Les travaux du tunnel du Lyon-Turin au niveau de Saint-Martin-de-la-Porte en Savoie.  ©PHOTOPQR/Maxime JEGAT –

Chantier Lyon-Turin : les opposants dénoncent l'impact des travaux sur les ressources en eau

Dimanche 4 septembre, environ 200 à 300 opposants au projet ferroviaire Lyon-Turin se sont réunis dans la vallée de la Maurienne en Savoie. Le sénateur écologiste du Rhône Thomas Dossus était présent. Interview.

Ce dimanche 4 septembre, c'était la rentrée pour les opposants au projet ferroviaire Lyon-Turin. Environ 200 à 300 personnes se sont réunies sur la commune de Villarodin-Bourget dans la vallée de la Maurienne en Savoie pour dénoncer les atteintes environnementales de l'énorme chantier doté d'un budget estimé à plus de 10 milliards d'euros.

Les travaux de la liaison transfrontalière du Lyon-Turin, un tunnel de 57 km de long qui joint la vallée de la Maurienne à l'Italie en passant sous les sommets des Alpes, ont débuté réellement en 2016. Depuis, 10 km du tunnel de base (sans compter les voies d'accès et les descenderies) ont été creusés en France, alors qu'en Italie le percement du tunnel principal n'a pas encore débuté.

Les opposants au projet dénoncent depuis des années le gaspillage de l'argent public pour la construction d'une ligne à haute vitesse, alors que la ligne de fret actuelle est loin d'être à sa capacité maximale. Les promoteurs du projet défendent à l'inverse le besoin d'une nouvelle ligne pour doper le trafic ferroviaire sur le long terme.

Inquiétude autour de l'impact des travaux sur les captages d'eau

Présent à la manifestation qui s'est tenue à Villarodin-Bourget dimanche, le sénateur écologiste du Rhône Thomas Dossus juge qu'après un essoufflement de la lutte citoyenne contre le projet ces dernières années, un nouveau cycle est enclenché pour les opposants.

"Cela fait 10 ans que je suis le dossier et on est depuis toujours sur le débat : "est-ce que cette infrastructure est utile ?". Mais maintenant on a aussi le problème de l'impact des forages des tunnels de percement sur les ressources en eaux de la vallée, surtout après un été très sec. Les tunnels de percement touchent à des zones de captage que la montagne sera incapable de renouveler chaque année", explique Thomas Dossus.

La commune de Villarodin a ainsi réalisé un nouveau captage plus haut en altitude, alors que les travaux avaient appauvri les ressources en eau de la commune, comme le rapporte France Bleu.

Le promoteur chargé des travaux du tunnel, TELT (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), assure à l'inverse que tout est mis en oeuvre pour la préservation des sources et de la qualité de l'eau, dans les zones concernées par les travaux. "Un travail important est mené par les techniciens pour suivre les eaux souterraines et superficielles", note TELT sur son site internet.

Selon le sénateur, le débat autour de l'atteinte des travaux sur les ressources en eaux de la vallée va connaître un plus grand écho médiatique que la mobilisation contre le projet ferroviaire stricto sensu. "Ce n'est pas naturel pour un écologiste de s'opposer à une infrastructure ferroviaire. Mais quand on commence à dire aux gens que la ligne actuelle est sous-utilisée, ils comprennent souvent mieux notre mobilisation. J'explique aussi que c'est un projet qui ne va pas enlever de camions de la route avant dix ou vingt ans".

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