Israël - Palestine : Ni guerre ni paix

Le conflit israélo-palestinien est interminable car aucune guerre ne peut le conclure, une guerre n’a de sens que si la victoire de l’un ou l’autre camp est envisageable, en l’occurrence, elle est impossible.

Israël ne peut pas vaincre les palestiniens à Gaza ou ailleurs, sauf à commettre un massacre insupportable ou à procéder à une invasion, suivie d’une occupation et d’une guérilla sans fin, ni issue.

Le Hamas, le Hezbollah et leurs clones présents ou futurs ne peuvent vaincre Israël.

La situation actuelle ne peut donc que perdurer, les agressions, les représailles, les trêves se succédant avec leurs cortèges de victimes, de part et d’autre.

Les deux parties sont condamnées à ces postures de guerre : les palestiniens ont pour seules armes les attentats, les roquettes et les israéliens ont pour seule arme les bombardements des zones civiles dans lesquelles vivent et se déplacent les combattants palestiniens.

Paradoxalement, la faiblesse des uns désarme la force des autres.

La haine habite évidemment le conflit israélo-palestinien, celle des palestiniens qui s’estiment spoliés depuis 1948, celle des israéliens qui ne supportent plus depuis 1948 d’être agressés (quatre guerres ouvertes, une guerre larvée permanente !) mais il y a aussi des intérêts politiques, économiques et financiers qui sont en jeu :

- à Gaza, ce bout de terre sans valeur qui ne produit rien, la seule raison d’être du Hamas c’est la « résistance » et c’est le combat qui lui fournit ses seules ressources représentées par le soutien de l’Iran, du Qatar, d’autres Etats arabes et plus généralement de l’Oumma. Sans le conflit, le Hamas n’est plus rien, Gaza ne reçoit plus rien. Il en va de même au Sud Liban avec le Hezbollah.

- Mais la permanence du conflit soude aussi la société israélienne, maintient sa cohésion, suscite l’aide et le soutien de ses alliés, sert enfin occasionnellement des visées politiques et électorales et justifie mal, mais un peu, la colonisation en Cisjordanie.

Ce n’est donc ni la guerre, ni la paix, la guerre que les protagonistes ne peuvent pas faire, la paix qu’ils ne veulent pas conclure puisqu’ils n’y ont pas intérêt.

La situation actuelle va donc perdurer, désespérante avec sa succession d’agressions, de représailles, de trêves, Gaza restera sous blocus sans aucune perspective d’avenir pour ses habitants, la Cisjordanie restera morcelée en cantons, Israël continuera à occuper des colonies et demeurera dans un sentiment permanent d’angoisse et d’insécurité nourrissant aussi une forme de paranoïa, alors qu’évidemment les palestiniens ont droit à un Etat viable, les israéliens ont droit à la paix et à la sécurité.

La seule solution, c’est le pari de Pascal qui proposait à l’homme de croire en Dieu, en ne perdant rien si le pari était perdu, en gagnant tout s’il était gagné.

Mais il existe au Proche Orient une possibilité de paix, même faible, même vacillante.

Mahmoud Abbas a reconnu l’existence d’Israël et finalement, ce conflit est essentiellement une question de reconnaissance de part et d’autre, autour de ces deux pôles : un Etat pour les palestinien, la sécurité pour les israéliens.

Qu’Israël propose à l’OLP un traité de paix fondé sur des principes simples : l’évacuation des territoires sous réserve de quelques échanges de terres en ce qui concerne certaines colonies, la renonciation au droit au retour des réfugiés palestiniens en contrepartie d’une indemnisation et un régime particulier pour Jérusalem.

A cet égard, rien n’est impossible, plusieurs formules ont été pensées : la ville pourrait être la capitale des deux Etats, sous une gestion municipale conjointe ou encore séparée avec un statut particulier pour la vieille ville qui, rappelons-le, représente exactement la superficie de la place de la Concorde, il est même possible de rêver que Jérusalem devienne le trait d’union entre les deux peuples et leur vecteur de coopération.

Le pari de la guerre conduit à un enlisement sans fin, reste celui de la paix.

Si l’OLP rejette cette proposition de paix, Israël pourra maintenir le statu quo, si au contraire le pari de la paix était gagné, il est vraisemblable que le Hamas, le Hezbollah et l’Iran et leurs politiques agressives perdraient de leur influence.

Le pari de la paix est le seul qui ait du sens.

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