Audrey Henocque

"Ce n’est pas le SUV qui posait problème, c’est le règlement UNESCO", justifie Audrey Hénocque

Audrey Hénocque, la première adjointe à la ville de Lyon aux grands évènements, assure que la Ville était prête à trouver d’autres sites que la place Bellecour qui interdit la présence de voitures.

Bordeaux a été choisi pour accueillir les demi-finales du championnat de France de rugby en 2024 et 2025 au détriment de Lyon. Une décision qui pourrait grandement s’appuyer sur le refus de la Ville de Lyon de laisser s’installer place Bellecour une marque de voitures qui sponsorise l’évènement.

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À Lyon, l’opposition dénonce une posture idéologique contre la voiture et les grands évènements. Audrey Henocque, première adjointe à la ville de Lyon en charge des finances et des grands évènements a accepté, pour Lyon Capitale, de revenir sur la candidature lyonnaise et la position de la municipalité sur la présence d’un SUV place Bellecour.

Lyon Capitale : Pourquoi la ville n’a-t-elle pas poussé la candidature de Lyon quoi qu’il en coûte pour accueillir les demi-finales du championnat de France de rugby en 2024 et 2025 ?

Audrey Hénocque : Nous avons poussé le dossier jusqu’au bout avec la métropole de Lyon, l’OL qui aurait accueilli les matchs au Groupama Stadium et le Lou Rugby. C’était une belle candidature d’équipe. À l’origine, nous souhaitions que le village des partenaires s’établisse au palais des sports de Gerland qui devient une terre de rugby. Les All Blacks installeront leur camp de base à Gerland pour la coupe du monde de rugby 2023. Le palais des sports avait du sens pour nous, mais la Ligue nationale de rugby (LNR) souhaite une place plus prestigieuse. Nous avons accepté de mettre à disposition la place Bellecour. C’est bien la preuve que nous sommes souples. Mais comme la place est classée UNESCO, une règlementation nous impose de ne pas mettre de véhicules dessus. C’est ce point qui a été bloquant, car la LNR voulait y exposer un SUV. Ce qui est décevant, c’est que nous étions prêts à défaut de voiture de mettre des affiches, mais il n’y a pas eu de dialogue avec la LNR qui a choisi Bordeaux lundi dernier sans nous justifier leur décision. C’est un peu court de justifier leur choix à cause d’une voiture. Je comprends ce blocage pour Land Rover mais je demande s’il n’y a pas d’autres éléments qui expliqueraient que Lyon n’ait pas été retenu. Nous travaillons très bien avec les organisateurs de grands évènements sportifs. Nous accueillerons la coupe du monde de rugby 2023, des matchs de football des Jeux olympiques de 2024. Nous travaillons en bonne intelligence avec les organisateurs et leurs mécènes.

Votre décision a-t-elle été dictée politiquement par le fait qu’il s’agissait de la mise en valeur d’une voiture ?

Pour les grands évènements sportifs ou les mécènes culturels, nous appliquons une charte des valeurs et à part Total, pour qui nous avons expliqué que leur politique était trop délibérément climaticide, nous n’avons pas exclu de sponsors. Nous ne sommes pas dans une démarche aussi brutale. Ce n’est pas le SUV qui posait problème, c’est le règlement UNESCO. La LNR proposait d’ailleurs que ce soit une voiture électrique et pas une voiture thermique. La place Bellecour est ce qu’elle est et on ne met pas une voiture en exhibition en plein milieu. Nous avons proposé la place Carnot en remplacement, mais la LNR nous a dit que c’était trop petit pour eux. Nous sommes déçus, car nous aimons le rugby qui est un sport familial et populaire. Si nous étions dans l’idéologie contre les grands évènements, nous n’aurions jamais présenté cette candidature. Il y a d’autres raisons. C’est facile après de réécrire l’histoire. Nous aimons faire la fête, mais en respectant les attentes des citoyens sur l’écoresponsabilité.

Pour vous ,quelles sont les raisons qui ont poussé la LNR à se détourner de Lyon ? La ville n’a-t-elle pas proposé assez d’argent pour accueillir cette manifestation ?

Il y a un manque de transparence sur les critères de décision. Nous n’avons pas toutes les informations. Je pense que cela peut venir de la location du stade entre l’Olympique lyonnais et la LNR. Nous étions d’accord sur le budget à verser à la LNR. Il s’agissait d’une enveloppe inférieure à 100 000 euros, mais qui était justifiée par les milliers de personnes qui seraient venus faire la fête. Nous étions d’accord sur cette participation financière et la mise à disposition d’un village pour les partenaires. Nous avions même accepté le site de Bellecour que voulait la LNR. Ils ont préféré une autre et il faut l’acter.

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