voeu des échevins

Barbarin hué, Collomb absent : un Voeu des échevins inédit à Lyon

C'est sous les huées d'une poignée de militants d'associations pour le respect de la laïcité que le cardinal Barbarin est entré dans la basilique de Fourvière ce samedi 8 septembre.

Le Gotha lyonnais massé sur le parvis de la basilique de Fourvière sous le soleil de septembre. Perpétuelle fresque qui se répète d'année en année. Si certains maires comme Edouard Herriot ou Victor Augagneur refusèrent en leur temps d'y prendre part, la tradition du Voeu des échevins perdure à Lyon.L'histoire dit que c'est en 1643 que les échevins, les élus lyonnais, ont placé la première fois leur ville, alors ravagée par la peste, sous la protection de la Vierge Marie. Quatre siècles plus tard, le cardinal Barbarin bénit encore la ville en présence du maire, Georges Képénékian, de nombreux élus - Denis Broliquier et Richard Brumm pour ne citer qu'eux - du gouverneur militaire et des capitaines d'industrie locaux, comme Alain Mérieux.

Une tradition politico-religieuse qui fait débat

Cette tradition déplaît aux associations de défense de la laïcité, présentes ce samedi devant la basilique. Avec leurs tracts et leurs banderoles, la poignée de militants va au contact des touristes et des personnes venues assister à la messe. Hormis une ou deux petite prises de bec les discussions sont sereines. Elliott Aubin, adjoint à la mairie du 1er arrondissement, est satisfait de voir le chemin parcouru depuis la création de l'association le Poing commun lancée en 2015. Il sait que le maire de Lyon continuera évidemment de venir à Fourvière le 8 septembre, "mais l'idée c'est qu'il sache qu'on est là, et qu'il se montre moins". Il est interrompu par les huées des militants alors que le cardinal Barbarin entre dans la basilique pour y donner la messes, et que les lourdes portes de bois se referment. "C'est plutôt le maire qu'il faudrait huer", glisse l'élu.

Ou est Gérard Collomb ?

Nouveauté toujours pour cette édition 2018, l'absence de Gérard Collomb, qui n'avait jamais raté ce grand moment de "lyonnitude". Même l'an dernier, alors déjà ministre de l'Intérieur et donc des Cultes, il avait fait le déplacement, non sans éveiller les critiques. Pourtant Gérard Collomb est bien à Lyon ce week-end. Il y a reçu le prince héritier du Japon ce vendredi. Or, le programme officiel de la visite du futur souverain nippon ne mentionnait aucune activité en fin d'après-midi. Même Georges Képénékian, qui accompagnait le prince, un peu plus tôt, au musée des Tissus, a pu se libérer. Alors, Collomb a-t-il vraiment renoncé au Voeu des échevins, impressionné par une poignée de militants laïcs ? Il se chuchote surtout que le baron local était occupé ailleurs... A motiver ses troupes en vue de 2020 ? Réponse dans le prochain épisode de House of Collomb ! En attendant mercredi, les plus malicieux noteront que David Kimelfeld, était lui aussi absent.

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1 commentaire
  1. T MC - 9 septembre 2018

    EDIT: Barbarin n'a été hué que par les 2 minettes qui avaient retrouvé leur vieux mégaphone de l'UNEF

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