Collomb : "Sarkozy est le bienvenu"

Gérard Collomb fera tout pour être sur la photo avec Nicolas Sarkozy, vendredi, lors de la visite présidentielle à Lyon.

"S'il veut venir à la mairie de Lyon, il sait qu'il est le bienvenu"... Gérard Collomb (PS) n'a pas oublié son précis de courtoisie républicaine. Cela va même un peu au delà. Alors que Nicolas Sarkozy sera vendredi à Lyon, le maire de Lyon se garde bien de critiques intempestives à son égard. Au contraire. On a même senti une certaine gène lors de la présentation de ses têtes de liste, quand la jeune maire des pentes de la Croix-Rousse, Nathalie Perrin-Gilbert, assise à côté de Collomb, a annoncé son envie d'en découdre avec Sarko : "J'en ai assez de cette omniprésence, de cette pression. Tous les pouvoirs, politiques, économiques, médiatiques, judiciaires, sont concentrés. (...) Les collectivités locales sont en train de devenir les ultimes contre-pouvoirs face à l'omniprésence". Interrogé à plusieurs reprises, Collomb a refusé tout net de s'embarquer dans ce combat : "Aujourd'hui, c'est le modèle urbain lyonnais qui m'importe".

Contrairement à Bertrand Delanoë à Paris, qui abreuve les rédactions de communiqués très politiques, Gérard Collomb n'entend pas faire des municipales une bataille contre Sarkozy. Mais Collomb a deux différences notables avec Delanoë : d'abord, il n'est pas candidat à la présidentielle de 2012. Ensuite, sa ville a bien plus nettement voté en faveur de Sarkozy en mai dernier (53,08 % à Lyon contre 50,19 à Paris)... Conclusion logique : pour rester maire de Lyon, Gérard Collomb aura besoin d'une partie de l'électorat sarkozyste. Inutile donc de jouer les premiers opposants. Au contraire, Collomb sort même régulièrement la brosse à reluire : quelques semaines après sa victoire, il décrit ainsi Sarkozy dans Le Figaro comme "quelqu'un d'assez sympathique, qui a une chaleur humaine, et qui a su se débarrasser de l'idéologie dans sa façon d'agir. D'individu à individu, j'entretiens de plutôt bonnes relations avec lui." Dans le blog de Collomb, on ne trouve d'ailleurs aucun "post" anti-Sarko.

Le maire sait que Sarkozy sera l'argument de campagne numéro 1 de son adversaire Dominique Perben. Le candidat UMP vient d'ailleurs de diffuser un tract dans les boîtes aux lettres, titré "Ensemble, tout devient possible", allusion transparente au slogan de campagne de Sarko. Cela n'effraie pas Collomb, qui confie : "Il y a une différence entre une campagne nationale et une campagne municipale. Le contre-exemple parfait, c'est Toulouse, où la gauche a gagné toutes les élections... sauf les municipales, parce qu'il y avait les Baudis père et fils. Je crois que c'est largement ce qui va se passer à Lyon."

Vendredi, Sarkozy est sûr d'être bien accueilli. Il sera même convoité... Il doit naturellement faire quelque chose avec Perben (lire ci-dessous). Mais Collomb cherchera aussi à tout prix à être sur la photo. "S'il ne vient pas à la mairie de Lyon, j'irai le voir au congrès de la CGPME" confie-t-il à Lyon Capitale. Perben et Collomb s'étaient déjà battus pour être sur la photo lors des précédentes visites de Sarko. Cela avait permis à Sarkozy de s'amuser un peu, comme le notait l'AFP en juin : ""Le partage du temps de travail est synonyme d'échec", a-t-il martelé sous le regard attentif de Gérard Collomb, maire PS de Lyon, proche de Ségolène Royal". À l'issue de la visite, Collomb se contentait de constater sur son blog, "avec beaucoup de satisfaction, que le Président de la République a choisi notre métropole pour son premier déplacement dans le domaine de l'économie. (...) A l'issue de cette visite, je ne peux que souhaiter la poursuite d'un tel dialogue dans le respect des valeurs républicaines." Il réécrira sans doute la même chose vendredi soir. En politique, il n'y a qu'une vérité : celle du gagnant.

Le programme de Sarko à Lyon
Quand Sarkozy vient à Lyon, c'est pour draguer les PME. C'était déjà le thème de sa visite en juin dernier. Cette fois il intervient vers 11 heures, à la Cité Internationale, devant 3500 patrons de PME, réunis par la CGPME de François Turcas. Il doit ensuite "manifester son soutien à Dominique Perben", dans une une action encore à définir. Pour l'instant, aucune visite à la mairie de Lyon n'est programmée.

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