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Départ de l'EMLyon, Écully dénonce les pressions de Collomb et Bonnell

La mairie d'Écully n'a pas digéré l'annonce du déménagement de l'EM Lyon à Gerland. Alors que l'école est sur le départ, Sébastien Michel, premier adjoint de la commune, accuse Bruno Bonnell et Gérard Collomb de s'être "activés en coulisse" pour persuader l'EM de quitter Écully.

La nouvelle est tombée en décembre dernier. L'EM Lyon, fleuron des écoles de commerce lyonnaises, a décidé de quitter son siège historique de l'Avenue de Collonges à Écully pour s'implanter dans le quartier de Gerland, entre les immeubles de Jean Macé et Jean Jaurès. Forcément, la nouvelle a fait grincer des dents à la mairie d'Écully, où on avait fait du pôle de formation EM-Centrale un argument d'attractivité incontournable. Ces derniers temps, on avait l'impression qu'Yves-Marie Uhlrich, qui a fait part de son mécontentement à de nombreuses reprises dans la presse, avait fini par faire son deuil. Mais lors du dernier conseil municipal, le 28 février dernier, c'est le premier adjoint Sébastien Michel qui a durement haussé le ton. "Cette décision de l'EM de quitter notre ville est purement politique et politicienne", a ainsi martelé l'élu, qui dénonce des pressions exercées par une collusion entre Bruno Bonnell et Gérard Collomb. "L'EM avait des projets de développement depuis des années, et nous avons affirmé notre volonté de les accompagner sur le site d'origine. Pendant ces débats, d'autres personnes s'activaient en coulisse pour essayer de convaincre l'école de quitter Écully. Il s'agit de Gérard Collomb, et de Bruno Bonnell" a-t-il assuré.

Un procédé "déloyal"

Sans vraiment apporter de preuves tangibles, Sébastien Michel affirme que les deux hommes auraient profité de leur position et de leur influence pour attirer l'EM Lyon hors de l'Ouest lyonnais. "Ils vont voir les dirigeants de l'EM en leur disant de venir à Lyon. Il y a quelque chose de déloyal et un aveu d'impuissance de la métropole quant à son incapacité à attirer sur tout le territoire des établissements supérieurs ou de grosses entreprises", a fustigé le premier adjoint d'Écully avant d'ajouter que "la proximité des deux élus est avérée. On a le sentiment qu'il y a eu une entente". En effet, Bruno Bonnell et Gérard Collomb se connaissent depuis longtemps, et la situation a un air de déjà-vu. À la fin des années 1990, avant qu'ils ne se retrouvent au sein de La République en Marche, Gérard Collomb avait déjà réussi à convaincre Bruno Bonnell de déménager le siège de sa société Infogrames, situé à Villeurbanne, dans son fief du 9e arrondissement. Par ailleurs, alors qu'Euronews décide en 2015 de quitter Écully pour s'implanter à la Confluence, Gérard Collomb fait une promesse à Yves-Marie Uhlrich, "Je m’engage à rechercher une activité de haut niveau qui puisse conforter le pôle universitaire d’Écully". Alors quand c'est ce même pôle qui se détricote, la mairie voit rouge.

Le SYTRAL sous influence ?

Car au-delà d'une hypothétique collusion Collomb-Bonnell, Sébastien Michel accuse également le SYTRAL d'avoir saboté toutes les chances d'Écully de conserver l'EM en son sein. En effet, une des raisons principales du départ de l'école était la mauvaise desserte en transports communs du secteur. Un handicap que la mairie tente d'enrayer depuis des années, de concert avec les établissements du campus. "On travaille là-dessus depuis des années avec le SYTRAL. On se prend la porte en pleine figure à chaque fois, on n'a jamais obtenu les développements qu'on souhaitait, alors que cette mauvaise desserte est connue du syndicat", s'insurge Sébastien Michel. Selon lui, il faut y voir encore une fois l'ombre de Bruno Bonnel et de Gérard Collomb, dont le parti est majoritaire au SYTRAL. De son côté, l'EM reconnaît que la question des transports a pesé sur la balance dans le choix du départ. "Nous avons de grosses perspectives de croissance. L'école a doublé ses effectifs en 4-5 ans, et compte les redoubler encore dans les 5-6 prochaines années. Ce problème d'accessibilité allait s'accentuer", explique l'EM Lyon, qui mentionne aussi deux autres raisons majeures au déménagement. "Déjà, 85 % de nos étudiants habitent à Lyon. De plus, nous avons besoin d'un nouveau bâtiment, et en restant à Écully il aurait fallu cesser l'activité le temps des travaux". De son côté, le syndicat des transports lyonnais réagit en insistant sur les adaptations mises en place dans le secteur sur la ligne 3 et 4, et précise que "des réunions d’échanges sont organisées au moins une fois par an depuis 2013 entre le SYTRAL, la Ville d’Écully, les principales écoles du Campus Lyon Ouest et la CCI de Lyon". Si les lignes de bus sont bien présentes à Écully, la desserte n'a rien à voir avec la proximité qu'offre le quartier de Gerland avec les métros et tramways. D'autant plus que l'EM compte absorber 10 000 étudiants d'ici à 2022.

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3 commentaires
  1. Grandloup - 8 mars 2018
  2. Albert Sören - 8 mars 2018

    Mais comment survivent les écoles « parisiennes » : HEC à Jouy en Josas et ESSEC à Cergy-Pontoise ? Il est vrai qu’elles n’ont pas à compter avec un syndicat de transports qui ignore délibérément les besoins des campus de banlieue.

  3. Rafour69130 - 12 mars 2018

    Sébastien Michel et Yves-Marie Uhlrich (Maire d’Ecully) se plaignent de l’absence de transports en commun satisfaisants sur le campus écullois. Ils sont ridicules. En semaine, le campus est desservi par environ 150 aller/retour de bus (ligne 3,4 et 55) par jour (avec un bus toutes les 5 min de 7h à 10h et de 16h à 20h) . La ligne 4 est même une ligne de bus articulé. Qu’est ce qu’ils veulent de plus ? Un tram? un métro?

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