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Ils vont passer l'hiver dans des préfabriqués

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55 hommes et femmes, 24 enfants et adolescents vont passer l'hiver dans une sorte de village vacances en préfabriqués à Villeurbanne. Une initiative qui a pu voir le jour grâce à un entrepreneur lyonnais.

Ce n 'est pas le Club Med, mais ce n'est pas non plus le même prix : 35 euros par personne et par jour. Le logement, le repas et l'accompagnement social sont compris. C'est surtout bien mieux que la rue pour les 79 personnes sans logis qui y sont logées en continu, et pour trois mois depuis le 2 janvier au frais de l'Etat. Des familles roumaines, des hommes et des femmes clochardisés, des enfants aussi. L'idée étant d'éviter de les remettre à la rue chaque matin, et de les obliger à contacter le 115, la veille sociale, pour demander un hébergement nuit après nuit en plein coeur de l'hiver.

Le concept est né dans la tête d'un homme, Alain Sitbon (voir photo ci-dessus), à la tête de la société CRPS (SG2A-L'Hacienda, Sercol) basée à Rillieux-la-Pape qui gère déjà 60 aires d'accueil des gens du voyage en France. Devant le fiasco de l'hébergement des sans-abris en France, proche depuis toujours du milieu politique, l'entrepreneur se lance en 2009 dans l'accueil des sans domicile fixe en France dont la mission échoue normalement à l'Etat.

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Après l'échec retentissant l'année dernière de l'accueil des sans-abris dans des gymnases à Lyon durant le plan froid, il contacte le nouveau préfet du Rhône en juin, Jean-François Carenco, lui proposant de mettre à disposition des SDF des préfabriqués durant l'hiver 2011/2012. Études de faisabilité comprises et après avoir trouvé un terrain en partenariat avec la mairie de Villeurbanne et le Grand-Lyon, il débloque 800 000 euros pour faire construire, assembler et relier à l'eau potable et à l'électricité, trois mobile-homes dont deux de 150 m2 et un de 225 m2. Ils sont positionnés sur un terrain inoccupé appartenant au Grand-Lyon, 87 rue Fays à Villeurbanne. C'est sur ce terrain que verra le jour l'Arena, la future salle de l'ASVEL en avril 2015, le club de basket villeurbannais. Une situation en tous cas idéale, tout près de l'arrêt de tramway, pour les enfants de Roms qui sont tous scolarisés dans des écoles parfois très éloignées.

©Tim Douet

Il s'agit d'une friche industrielle dont une partie centrale a été réaménagée en salle d'accueil, cafeteria, salle de jeux et de lecture pour les occupants. Le projet a été imaginé en partenariat avec l'Hôtel social, association lyonnaise qui gère trois centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) à Lyon 3e. L'association a pris les rennes du "projet éducatif" de ce foyer d'un nouveau genre qui constitue une véritable expérimentation dans le Grand Lyon, afin d'aider les sans-abris à améliorer leurs existences, au moins jusqu'au 2 avril prochain ...

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3 commentaires
  1. aiglemalin - 13 janvier 2012

    J'ai bien connu Alain Sitbon. Un personnage ... étonnant et qu'on ne risque pas d'oublier.

  2. pasdepseudo - 19 janvier 2012

    Etonnant projet qui , même s'il pose bien des questions sur notre société ultra libérale...- permettra néanmoins à des gens de ne pas mourir de froid ! La question : Quid du 2 avril ? L'autre question : remplacé quand , par quoi et à quel prix ? Mais dans l'immédiat ne faisons donc pas la fine bouche et bravo pour cette initiative. Mais au fait , quid de la loi DALO ??? C'était (encore ) un effet d'annonce ?

  3. brahma7777777 - 21 janvier 2012

    Il n'y as pas assez d'initiative dans le genre en france. Et pour la suite, les enfants dormiront ou?

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