Denis Robert, lors d’une conférence à Lyon – mars 2018 © Tim Douet
Denis Robert, lors d’une conférence à Lyon – mars 2018 © Tim Douet
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Journalisme : Denis Robert, le pionnier

De la Vologne à l’affaire de la multinationale Clearstream, Denis Robert n’a cessé de dénoncer les dérives de la presse. Confronté aux pouvoirs politiques et économiques, il a gardé une haute vision du journalisme, une profession qui “ne peut pas se contenter de passer les plats”. Entretien.

Lyon Capitale : Êtes-vous un lanceur d’alerte ? Denis Robert : Les journalistes ne sont pas des lanceurs d’alerte et les citoyens qui dénoncent des agissements et des structures sont d’abord des témoins. Aujourd’hui, on a changé de nom… Le couple journaliste-informateur/témoin ou lanceur d’alerte est vieux comme le monde. Le journaliste devient médiateur par rapport aux dénonciations et protège le témoin. Selon moi, l’apparition du terme “lanceur d’alerte” manifeste une faiblesse globale du journalisme. La profession se paupérise avec la surinformation sur Internet et la gratuité. Il y a de moins en moins d’argent pour faire des enquêtes libres et indépendantes. Et, en France, l’intérêt des milliardaires et patrons de multinationale détenteurs des journaux n’est jamais l’information, mais toujours l’influence. Dans mes enquêtes, notamment la plus connue, sur la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream, trois témoins m’ont donné des éléments. Si je suis un lanceur d’alerte, c’est plutôt pour avoir dénoncé la manière dont la profession, c’est-à-dire les journalistes, avait travaillé sur ce dossier. Dans votre dernier livre*, vous évoquez longuement les dérives de la profession sur une autre affaire, celle de la mort du petit Grégory (Villemin), retrouvé dans la Vologne les pieds et les mains liés en 1984. Vous étiez jeune journaliste à l’époque, dans quelle mesure cette affaire vous a-t-elle forgé ?

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