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Grand Lyon : ces villes qui attirent de nouveaux habitants

Agglomération. Le territoire du Grand Lyon accueille chaque année de nouveaux habitants. Lyon Capitale a cherché à savoir dans quelles communes ils préfèrent s’installer.

L’agglomération lyonnaise est une des plus denses en population sur le territoire français avec 1, 26 millions d’habitants, et une densité au km2 de plus de 2 300 habitants en moyenne. Notons qu’à Lyon-même, cette densité est multipliée par 4. Pourtant, même si Lyon croît régulièrement en population (+6 % en 10 ans), on s’aperçoit que Villeurbanne et Tassin la Demi-Lune attirent plus de monde. Seraient-ce leurs identités politiques marquées qui jouent en leur faveur ? Ou bien, la politique agressive du Grand Lyon en termes de grands projets de renouvellement urbain (la Duchère, les rives de Saône, Gerland) conduit-elle à un retour aux valeurs refuge ?

Ensuite, l’Ouest lyonnais, réputé huppé, accueille de plus en plus des classes moyennes, même si le prix du foncier reste élevé. Si l’on regarde Poleymieux au Mont-d’Or ou Rochetaillée-sur-Saône, des communes qui comptent à peine 1000 à 2000 habitants, ce sont elles qui grandissent le plus vite. Tout cela résulte d’un phénomène nouveau : la périurbanisation, l’arrivée d’urbains en zones rurales.

Enfin, c’est dans l’Est qu’on trouve les plus grosses villes avec Vénissieux, Villeurbanne, Saint-Priest et globalement, l’Est lyonnais, avec son héritage industriel, est plus peuplé et plus dynamique sur le plan économique et de l’emploi. Le cœur de ville se déplace donc, ce qui place Villeurbanne dans une position de centralité (voir encadré). Cependant, dans ce tableau d’une région lyonnaise dynamique, certaines villes se renouvellent pas ou peu, ayant épuisé leurs réserves foncières comme Caluire-et-Cuire au Nord ou Bron au Sud.

Évolution de la population dans les communes du grand Lyon

Les communes qui perdent des habitants :

Qui n’ont pas quasiment pas bougé depuis 10 ans :

Le grosses communes qui augmentent de +10 % en 10 ans :
Villeurbanne, Tassin

Les petites communes qui augmentent de +10 % en 10 ans :
Collonges, Montanay, Poleymieux, Rochetaillée, Saint-Romain, Solaize

Les villes les plus importantes

Lyon (472 330 habitants)
Villeurbanne (138 151 habitants)
Vénissieux (56 935 habitants)
Caluire (41 010 habitants)
Saint-Priest (40 917 habitants)

Les communes les plus petites 

Curis-au-Mont-d’Or (994 hab)
Saint-Romain-au-Mont-d’Or (1 069 hab)
Poleymieux (1 187 hab.)
Rochetaillée-sur-Saône (1 299 hab.)
Fleurieu-sur-Saône (1 302 hab.)

Chiffres INSEE 2007

AU NORD-EST

Villeurbanne, le nouveau centre de Lyon ?

Villeurbanne est la plus grosse réserve d’habitants dans le Grand Lyon. Avec une population de 138 151 habitants, elle est plus grosse que le plus gros arrondissement de Lyon (90 490 habitants dans le 3e arr.). C’est la commune de plus de 10 000 habitants qui progresse le plus vite en démographie, avec Tassin-la-Demi-Lune. Villeurbanne gagne chaque année 1400 habitants. Les nouveaux venus ne sont pas tous des jeunes ménages. “Nous avons des retraités qui reviennent vers le centre car vivre en maison de campagne est devenu une contrainte.”, explique encore Jean-Paul Bret, le maire deVilleurbanne. L’augmentation de la démographie demande parfois d’aménager les structures d’accueil et Villeurbanne a dû faire face à des vagues de nouvelles arrivées dans les crèches et écoles. Pour le maire, l’accroissement de population s’explique par un dynamisme dans la construction de logements, des prix du foncier comparables ou inférieurs à ceux de Lyon intra muros.

Jean-Paul Bret se réjouit surtout que “la génétique de Villeurbanne, ville populaire et conviviale, ville des venus d’ailleurs, devenus d’ici, continue à attirer de nouveaux habitants.”Ce qui séduit, selon lui, c’est l’ambiance villeurbannaise et son identité avec de grandes institutions culturelles comme Théâtre National Populaire, le pôle Pixel, la médiathèque du Rize, etc. Tout cela éveille les convoitises de la ville de Lyon. Alors Villeurbanne pourrait-elle être le 10e arrondissement ? “Ces réflexions sont de l’ordre du syndrome de la lyonnaiserie. Tous les maires de Lyon nous l’ont servie : Augagneur, Noir, et même le maire actuel. Villeurbanne ne deviendra certainement pas la succursale d’une ville voisine, on perdrait en identité, en efficacité et en cadre de vie,”rétorque Jean-Paul Bret, agacé.

À L’OUEST 

Montanay, la commune qui gagne le plus d’habitants depuis 20 ans 

Cette petite commune au Nord-Ouest de Lyon, proche de Neuville-sur-Saône, a gagné depuis 1990, 847 habitants (+31 %). Elle est emblématique d’un renouveau des Monts d’Or et des territoires plus à l’Ouest qui accueillent de plus en plus d’habitants avec, en général, des salaires élevés. Le maire, Gilbert Suchet, s’explique cette arrivée importante de nouveaux habitants par la proximité avec Lyon, sans subir la même pression fiscale. La municipalité a construit un lotissement de 50 maisons en 2002. À vingt minutes de Lyon, il est aussi plus facile de trouver des terrains constructibles. “Souvent, d’anciennes copropriétés ont été vendues et divisées en deux lots. Les plus petites surfaces se vendant mieux,” explique le maire. Selon lui, le Plan Local d’Urbanisme joue beaucoup : “Je pense que Fontaines-sur-Saône, par exemple, perd des habitants parce que c’est une commune déjà très urbanisée, parce qu’il est parfois interdit de construire en hauteur dans certains quartiers résidentiels et que les terrains constructibles s’amenuisent.” Bizarrerie, pourtant située dans l’Ouest, Fontaines-sur-Saône enregistre en effet la plus grosse perte de population sur le Grand Lyon : 411 habitants en moins depuis 1999, soit une baisse de 6,5 %.

À L’EST

Vaulx-en-Velin et Vénissieux, la “banlieue”en passe de devenir plus attractive ?

“ Les banlieues ont fait beaucoup pour l’attractivité de leurs territoires”, soulignait début 2009 Vincent Le Calonnec, directeur régional de l’INSEE à Lyon. En effet, Vénissieux et Vaulx-en-Velin, deux villes de la banlieue lyonnaise, réputées pour leur lot de pauvreté et de mal-être social, remontent la pente. Après avoir perdu des habitants dans les années 1990, elles sont en passe de réussir le pari de transformer leur image. De grandes restructurations ont été entamées au niveau des aménagements urbains, du logement, de l’accès au réseau TCL avec les liaisons des tramways T3 et T4. Sur les dix dernières années, les populations de Vaulx-en-Velin et de Vénissieux ont augmenté respectivement de 3,6 % et de 1,5 %. L’arrivée du T3 et T4 et l’implantation du complexe commercial au Carré de Soie (Vaulx-en-Velin) ont permis de reconnecter ces espaces urbains en marge avec le centre de l’agglomération.

AU SUD

Bron, une ville qui ne peut plus croître

Jean-Michel Longueval, 1er adjoint au maire de Bron, considère que sa ville est en train de se stabiliser sur le plan démographique. “La ville ne va plus évoluer parce qu’on est à court de réserves foncières. On serait plus dans une logique de “dédensification”avec la préservation de poumons verts et des aménagements urbains tels qu’à Parilly ou Terraillon.”Approchant les 40 000 habitants, Bron jouxte le cœur de ville et donne accès aux axes autoroutiers. À la fois, campus étudiant, 3e aéroport d’affaires en France et première commune au niveau des équipements hospitaliers, “Bron est une ville mixte qui combine l’aspect village au niveau associatif (sports et culture) et l‘aspect grande ville pour la desserte transports et la dynamique économique avec entre autres le centre commercial Portes des Alpes.”Concernant les nouveaux Brondillants : ce sont souvent des jeunes couples, des ménages, qui ne restent pas longtemps sur la commune. Mais cela n’empêche pas une dynamique urbaine comme le note Jean-Michel Longueval : “les transactions immobilières n’ont pas baissé même en période de crise.

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