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Ces trentenaires qui prennent le pouvoir à Lyon

Des pas-de-porte des quartiers branchés au seuil de réseaux plus sages, une nouvelle génération de trentenaires est en train de monter à Lyon. Des entrepreneurs qui revendiquent la qualité de vie plus que l’argent comme idéal. Avec leurs codes novateurs des métiers du design et de la communication digitale, ils développent des concepts hybrides séduisants, mais bien rentables. Une jeunesse mondialisée difficile à étiqueter qui dépoussière sérieusement l’image du chef d’entreprise lyonnais traditionnel et ringardiserait presque celle du start-upper.

La “start-up nation”, c’est eux. Ils ont troqué le scooter pour le vélo ou la trottinette électrique, Facebook pour Instagram, la Croix-Rousse pour la Guillotière, Villeurbanne ou Caluire, et un emploi stable pour bosser en free-lance sur un “projet qui a du sens”. Ces trentenaires ultra cool imposent leurs codes mondialisés et leur sens du business à Lyon. Des échanges “plus humains” mais savamment marketés, jonglant avec les codes d’un environnement finalement très normé. Gentrificateurs, bobos, yuppies, hipsters… À la croisée de ces tendances, ils causent woofing, fooding, cupping, coworking* et incarnent à merveille la France qui va bien vendue par Emmanuel Macron. Le porte-monnaie moins rempli que leur agenda culturel, ils cherchent à faire de l’argent, comme les yuppies des années 1980-1990, mais en libérant leurs énergies créatives, dans le respect de l’humain et de l’environnement. Un journaliste new-yorkais les a baptisés yuccies – pour young urban creatives, “jeunes urbains créatifs”. Sur la scène électro, dans le fooding ou la création digitale, toujours en free-lance, ils veulent hisser Lyon à la hauteur de Barcelone, Berlin ou Lisbonne.
* La traduction des termes les plus fréquemment entendus lors de la préparation de cet article est fournie en bas de cet article.

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