Dubaï s'achète Lyon pour 500 millions

L'adjoint à l'International, Jean-Michel Daclin (PS), décrypte.

Lyon Capitale : Quel est le sens de ce projet fou ?
Jean-Michel Daclin : Dubaï se développe très fortement. Ils sont 1,5 millions, ils veulent être 12 millions d'ici 20 ans. Un promoteur, Buti Saaed al Gandhi, 40 ans, cultivé, sympa, qu'on avait rencontré là-bas, est tombé amoureux de Lyon. Il s'est dit : au lieu de faire des tours insipides, ce serait intéressant d'avoir un quartier de 3 à 400 hectares qui recrée l'esprit de Lyon, sa qualité de vie. Ce n'est pas Las Vegas, c'est monté comme un projet potentiellement très rentable. Pour réussir, il a conscience qu'il faut un ferment culturel. Il a donc contacté différentes institutions lyonnaises : Lyon 2 pour ouvrir une Université là-bas en septembre, l'Institut Lumière pour créer un musée du cinéma indien, le musée des Tissus - assez méconnu à Lyon mais qui a des collections très importantes - pour qu'il ait un bel espace de promotion, l'OL pour avoir un centre d'entraînement, Bocuse pour une école hôtelière... Il va travailler aussi sur des commerces à la française.

Qu'est-ce que cela va rapporter à Lyon ?
Ça ne coûte rien, ça rapporte de l'influence et de la visibilité pour la ville. Dubaï est en train de devenir la Suisse de cette partie de la planète. Le pétrole, maintenant, c'est moins de 15 % de leur PNB... Le fait qu'il y ait un quartier qui s'appelle Lyon là bas peut nous apporter beaucoup d'investisseurs. Et chacune de nos institution y voit son intérêt. C'est un drôle de pays. Ça brasse vite et fort. Quand ils construisent la tour la plus haute du monde, ils en font encore dix à côté. Tout ça à une vitesse hallucinante, avec des problèmes sociaux évidents pour les travailleurs immigrés. Ce n'est pas une terre idéale, mais c'est un peu la ruée vers l'Ouest. Lyon a tout à gagner à en être.

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