Capdevielle, toujours pas vieux !

L'interprète très dandy de l'inoubliable rock Quand t'es dans le désert se confie à lyoncapitale.fr. Capedevielle en personne répondra à vos commentaires !

Je ne suis pas un papy rocker !
Et je pense que ça se voit, non ? Que ceux qui pensent ça viennent me voir et ils se rendront compte tout seul. Je ne crois pas à la jeunesse éternelle mais, à part physiquement, je ne sais pas ce que c'est de vieillir. Je pense juste que plus ça avance, plus ça devient complexe, plus j'ai des données... Une chose est sûre : je suis plus jeune que des tas de petits mecs de 30 ans !

J'aime pas le mot retour
Je vis des vies, c'est tout. En huit jours, je suis capable de complètement changer. Ce n'est pas toujours facile pour les gens qui m'entourent, certains disparaissent, passent à la trappe et ne comprennent pas. Ce n'est pas très juste pour eux peut-être... Mais sans être un salaud, je dois reconnaître que je suis certainement égoïste. J'essaie quand même de ne pas faire de mal.

Je ne veux pas être récupéré par la vague des années 80 !
Avant que je ne sorte cet album, j'étais snobé par tous les gens de cette génération. Maintenant que ça redécolle pour moi, ils essaient de me contacter, mais il n'y a pas moyen que je sois récupéré. Même à l'époque j'étais un outsider, proche de personne.

Sonner très rock anglais
Le but de mon disque c'était ça. C'est la musique que j'aime. J'écoute Libertines, Raconters, Strokes, Artic Monkys, Kaizer chief... Petit j'ai été biberonné aux Rolling Stones et aux Who, plus qu'aux Beatles. Aujourd'hui ce serait plutôt l'inverse. Des Pink Floyd je ne retiens que "The piper's son at the gate of dawn", de l'époque Syd Barrett. Côté textes, mon influence a toujours été Dylan... Sauf qu'aujourd'hui je suis moins dans le fantasmé, moins dans la métaphore, beaucoup plus direct, parce qu'on a bien identifié les ennemis...

Toutes les drogues rendent con
C'est marrant Stéphane Bern m'a invité pour un débat sur les drogues douces, sur le plateau je lui ai balancé : "Je ne vois pas pourquoi vous m'interrogez sur les drogues douces, alors que depuis l'âge de 12 ans, je n'en ai pris que des dures"...
La plus dangereuse c'est l'héro mais ça n'a a jamais été mon truc. L'acide, c'est vachement bien mais si t'abuses t'es foutu. Un sage indien disait qu'il n'y a rien de mauvais dans le L.S.D. si on n'en prend qu'une fois. Car une fois suffit pour te faire réaliser que le cerveau est disponible et qu'il ne dépend que des substances chimiques que tu mets dedans. L'expérience de la drogue te rend plus ironique, plus distant. Quand je bossais à Actuel, Bizot me disait "t'es comme nous tu t'intéresse à la politique mais en 68 t'as découvert a drogue". Je lui disais "Non, j'étais dans la drogue et le rock avant et en 68 j'ai découvert la politique"

Nous les hippies on s'est bien planté
A un moment j'y croyais vraiment. Je vivais à Ibiza dans une maison au sol en terre battue, sans eau, ni électricité. J'étais heureux, je vivais. Mais sincèrement le mouvement hippie et je m'y inclue, on s'est bien planté.

Esprit libre ou emmerdeur ?
Par moment j'essaie d'être un emmerdeur. J'aime bien provoquer. Quand un copain défend des idées qui me paraissent trop convenues, j'aime prendre le contre pied total, j'aime lui rentrer dans le lard. Je déteste le politiquement correct. Avec un homme de gauche, je vais prétendre que je suis d'extrême droite et vice versa avec un homme de droite. Ce sont des situations qui me plaisent, qui mettent la contradiction en jeu et chacun doit sortir ses tripes. Ça amène les gens à se poser des vraies questions.

Cynique ou fataliste ?
Plutôt hédoniste, épicurien. Je ne crois absolument pas à une vie après la mort, ni à rien de tout ça : Carpe diem ! J'essaie dans ma vie de ne faire du mal à personne et surtout pas à moi. Dans l'ensemble je suis plus un ironique, car le cynisme cache une blessure. Je l'ai été, je ne le suis plus. Je suis cicatrisé. Par exemple, mon fils dans sa chaise roulante, c'est pas le meilleur des trucs mais je vois qu'il vit, qu'il va bien, donc je vis, je vais bien.

(A suivre)
Album : Hérétique 13, (Harmonia Mundi), env. 18 euros.
Site officiel : wwww.jpcapdevielle.com

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