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Crise de l'énergie : "Cet hiver, le prix des forfaits ne va pas exploser dans les stations de ski"

Les exploitants des sociétés de remontées mécaniques étaient rassemblés à Lyon jeudi 29 et vendredi 30 septembre pour le congrès annuel de Domaines skiables de France. Face à la forte hausse des prix de l'électricité, ils réclament l'aide de l'Etat et annoncent des mesures pour réduire leur consommation cet hiver.

Le congrès annuel Domaines Skiables de France, qui s'est tenu les 29 et 30 septembre à l'hôtel de la Région à Lyon, est une occasion rare de voir les patrons de sociétés de remontées mécaniques habillés d'une veste de costume plutôt que d'une doudoune.

Tout le microcosme du ski alpin étaient en effet sur son trente-et-un pour cet événement qui s'est conclu par la venue d'Olivia Grégoire, la ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme ce vendredi. La membre du gouvernement, qui n'a pas manqué de rappeler qu'elle skiait chaque hiver avec ses grands-parents dans son enfance, a voulu apporter son soutien aux montagnards qui font face à l'explosion des prix de l'énergie, alors qu'entre 3 à 5% du chiffre d'affaires des stations va dans la consommation d'électricité.

Olivia Grégoire a ainsi rappelé que les exploitants de domaines skiables avaient le droit de bénéficier du soutien financier de l'Etat qui aide les entreprises dont plus de 3% du chiffre d'affaires est dépensé dans la facture énergétique. "Au premier euro de baisse de votre activité, vous avez le droit au plan d'aide voté par l'Etat avec des aides qui vont jusqu'à 2 millions d'euros pour les TPE et PME", a notamment vanté la ministre.

Olivia Grégoire, la ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, aux côtés d'Alexandre Maulin, président de Domaines Skiables de France.

Multiplication par dix du prix de l'électricité

Les exploitants de remontées mécaniques regardent, en effet, avec inquiétude l'envolée des prix de l'électricité qui alimente la grande majorité du gros millier de télésièges qui sillonnent les Alpes. "Toutes les stations ne sont pas touchées de la même façon. Certaines ont renouvelé leur contrat d'électricité cette année, alors que d'autres ont un contrat qui prend fin l'an prochain et bénéficient donc encore de tarifs favorables", explique Laurent Reynaud, secrétaire général de Domaines skiables de France, la chambre syndicale des exploitants de remontées mécaniques et de domaines skiables.

Au début du mois de septembre, de nombreux patrons de domaines skiables ont pris peur en voyant le prix du kWh atteindre la barre des 1000 euros, contre un prix de 50 euros quelques mois plutôt. "Depuis, le prix du kWh est retombé à 500 euros, donc ça va un peu mieux même si c'est toujours une multiplication par 10 du prix", poursuite Laurent Reynaud.

Réduction de la vitesse des télésièges

Domaines Skiables de France souhaite maintenant que la France et l'Union européenne trouvent un accord pour mettre fin à la bulle spéculative autour du prix de l'électricité et plus largement de l'énergie, qui est alimentée par la guerre en Ukraine.

En parallèle, les stations de ski ont déjà avancé leurs mesures pour réduire de 10% leur consommation électrique cet hiver. Dans de nombreuses stations, les exploitants réduiront la vitesse des télésièges de 6 à 4 mètres par seconde. Ce qui permet un gain estimé entre 10 et 20% sur la consommation électrique. La chasse au gaspillage concerna aussi la neige de culture. Pour éviter d'allumer des canons à neige de manière inutile, de plus en plus de stations équipent leurs dameuses de GPS. Elles peuvent ainsi cartographier de manière très précise une piste de ski. "On peut ainsi voir quelle est l'épaisseur de la neige face à tel ou tel canon à neige. Il peut y avoir un déficit de neige au milieu d'une piste, puis une épaisseur plus importante quelques dizaines de mètres plus loin où il y a une petite combe", explique Laurent Reynaud.

Présent sur un stand dans l'immense hall de l'hôtel de Région, l'entreprise grenobloise Poma, spécialisée dans la fabrication de systèmes de transport par câble, présentait également ses innovations pour permettre aux exploitants de remontées mécaniques de réduire leur consommation électrique. Poma a signé en juin un partenariat avec Michelin pour fournir à ses clients des bandages (une pièce qui joue le rôle de balancier pour les câbles des remontées mécaniques) plus efficients qui permettent jusqu'à 10% de gain de consommation énergétique. "La performance énergétique se joue aussi dans les matériaux qu'on utilise", glisse Christian Laval, directeur associé chez Poma.

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@ Savoie Mont Blanc / Les Saisies

Pas de hausse du prix des forfaits

Le secrétaire général de Domaines Skiables de France Laurent Reynaud assure en tout cas qu'il n'y aura pas une forte hausse du prix des forfaits cet hiver, quoiqu'il arrive. "Les domaines skiables commercialisent leurs forfaits plusieurs mois en avance. Les tarifs de l'hiver à venir ont été votés avant la crise de l'énergie", rassure Laurent Reynaud.

En clôture du congrès, la ministre Olivia Grégoire a réaffirmé que l'Etat allait faire tout son possible pour limiter la hausse des prix de l'énergie : "Dès la semaine prochaine, nous renforcerons la pression sur les fournisseurs d'énergie. Nous ne souffrirons pas de renouvellements de contrats déraisonnables. On a un objectif très clair : découpler le prix du gaz de celui de l'électricité en Europe et faire baisser le prix de l'électricité".

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