Michel Delpuech
© Tim Douet

Circulation alternée à Lyon : le casse-tête des vignettes ?

Sur le secteur Lyon et Villeurbanne, touché récemment par un épisode particulièrement long de pollution aux particules fines, le préfet du Rhône Michel Delpuech a mis en place un nouveau dispositif pour pouvoir déclencher la circulation alternée "de manière plus rapide, plus régulière, et tenant compte des émissions de chacune des voitures."

"Plus réactif, plus précis et plus équitable" sont les termes employés pour décrire le nouveau dispositif mis en place par le préfet Michel Delpuech pour restreindre la circulation automobile lors des pics de pollution. Mais à entendre les nombreuses questions sur quel véhicule pourra rouler, quand, comment et pourquoi ? Le dispositif ne paraît pas si simple à première vue. Selon les mesures mises à la disposition du préfet, la circulation alternée décidée pour la journée du 9 décembre a permis de réduire la circulation automobile de 20 %. Un "enseignement positif" pour le préfet qui a salué l'esprit de civisme qui a régné dans l'agglomération lyonnaise. "Sur 328 contrôles, il n'y a eu que 29 contraventions et globalement, les automobilistes ont bien suivi la mesure, même s'il s'agissait aussi beaucoup de pédagogie, il y a eu une bonne compréhension". Néanmoins, le préfet pense depuis longtemps que ce dispositif est "trop rigide" et qu'il pénalise de la même manière les véhicules propres et les véhicules polluants. "Pour déclencher la circulation alternée, il faut que pendant quatre jours de suite le seuil de 80 µg/m³ soit atteint et dépassé. Lors du récent pic de pollution qui a touché Lyon, nous avons atteint deux fois ce niveau et ce n'était pas deux jours de suite. C'est quand même difficile d'expliquer à la population qu'il faille attendre quatre jours pour déclencher quelque chose. C'est aussi difficile pour les policiers de passer du temps à contrôler une voiture peu polluante seulement parce qu'elle n'a pas la bonne plaque d'immatriculation le bon jour" a t-il précisé en conférence de presse.

La circulation alternée renforcée par les vignettes "Crit'air"

Si les vignettes "Crit'air" mises en place par le gouvernement et disponible depuis le 1er juillet 2016 ne sont pas obligatoires, elles pourront désormais permettre aux propriétaires de voitures peu polluantes de ne pas être concerné par la circulation alternée lorsqu'elle sera mise en place à Lyon pendant les épisodes de pollution. À l'inverse, les voitures les plus polluantes ne devront pas rouler lors des pics de pollution, qu'elles aient une plaque d'immatriculation aux chiffres pairs ou impairs. Le fait d'afficher sur son pare-brise la vignette Crit'air "va s'étendre", Michel Delpuech en est "convaincu". En Isère, il aura fallu une seule journée pour que 3000 automobilistes en commandent une. La vignette coûte un peu plus de quatre euros et fonctionne pour toute la durée de vie de la voiture puisqu'elle prend en compte la date de la première mise en circulation. Selon des estimations au niveau national, 6 % des voitures particulières n'émettent pas ou peu d'émission moteur (vignette 0 et 1), 23 % des voitures seraient classées au niveau 2 des vignettes, 43 % au niveau 3, 14 % au niveau 4, 6 % au niveau 5 et 9 % des véhicules particuliers n'ont pas le droit à la vignette car ils sont jugés trop polluants.

Plusieurs niveaux d'alerte pollution

Il y aura désormais deux niveaux d'alerte pollution dans le Rhône : le stade D2 et le stade D3, pour que "lors des prochains pics de pollution, nous puissions déjà être en circulation alternée quand le seuil de 80 µg/m³ sera atteint ou dépassé et que cette circulation alternée prenne en compte la réalité plus ou moins polluante des véhicules." En cas de stade D2, la circulation alternée sera mise en place, mais "les véhicules équipés d'un certificat de qualité de l'air (vignette) de classe "zéro émission moteur" ou de classe 1,2 et 3 pourront circuler, quelque soit leur plaque d'immatriculation, soit 72 % des véhicules particuliers immatriculés." Si ce stade est dépassé et que l'alerte passe au niveau D3, les voitures à vignette zéro, 1 et 2 peuvent circuler, la circulation alternée est maintenue pour les autres sauf pour les véhicules les plus polluants. Ainsi, au niveau de l'alerte D3, "l'interdiction générale de circulation s'applique, quel que soit le numéro d'ordre de leur plaque d'immatriculation, à tous les véhicules immatriculés pour la première fois avant le 1er janvier 1997 pour les véhicules et utilitaires légers".

"Ce n'est pas populaire de dire au gens de réduire leur chauffage en plein hiver"

Selon les rapports donnés par Atmo, l'origine du pic de pollution qui a touché Lyon et Villeurbanne est dû à 59 % au chauffage, à 26 % au transport routier et 15 % à l'industrie. Pour Michel Delpuech, "il faut jouer sur tous ces sujets dans la durée pour améliorer de façon durable la qualité de l'air" et évoque en ce sens la responsabilité de l'Etat et des communes. Il n'exclut d'ailleurs pas de faire prendre des mesures dans d'autres horizons lors des pics de pollution. "Ce n'est pas populaire de dire au gens de réduite leur chauffage en plein hiver, mais il faut prendre en considération que le chauffage est actuellement la première source de pollution de l'air". Le préfet est également revenu sur l'idée d'appliquer la gratuité des transports en commun lors des pics de pollution, qui n'est cependant pas de son ressort. "Je me suis exprimé là-dessus et je trouve que c'est une bonne mesure, mais cela a un coût, ce n'est pas gratuit pour le contribuable. Je comprend que les autorités compétentes prennent cela en considération" a-t-il précisé.

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5 commentaires
  1. Robes Pierre - 16 décembre 2016

    possesseur de 2 véhicules diesel an 2000 avec 136 000 km 1.9 D atmo an 2006 avec 110.000 km 2.0 FAP. bon on ira faire les courses à Vienne. pour ce qui est de l'accès à l'hopital Lyon Cardio on se fera prescrire un VSL payé par la Sécu.

  2. Robes Pierre - 16 décembre 2016

    le chauffage la première source de pollution ,???? mais pas les camions qui cernent Lyon, A43/46/7/6/450/89, pas la torchère de Feyzin,etc .

  3. inesP - 16 décembre 2016

    Les voitures a essence (moteur a explosion) ne font pas de particules contrairement aux moteurs a combustion (diesel). Il faut donc que toutes les voitures essences même anciennes puissent rouler ces jours là. Il faut aussi punir sévèrement les propriétaires de diesels qui court-circuitent leur vanne EGR ou retirent leur filtre a particules 'qui coutent cher a réparer' car ce sont des criminels ! L’État Français ne comprend rien à la pollution. Il confond pollution (particules, NOX...) et gaz a effet de serre (vapeur d'eau, CO2...). Le CO2 est un gaz 'naturel' dans l'atmosphère (dont il ne compose que 0.7% au niveau du sol !). Bref, ces mesures gouvernementales seront plus du pipeau que de vraies solutions.

  4. theoucafe69 - 16 décembre 2016

    Effectivement comportement criminel de certains propriétaire de diesel. Des Dizaines de morts dans l’agglomération Lyonnaise, des centaines de malades et des millions d’euros de dépenses médicale. les autorités qui pourraient faire sont complices.

  5. Robes Pierre - 16 décembre 2016

    InesP;;;voici un expert qui parle !!. Une étude allemande montre que les moteurs essence injection directe polluent et émettent 10 fois plus de particules que les diesels récents. La solution rendre obligatoire le filtre à particules pour l'essence. Diesel ou essence ils polluent tous reste le foutra qui est derrière permet de limiter les particules aux prix de matériel hors budget, pot en titane/céramique, ne vaudrait il pas mieux construire des petits moteurs bien suffisant pour rouler à 130.

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