs qui souhaitent se lancer en indépendant. Ce qui permettra de gagner la confiance des entreprises et dans un second temps donner la chance à des freelances plus jeunes.

1 commentaire
  1. JANUS - lun 18 Jan 21 à 9 h 54

    Créer votre emploi qu'ils disaient ! Beaucoup sont en dépôt de bilan, en liquidation personnelle....ou pire. C'est pas la "générosité "des banques, des assurances et de fonctionnaires de l'état qui les sortira du trou !

Les commentaires sont fermés

Faire défiler vers le haut