Intégré au consortium Reacting, les chercheurs du laboratoire VirPath de l’Inserm ont prouvé l’inefficacité de l’hydroxychloroquine
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Covid-19 : où en est l’essai Discovery ?

Si l’horizon semble se dégager en matière de vaccin contre la Covid-19, les réponses sur un éventuel médicament sont plus lentes à apparaître. En première ligne depuis le début de la pandémie, la recherche lyonnaise poursuit sa quête d’un remède. Mais en six mois, les scientifiques ont surtout fermé des portes, enterrant définitivement la chloroquine par exemple. Ce qui n’empêche pas l’essai Discovery, présenté en grande pompe au printemps, d’essuyer de nombreuses critiques pour son manque supposé d’efficacité.

La course au vaccin s’est accélérée cet été. Avec en apothéose, le lancement fin août de l’essai clinique russe pour la formule Spoutnik V, qui portera sur 40 000 patients. Quelques jours plus tôt à l’ouest, la commission européenne passait commande de 80 millions de doses à la start-up de biotech Moderna, dirigée par le Lyonnais Stéphane Bancel, en pointe quant au développement d’un vaccin ARM. Financé par le fonds d’urgence de 2,4 milliards adopté début juin par Bruxelles, ce contrat est le dernier wagon du train de quatre méga-commandes passées au fil de l’été. Un premier accord avait ainsi été signé dès le 31 juillet avec le consortium franco-britannique Sanofi-GSK, pour 300 millions de doses. Trois autres, avec les Britanniques Johnson & Johnson (200 millions et 200 millions en option), AstraZeneca (300 millions + 100 millions) et la biotech allemande CureVac (225 millions), avaient suivi.

De nouvelles molécules en test

Mais à Lyon c’est toujours la recherche d’un médicament qui occupe les hommes et femmes en blouse. Et au premier chef ceux de l’essai clinique Discovery. Ambitieux programme international, il avait généré beaucoup d’espoirs à son lancement le 22 mars par l’Inserm.Au point de passage des six mois, le dispositif, piloté par le professeur Florence Ader depuis l’hôpital de la Croix-Rousse, n’a pas permis d’entériner un remède. Trois des cinq “bras de traitement” initialement testés ont été coupés. Exit l’hydroxychloroquine, le Kaletra (Lopinavir/Ritonavir) et le couple Kaletra/Interféron, inefficaces selon l’OMS. Avec en plus des effets indésirables graves sur les fonctions rénales de certains patients traités au Kaletra. Seul le Remdesivir est encore éprouvé en ce début septembre. Le dernier bras étant un bras de contrôle. Forcément, l’opinion publique grogne. D’autant que les annonces de résultats, initialement prévus début mai, ont été repoussées plusieurs fois.

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