Affaire Prokhorov : un milliardaire russe en veut à la justice lyonnaise

Mikhail Prohorov a démenti être l'acquéreur de la villa Léopolda construite par le roi des Belges Léopold II, sur les hauteurs de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Le milliardaire russe n'aurait pas digéré sa garde-à-vue dans une affaire de prostitution, l'année dernière à Lyon.

Contrairement à ce qu'annonçait, il y a quelques jours, Nice-Matin et la très grande majorité de la presse mondiale qui reprenait l'info, Mikhail Prokhorov n'est pas l'acheteur de la somptueuse villa Léopolda, sur la Côte d'Azur. D'après lemonde.fr, mardi 19 août, le multi-milliardaire moscovite a démenti avoir signé le chèque, dont le montant de près d'un demi-milliard d'euros - l'équivalent des trois-quarts du budget annuel de la ville de Lyon ! - avait défrayé la chronique. Explication de son porte-parole, Sergueï Tchernitsine : "tant que ses démêlés avec les autorités françaises ne seront pas résolus et tant qu'il n'aura pas obtenu d'excuses de la part de la France, ni Onexim [sa société d'investissements], ni Prokhorov lui-même, n'investiront en France". A Lyon, cette mise-au-point de la 24e fortune mondiale (19,5 milliards $ selon Forbes, soit 13,3 milliards d'euros) a comme un arrière-goût amer.

Témoin assisté dans une affaire de proxénétisme

Mikhail Prokhorov est en effet bien connu de la justice lyonnaise : en janvier 2007, le 'play-boy endurci' - comme le décrit la presse russe - était interpellé avec 25 autres personnes dans plusieurs hôtels 4 étoiles de Courchevel, après la gigantesque fête qu'il avait organisé pour célébrer le Nouvel an russe. Le parquet lyonnais le soupçonnait d'être au coeur d'un vaste système de prostitution. De quoi avoir une sacré gueule de bois. Tout a commencé en février 2005 quand un ressortissant autrichien est arrêté à l'aéroport de Chambéry en possession d'un véritable catalogue d'escort-girls. De quoi alimenter en jolies filles les stations huppées de Savoie. Quelques mois plus tard, une information judiciaire pour "proxénétisme aggravé" est ouverte. L'enquête de la SRPJ de Lyon les menera jusqu'à Mikhail Prokhorov.

Après quatre jours de garde-à-vue en qualité de témoin assisté, le sulfureux homme d'affaire ressort libre, après un incroyable jeu du chat et de la souris avec les dizaines de journalistes couvrant l'événement. A ce jour, l'affaire est toujours en cours. Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, attend toujours une commission rogatoire de la Russie, "pour en savoir un peu plus sur le profil de ces filles" qui "escortaient" Mikhail Prokhorov. Il semble donc que l'oligarque russe de 43 ans n'a pas encore tiré un trait sur son interpellation lyonnaise.

à lire également
Le projet d'autoroute urbaine de l'Anneau des Sciences n'en finit pas de revenir dans les campagnes électorales de la métropole de Lyon. Si Gérard Collomb est l'un des derniers à soutenir le projet dans son tracé vieux de plus de 30 ans, la communication de ses équipes entretient un étrange double discours sur la question de la pollution liée à l'infrastructure.

Les commentaires sont fermés

Faire défiler vers le haut