Basilic de Fourvière © Tim Douet
Photo d’illustration. (Basilicque de Fourvière) © Tim Douet

Le diocèse de Lyon confronté à une nouvelle affaire de pédophilie, impliquant un prêtre décédé en 1994

Plusieurs personnes des diocèses de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne ont fait part à l’Église d’agressions sexuelles commises dans les années 70-80 par le père Louis Ribes. Décédé il y a près de 20 ans, l’ecclésiastique s’était fait un nom grâce à ses oeuvres artistiques dans des églises de la région. Elles vont être décrochées.

Secoué ces dernières années par la très retentissante affaire impliquant le désormais ex-père Preynat, le diocèse de Lyon fait désormais face à une nouvelle affaire de pédophilie, dont les faits sont aujourd’hui prescrits. Dans un communiqué publié sur son site internet le 13 janvier, l’église lyonnaise révèle que "l’été dernier, plusieurs personnes se sont adressées au diocèse de Lyon et au diocèse de Grenoble pour révéler qu’elles ou leurs proches avaient été agressés sexuellement par le père Louis Ribes, décédé en 1994". 

Principalement survenues dans les années 1970-1980, rapporte l’AFP, ces agressions sexuelles, dont le diocèse assure avoir "acquis la certitude, en octobre dernier", ont été commises sur de jeunes garçons et de jeunes filles. Les faits ont pu être confirmés grâce au concours des enquêteurs de la Commission sur les abus sexuels dans l'Église catholique (Ciase), ajoute le diocèse lyonnais.

Un artiste reconnu

Artiste reconnu, le père Ribes est à l’origine de peintures, vitraux et de fresques qui ornent une quinzaine d’églises de la région. "Par respect pour les victimes, les œuvres du père Ribes qui appartiennent au diocèse de Lyon, Grenoble-Vienne et Saint-Étienne, seront progressivement déposées et remisées", fait valoir le diocèse dans son communiqué. 


"Par respect pour les victimes, les œuvres du père Ribes qui appartiennent au diocèse de Lyon, Grenoble-Vienne et Saint-Étienne, seront progressivement déposées et remisées", le diocèse de Lyon


À nos confrères de l’AFP, ce dernier a précisé que ces décrochages d’œuvres au style coloré et proche du cubisme, dont certaines sont protégées au titre des monuments historiques, ont été décidés à la demande de certaines victimes. En revanche, le retrait des vitraux serait soumis à l'autorisation des mairies, propriétaires des murs des églises. 

Les victimes invitées à se rapprocher des diocèses

Dans un témoignage recueilli par France Bleu, une Ligérienne, qui confie avoir été abusée par le père Ribes, raconte comme il utilisait son art pour approcher ses victimes. "Il nous faisait poser nus, pour servir de modèles, pour faire des croquis. C'était dans sa chambre, où il était logé, sur son lit. Et une fois le dessin terminé, c'était des attouchements [...]. C'était de l'art, c'était un artiste connu, en plus. C'était un ami de mes parents qui étaient à mille lieues de se douter de ce qui se passait", se souvient Annick qui a grandi à Pomeys, un village du Rhône composé de près 1 000 habitants, où Louis Ribes a été prêtre. 

À ce stade, les autorités religieuses ne seraient pas encore en mesure d'évaluer le nombre exact de victimes ou d’agressions, mais les diocèses de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne, le père Ribes étant originaire de la Loire, invitent les victimes à se faire connaître auprès de leurs cellules d’écoute (à l’adresse suivante signalement@lyon.catholique.fr), afin d’être reçues si elles le désirent.

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