Inspection du travail : les syndicats pas convaincus par les renforts

Mais pour les syndicats, présents à la conférence de presse, le compte n'y ait pas. Bien au contraire.

Sur le papier, la chose semble entendue : depuis le 1er septembre 2008, l'inspection du travail du Rhône a gagné sept sections de contrôle. Au total il y a désormais 22 sections qui comptent 24 inspecteurs du travail et 42 contrôleurs. Autre nouveauté présentée par le directeur du travail du Rhône, Bernard Chaulvy (photo), la création de trois sections spécialisées : l'une pour le bâtiment, l'autre pour les usines classées Seveso et enfin une section d'appui à la lutte contre le travail illégal.
Mais cette déclinaison local du "plan de modernisation de l'inspection du travail", qui s'intègre dans la fameuse RGPP (pour Révision générale des politiques publiques) a du mal à passer auprès des personnels. Malgré l'augmentation de ces effectifs, il n'y a toujours, dans le Rhône, qu'un inspecteur pour 2100 entreprises de plus de 50 salariés et un contrôleur pour 50 000 entreprises de moins de 50 salariés.
Outre cette revendication constante de doubler le nombre de sections de contrôle, la majorité des syndicats (CGT, SUD, SNU et FO) considère que ce plan de modernisation aboutit à la "démolition de l'inspection du travail et de son ministère" dont la mission essentielle doit être de contrôler les entreprises.
Pour faire passer leur message, des représentants syndicaux étaient même présents à la conférence de presse. Jean-Michel Bonnet, pour la CGT, a pris longuement la parole en rappelant que ce "renforcement était très relatif" : "L'indépendance de l'inspection est remis en question avec une volonté d'encadrement qui se traduit par la création d'une "politique du travail" pour orienter davantage l'activité des inspecteurs". Il poursuit : "la réorganisation des services de l'Etat va placer sous une même direction régionale l'inspection du travail, les services de la concurrence, du tourisme, de l'artisanat du développement industriel ou encore du commerce extérieur. Le risque est de transformer l'inspection du travail en la tournant davantage vers l'amélioration de la compétitivité des entreprises et de la régulation économique". "Avec cette réorganisation-là, les activités de contrôle seront délaissées, notamment par manque de temps", conclut le syndicaliste.

Une action nationale contre la RGPP sera organisée mardi 28 octobre.

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