Affaire Rhônexpress : Perquisition au siège de la société EM2C

EXCLUSIF - D’après nos informations, confirmées par une source policière, le siège de la société d’Yvan Patet, le groupe EM2C, a été perquisitionné mercredi par les enquêteurs de la brigade financière de Lyon. Les policiers cherchent à comprendre les raisons d’une transaction financière révélée par Lyon Capitale dans son numéro du mois de juillet : un chèque de 29 900 euros établi à l’ordre de Yann Gaillard, personnage central de l’affaire Rhônexpress.

Après plusieurs mois de léthargie, le dossier Rhônexpress connaît une agitation certaine depuis quelques semaines. Après une perquisition, début juin, à la CCI de Lyon et au siège de la société qui gère les aéroports de la ville (lire ici), c’est une nouvelle descente de police qu’ont opérés les enquêteurs de la brigade financière hier. D’après nos informations, recoupées par une source policière de haut niveau, c’est le siège du groupe d’Yvan Patet, EM2C, qui a fait l’objet d’une perquisition dans le cadre de l’affaire Rhônexpress.

Abus de bien social et recel

Contacté, le président du LOU nous a indiqué sommairement n’avoir "rien à déclarer". Les enquêteurs cherchent à comprendre les raisons d’une transaction financière matérialisée par un chèque de 29 900 euros entre le groupe EM2C et Yann Gaillard. Révélé par Lyon Capitale dans son dernier numéro de juillet, ce chèque, signé le 29 septembre 2009, est au centre des interrogations de l’enquête qui cherche à déceler si cette transaction ne cache pas un abus de bien social et un recel d’abus de bien social.

Travail de lobbyiste

En effet, Yann Gaillard, un consultant, explique avoir été mandaté par l’ex-président de la CCI de Lyon, Guy Mathiolon, afin de faire un travail de lobbying pour faire modifier le tracé du tram Rhônexpress construit par le conseil général du Rhône. Mathiolon a toujours nié avoir attribué une quelconque mission à Yann Gaillard qui réclame plus de 300 000 euros à la CCI pour ce "travail" en adressant des factures et les coordonnées d’un compte bancaire domicilié à la Bangkok Bank en Thaïlande. Mais, auditionné début juin, Yann Gaillard aurait expliqué aux hommes de la brigade financière que Mathiolon avait bien commencé à le rémunérer pour ce travail à travers… EM2C, le groupe immobilier d’Yvan Patet qui est par ailleurs président du club de rugby de Lyon, le LOU, dont Guy Mathiolon est actionnaire.

Contacté, M. Gaillard nous a expliqué qu’un accord avait été trouvé en septembre 2009 avec M. Mathiolon pour “qu’il me paye ce qu’il me doit”. Yann Gaillard ajoute : “On s’est mis d’accord sur 100 000 euros à régler tout au long de l’année. Comme il ne pouvait pas me payer directement, on s’est arrangés avec la société d’Yvan Patet qui doit de l’argent à Guy Mathiolon. Voilà pourquoi j’ai ce versement de la société d’Yvan Patet.”

D’après les propos de Yann Gaillard, cette transaction aurait été réalisée lors d’un rendez-vous en septembre 2009 dans les locaux de Pokka, une société de Guy Mathiolon, à laquelle participait, outre Mathiolon et Gaillard, Yvan Patet et Gilles Pernatton, un collaborateur de M. Mathiolon. De tous, seul Yann Gaillard se rappelle la tenue de cette réunion. Interrogés, Mathiolon, Patet et Pernatton ont infirmé l’existence d’un tel entretien.

“Prétexte” ?

Yvan Patet justifie ce chèque en évoquant l’apport par Yann Gaillard d’une "affaire" à sa société. Il s’agit d’une maison médicale que devait construire EM2C. Gaillard "a été un porteur d’affaire" justifie M. Patet pour expliquer cette rémunération de 29 900 euros. Gaillard, quant à lui, explique qu’il s’agissait d’un dossier quasi fictif qui n’était qu’un "prétexte" permettant de le payer pour son rôle dans la modification du tracé de Rhônexpress. Guy Mathiolon, pour sa part, explique être totalement étranger à cette transaction entre Gaillard et EM2C et n’avoir jamais demandé à Yvan Patet de payer Yann Gaillard.

La seule chose dont on soit sûr dans cette affaire c’est que Gaillard a bien été payé par EM2C. Reste à déterminer la raison réelle de cette transaction. Vu les versions que s'opposent les uns et les autres, il y a bien l'un des protagonistes de cette affaire qui n'hésite pas à recourir aux mensonges. C'est l'autre certitude de l'affaire Rhônexpress : un dossier empli des effluves du mensonge.

à lire également
Emmanuel Imberton
Si elle dit comprendre “certaines revendications des Gilets jaunes”, la CCI de Lyon a demandé au gouvernement de “rétablir l'ordre et la fluidité des échanges”, alors que certains commerces “ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 50 %, 80 % voire 100 %”.
2 commentaires
  1. Yvan, de Lyon - 7 juillet 2011

    Mensonges et petits arrangements entre 'amis'... Il y en a un là-dedans, qui sait beaucoup de choses de part son poste.C'est effarant pour notre démocratie !Sans la publication de ce chèque par Lyoncap, et la volonté des 'enquêteurs', l’enquête n'aurai pas eu l'évolution actuelle. Je croise les doigts, pour que la vérité des faits traduit en droit, soit établie.Mesdames et Messieurs les 'enquêteurs', pourriez-vous faire aussi un tour du côté du Grand Lyon ? Il y a un an, Lyoncap a publié un excellent article sur des faits présumés de corruption. Pourriez-vous vérifier ?

  2. yplou - 12 juillet 2011

    Pernatton ex DAF de Serfim (Mathiolon), DAF du Lou, conseiller perso d'YP payé par Em2c... Bizarrement Em2c a réalisé le chantier Nouvetra (Mathiolon) avec des litiges de fin de chantier... Faire payer plus pour redistribuer, une bonne pratique!

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux

Nos BD
Faire défiler vers le haut