Eric de Montgolfier : le procès de la Justice (2è journée d'audience)

Eric de Montgolfier, procureur de Nice et Christian Chambrin, ancien directeur de prison de la maison d'arrêt de Nice, comparaissent depuis hier devant le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir détenu arbitrairement Jean Herrina, voleur notoire surnommé le Sultan.

" Sans ce 13 janvier, Jean Herrina serait vivant "
Ce matin, le parquet a requis la relaxe pour le procureur niçois, et a requalifié l'infraction à l'encontre de Christian Chambrin pour lequel il demande une amende de 5 000 euros. Thierry Herzog, avocat de Yamina Herrina, fille de Jean, a été particulièrement virulent à l'encontre d'Eric Montgolfier, en lui jetant notamment au visage un douloureux " sans ce 13 janvier, Jean Herrina serait vivant ". L'ombre de Jean Herrina, qui s'est donné la mort dans sa cellule en 2007, a alors plané dans la salle d'audience pendant ce débat houleux.
Pourtant, avant le réquisitoire, l'avocat a conduit une plaidoirie plus modérée, jusqu'à même créer la surprise : " je reste constitué au soutien de l'action publique mais les preuves font défaut, je ne demande donc aucun dommage intérêt ".

Jean-Pierre Fernand, le président du Tribunal, a voulu également recadrer le débat autour de la détention arbitraire : " Herrina a eu de nombreuses condamnations mais ce ne sont que des atteintes aux biens, de l'astuce. Et de l'argent qui circule. Monsieur Herrina avait des droits, comme tout justiciable. La question de la détention arbitraire est fondamentale dans un Etat de droit ".

" Le procureur relaxe le procureur : on veut sauver le parquet "
Au terme de son réquisitoire, le procureur de Lyon a demandé la relaxe d'Eric Montgolfier " faute de preuves suffisantes de l'affaire ". Plus détendu que jamais, le procureur de Nice s'est même exprimé une dernière fois en fin d'audience " ce procès a été une expérience d'une grande richesse, qui change profondément mon regard sur la justice. Il serait bon que tous les collègues connaissent cela ".

Toutefois, le procureur de Lyon fait état d' " une erreur grave " concernant les agissements du directeur de prison. " Le prévenu aurait dû prendre contact avec le juge des libertés qui a délivré l'ordonnance, pas avec le parquet ". Le procureur suggère alors la requalification de l'infraction, acceptée par le tribunal. Le parquet requiert alors à l'encontre de Christian Chambrin une amende de 5 000 euros pour " prolongation indue de détention ".

'De la salade niçoise à la salade lyonnaise'
Jean-Marie Perinetti, avocat de Christian Chambrin, s'est dit " choqué par cette requalification, après 4 ans d'instruction et 2 jours de procès, c'est un rattrapage par la manche ". Il affirme même : " le procureur relaxe le procureur : on veut sauver l'institution du parquet. Mais il faut punir quelqu'un : l'administration pénitentiaire. ".
En demandant la relaxe de son client, l'avocat ajoute que " tout le monde a tort dans l'affaire, condamner seulement Christian Chambrin, c'est passer de la salade niçoise à la salade lyonnaise ".
Le jugement a été mis en délibéré au 6 février 2009 à 14 heures.

Voir aussi la première journée d'audience

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