Coronavirus : à Lyon, le cri d'alarme de la gérante de la salle de sport "Safe training"

La gérante de la salle de sport "Safe training" située à Lyon 7e, Géraldine Diaz, tient à alerter l'Etat sur la situation préoccupante de nombreux établissements sportifs privés. "Il y a urgence", affirme cette Lyonnaise.

Lyon  Capitale : Dans un premier temps, pouvez-vous nous présenter le concept de "Safe Training" ?

Géraldine Diaz : Cela fait deux ans, qu'on a travaillé sur cette salle. On est en expérimentation avec des gens qui ont besoin de faire du sport mais qui n'ont pas de solutions. Ils n'ont pas envie d'aller dans une salle pour se retrouver tout seul devant un appareil, et au bout d'une demi-heure, de vite prendre la fuite. Bien souvent, ces gens doivent se mettre au sport mais se retrouvent démunis car ils ne sont pas encadrés. D'où l'idée de Safe Training qui leur permet d'avoir les outils nécessaires afin de les accompagner au mieux. Le but est de créer une véritable hygiène de vie, en somme, que la pratique sportive ne devienne plus une contrainte mais un réel plaisir.

Ce deuxième confinement a été très mal vécu par vos clients...

Ce stop pour nos 200 adhérents est dramatique ! Ils étaient fragiles, ils ont décidé de se mettre au sport, ils ont trouvé un rythme de croisière, et là, ils doivent après un premier confinement, retrouver de nouveau une sédentarité. C'est comme une pandémie douce qui arrive... Ils me le disent, ils vivent mal cette décision de fermer les salles de sport.

 

Vous êtes une petite structure indépendante, allez-vous pouvoir tenir ?

Quand vous montez un outil d'innovation de prévention-santé, c'est un travail de fourmis. Cela m'a demandé de nombreux investissements personnels et financiers. Du jour au lendemain tout s'arrête. Je n'ai pas de solutions car on n'a pas d'aides (par le bais du fonds de solidarité, elle touche 1500 euros, Ndlr). On est une petite structure, avec deux salariés, je dois faire mes preuves avant que des investisseurs me tendent la main. Je n'ai pas eu le temps de faire mes preuves, on me stoppe tout. Je n'ai pas de lendemain. Je dois rouvrir très vite, sinon je vais mourir. Je peux tenir financièrement jusqu'à la fin de l'année... Ce sont mes clients qui me permettent de tenir le coup car ils m'encouragent à me battre.

Quel message souhaitez-vous faire passer à l'Etat ? 

Aidez-nous à nous réinventer. Il y a des choses à faire pour nous aider. Il faut transformer notre métier, on doit s'occuper de la population. En France, il y a 7000 établissements sportifs (dont 4500 salles de fitness, studios de yoga, salles d'escalade, Ndlr) et la majorité respecte les mesures sanitaires. Il aurait fallu punir les mauvais élèves et pas tout fermer. Car, là, c'est la population qui paie. Il y a un impact considérable. On l'oublie, il y a une deuxième pandémie, c'est l'obésité. Il y a urgence !

Lire aussi : Coronavirus : coup de massue pour les salles de sport à Lyon, entretien avec le patron de l’Appart Fitness

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