Attaquée par Gollnisch, l'UEJF riposte

Compte tenu du rassemblement organisé à l'appel de la Fédération Front National Rhône "en réponse au message de mort de la gay-pride " et au vu des précédentes éditions de la Gay-Pride à Lyon, le risque de débordements de la manifestation de cette année était en effet important. Les organisateurs disaient notamment vouloir apporter "leur soutien à la famille française" et promettaient "la présence de Bruno Gollnisch ".

C'est pourquoi, l'UEJF avait tenu à être présent lors de cette gay-pride, afin de faire front devant cette haine véhiculée une fois de plus par l'extrême droite. L'UEJF a d'ailleurs fait remarquer que c'est le nom de M. Bruno Gollnisch qui résonnait une nouvelle fois dans des affaires corruptrices du bien être social.
La réponse de M. Bruno Gollnisch ne s'est pas faite attendre. Celui qui s'est fait condamner pour propos négationnistes se pose tout à coup comme le garant de l'ordre moral en voulant me désavouer dans la fonction que j'occupe au sein de l'Union des Etudiants Juifs de France.

La situation dans laquelle se trouve M. Bruno Gollnisch est, de fait, la parfaite illustration de ce que l'on désigne comme "le comble de l'ironie".

Tout d'abord, celui qui clame constamment la liberté d'expression pour diffuser son négationnisme, se met tout à coup à honorer de sa présence ce rassemblement non pas tant organisé en vue de défendre "la famille française" mais bien pour lutter contre ce mode d'expression qu'est la Gay-Pride. En témoignent d'une part les slogans affichés par les participants de ce rassemblement, et d'autre part ces photos de militants d'extrême droite arrêtés ce samedi 14 Juin par les véritables forces de l'ordre.

Mais l'ironie atteint son paroxysme lorsque M. Bruno Gollnisch se pose, dans son communiqué, en expert de la lutte contre l'antisémitisme, en dénonçant les actions de l'UEJF Lyon comme allant dans le sens inverse.

Les affiches de la Fédération Front National Rhône annonçaient pourtant bien la présence de M. Bruno Gollnisch au rassemblement du 14 Juin 2008, place Antonin Poncet. Mais aucune mention concernant 'les gros bras' rodant autour de la place Bellecour ce samedi. La question qu'il serait nécessaire de se poser, serait de savoir si ce sont ces militants qui avaient demandé et obtenu la présence de M. Bruno Gollnisch à ce rassemblement, ou si, au contraire, c'était ce dernier qui avait fait usage de son talent de persuasion pour convaincre une nouvelle fois des dizaines de jeunes de se rendre, en ce jour, sur les lieux de la Gay-Pride, en vue de faire régner l'ordre, ou plutôt, "son ordre".

Cette question n'est légitime que par l'existence d'antériorités relatives aux affaires de l'université Lyon III.
En effet, le 2 Février 2005, date de reprise des cours de M. Bruno Gollnisch à l'Université Jean Moulin Lyon III, ce dernier était arrivé entouré d'un certain nombre de ses 'gros bras' venus en renfort pour l'occasion. Le but était d'intervenir en cas de problème. Le fin mot de l'histoire est que ces individus furent directement appelés par M. Gollnisch pour effectuer "la police" au sein même de l'Université. Ils ont notamment accueilli des militants de l'UEJF, d'Hippocampe et de l'UNEF en scandant des slogans négationnistes et racistes. Mais ce n'est pas tout, trois étudiants ont été sérieusement blessés par les membres des forces de ce 'nouvel ordre'.

Au delà du fait que l'on puisse dores et déjà dire qu'il est coutumier de voir le nom de M. Bruno Gollnisch associé à ce genre de dérives, il serait judicieux de préciser quel lien existe réellement entre ce dernier et la présence de ces 'gros bras' à l'occasion de ces quelques événements.

Yoann Sportouch, président de l'Union des Etudiants Juifs de France (Lyon)

Droit de réponse envoyé à Lyon Capitale par Pierre Patout et Anne Carpentier :

'Dans l'article Attaqué par Gollnisch, l'UEJF riposte du 25 juin 2008 sur le site internet de Lyon Capitale, vous reproduisez essentiellement un communiqué de M. Yoann Sportouch, président des Etudiants Juifs de France (Lyon). L'article est illustré par une photo sur la laquelle nous figurons, prise le 14 juin dernier lors d'une manifestation contre la gay pride. On peut lire dans cet article que les militants sur la photo auraient été arrêtés par les forces de l'ordre.

Cette affirmation de M. Yoann Sportouch est fausse. Notre manifestation du 14 juin dernier a été autorisée par la Préfecture du Rhône et encadrée par les forces de l'ordre qui peuvent témoigner du bon déroulement. Il n'y a eu aucune expression de violence de notre part, aucun incident et aucune arrestation. Nous nous réservons le droit de porter plainte contre M. Yoann Sportouch.

Pierre Patout & Aimée Carpentier'

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