Le Palmarès 2008 de l'esprit d'entreprendre en Rhône-Alpes

Il sagit, selon le magazine, de "mettre en lumière des personnalités dont l'exemplarité de la trajectoire et des convictions témoigne qu'entreprendre constitue un levier de construction personnelle, un ressort de mobilisation collective, un creuset de sens et d'accomplissement, pour eux-mêmes et pour les autres.' Avec l'amicale autorisation d'Acteurs de l'Economie, lyoncapitale.fr publie l'intégralité de ce palmarès.

Le Palmarès 2008 'de l'esprit d'entreprendre'
(les portraits sont ceux rédigés par Acteurs de l'Economie)
Grand Prix : Nicolas Bourgerie
Il se définit comme un " entrepreneur heureux ". A 26 ans, tout est entrepreneuriat dans la vie de Nicolas Bourgerie. Dès sa classe préparatoire, il choisit EM Lyon parce qu'il y a repéré l'existence d'un incubateur. En parallèle de ses études, il dispense des cours de soutien scolaire auprès d'une trentaine d'élèves. Il leur enseigne des méthodes qu'il applique à lui-même. Et ça marche. C'est ainsi que naît Methodia en 2003. La société lyonnaise produit aujourd'hui 3,3 millions d'euros de chiffre d'affaires en France et en Espagne, et étend son périmètre à la formation professionnelle et aux seniors. Une manière aussi, pour cette " belle gueule " d'origine modeste, élevée par ses grands-parents marocains, d'être " utile aux autres " et de donner un sens à une cause, l'apprentissage, à laquelle son histoire personnelle offre une résonance particulière.
Prix spécial du jury (ex-aequo) : Abdel Belmokadem
Il a grandi à Vaulx-en-Velin et se jugeait prédestiné à avoir " l'avenir d'un gosse des quartiers ". Mais les émeutes de 1990 en décident autrement. A l'occasion de ces événements, Abdel Belmokadem s'improvise médiateur. Avec succès. A tel point que cet ancien boxeur est sollicité pour monter le premier service de médiation en France, et faire partager son expérience. En 2000, il décide de conceptualiser ce savoir-faire né du terrain à travers des modules de formation. C'est ainsi que naît le cabinet Nes & Cité, qui a formé aujourd'hui plus de 10 000 personnes au management de la diversité mais aussi à la gestion de crise ou du stress en entreprise. Soucieux de " renvoyer l'ascenseur ", Abdel Belmokadem a également initié le concept " Job & Cité ", qui consiste en l'organisation de rencontres entre recruteurs et candidats à l'intérieur de camions stationnés en banlieues.
Il prépare pour le 18 décembre 2008 la Journée de la diversité en France, avec le soutien de personnalités comme Laurence Parisot (Medef) ou Jean-Pascal Tricoire (Schneider Electric).
Prix spécial du jury (ex-aequo) : Xavier Gallot-Lavallée
Il est devenu entrepreneur comme il atteignait sa majorité - à 18 ans. Par choix, mais aussi par la force des choses. En effet, il a décidé d'abandonner ses études pour reprendre l'entreprise créée par son père, lors du décès de celui-ci. En s'appuyant sur cette micro-structure d'un salarié, il a bâti un groupe, Montagne et neige développement (Savoie), qui comprend aujourd'hui quatre sociétés, toutes spécialisées dans les risques naturels, l'aménagement et la sécurisation de sites sportifs. A 26 ans, il enregistre plus de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 45 salariés. Une belle réussite pour cet entrepreneur autodidacte, humble et discret, qui travaille notamment pour les Championnats du monde de ski de Val d'Isère ou les Jeux Olympiques.
Prix de l'action entrepreneuriale : Marie Rigaud
Chaque année, elle cherche des voix, elle cherche des lieux. Chaque année, depuis 1996, cet électron libre repart à zéro et présente un plateau éclectique, renouvelé, affranchi des conventions, en 2008 composé aussi bien de Nilda Fernandez que de Liz Mac Comb ou du swing manouche Samarabalouf. Son moteur : l'envie. Cette diplômée de musicologie, ancienne chroniqueuse sur Radio Classique, cherche auprès des institutions et surtout des entreprises, les 500 000 euros de budget qui donneront vie à son Festival, le Printemps de Pérouges, qui est désormais une référence de la chanson française.
Prix du salarié-entrepreneur : Sylvie Ramond
Celle qui dirigea pendant 18 ans le Musée Unterlinden de Colmar a réussi à Lyon un exploit : associer institutions culturelles, collectivités locales, et entreprises à un grand projet, et décloisonner ces trois mondes. " Simple " salariée, la directrice du Musée des Beaux-Arts de Lyon, portée par sa passion, aidée par son habileté dans la gestion des relations humaines, a su mener une véritable aventure entrepreneuriale, avec la " conquête " du chef d'œuvre de Nicolas Poussin, La fuite en Egypte. Lequel est désormais accroché sur les murs du Musée des Beaux-Arts.
Prix du rebond : François Nicaise
La création de son entreprise est d'abord un pied de nez au destin. Celui d'un entrepreneur dans l'âme, qui a tout perdu en 1997, alors qu'il était à la tête de sept boutiques de développement photo. Sans emploi, sans couverture sociale, criblé de dettes... Il s'est retrouvé seul pour traverser le désert. Mais quelques temps plus tard, le décès d'un proche, victime de l'alcool, a été chez lui un premier déclic. Il décide de s'intéresser à l'" homme ", au sens premier du terme, et rejoint comme consultant le cabinet RH Carrières. Deuxième déclic quelques mois plus tard, en regardant une émission télévisée, qui évoque les problèmes d'addiction en entreprise. François Nicaise décide alors en 2000 de fonder Restim (pour " restaurer l'image et l'estime "), une agence de conseil en addictologie pour les entreprises.
Prix du repreneur : François Simon
Il était directeur d'un établissement d'Areva, baptisé TSV, situé à Vénissieux. Et en quelques mois, il en est devenu le Pdg. Tout commence en 2006. A l'époque, Areva souhaite céder TSV au fonds Green Recovery, à la grande stupeur des salariés. En cinq semaines seulement, certains d'entre eux élaborent une offre de rachat alternative, portée par le management, et notamment par François Simon. Un projet auquel 94 % des salariés se déclarent favorables. En juin 2007, c'est gagné : TSV devient une PME indépendante, pilotée par François Simon. La moitié des salariés, non cadres y compris, a investi dans le capital. Depuis qu'elle a quitté le giron d'Areva, l'entreprise spécialisée dans les transformateurs a pris son envol : le chiffre d'affaires est passé de 13 millions d'euros en 2006 à 18 millions deux ans plus tard. 25 personnes ont été embauchées. Et le niveau d'investissement a été doublé.
Prix de l'entrepreneur social et solidaire : Guy Tisserant
Son palmarès sportif est exceptionnel : champion para olympique de tennis de table à Séoul en 1988, à Barcelone en 1992 et à Atlanta en 1996. Sa démarche entrepreneuriale l'est tout autant : celui qui dirigeait le service informatique d'une grande banque lyonnaise décide en 2004 de créer TH Conseil. L'objectif premier de cette société (neuf salariés aujourd'hui), fondée avec son épouse : conseiller les grandes entreprises qui souhaitent embaucher des personnes handicapées en faisant la démonstration de la plus-value sociale, organisationnelle, économique d'une telle politique. Ce militant de la diversité veut associer ses interlocuteurs à une conviction capitale : intégrer la différence dans le corps social de leur entreprise est une source concrète et palpable de progrès.

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