Instants de rêve à Cocoland.

Je l'aime d'abord pour son archi très soviétique qui ressemble furieusement au Kino International de Berlin.

A l'intérieur, béton brut, gros lustre anguleux, et une déco générale béton/acier/verre dépoli/tons orange. J'y ai pris des photos, mais j'ai senti une certaine réprobation des locaux. Comme si je profanais un paradis perdu.

Un voyage à Cocoland ne serait rien sans les autochtones.
Une fois passé les majestueuses portes battantes électriques, premier défi : capter l'attention de la préposée derrière l'hygiaphone, en grande discussion avec un collègue, tandis que vous tambourinez du doigt sur le guichet.

Si par chance j'ai déjà mon petit ticket en carton, je passe directement au collègue en question, qui d'un geste précis le déchire en deux, ne m'en rendant que la moitié. La voie est libre..enfin presque.

Quelques marches à monter, et j'approche de Checkpoint Charlie.
Trois préposés en tongs sont mollement posés sur un banc. A mon approche, l'un d'eux contrôle mon demi-ticket, le récupère, et le jette dans un petit sac plastique blanc.

5 personnes nécessaires, rien que pour entrer dans une piscine et arriver au vestiaire : c'est beau le plein emploi à Cocoland ! !

La piscine est un bassin olympique de 50m, qui grâce à la vaillante technoCoCologie peut être séparé en deux par un mur mobile, ce qui fait 2 bassins de 25m. Malin ! Seul petit souci, le mur est resté bloqué des mois en position haute, en attendant une décision du parti pour lancer les réparations.

Après la magistrale rénovation du batiment, avec des douches et des vestiaires dans une harmonie subtile de noir et de bleu, je me suis étonné de l'absence totale de porte-serviette pour déposer ses affaires pendant qu'on se douche. Lorsque j'ai posé la question, un préposé m'a répondu d'un ton las " C'est pour que les gens restent pas trop sous la douche ". Mais bien sûr ! Une mesure écologique d'avant-garde pour économiser l'eau. Voilà de l'action concrète, plutôt que nos grands discours et nos Nicolas Hulots !

Autre idée de génie à Cocoland : la création de deux zones spéciales dans les vestiaires. La zone " pieds nus ", qui va d'un banc où on doit se déchausser, jusqu'aux casiers du vestiaire. La zone " chaussures ", qui va de l'entrée jusqu'à ce fameux banc. Au début, certains des plus zélés de nos camarades ont même tenté la " zone pieds nus globale ", et un préposé m'avait demandé d'enlever mes chaussures DES l'entrée ! Je lui ai répondu avec un grand sourire " Ah, je n'avais pas vu que c'était devenu une mosquée ! " et j'ai continué mon chemin. A quand le pédiluve devant le guichet ?

Une fois déshabillé, je peux enfin me glisser avec délice dans l'eau fraiche, et faire le vide dans mon cerveau confusé d'occidental.

On est bien à Cocoland.
Allez-y, c'est pas loin et pas cher. La preuve, j'en viens.
C'est la piscine de Vaise.

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