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@ Robin Favier

SDF : les travailleurs sociaux exigent des places pérennes pour l'hiver

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Le réseau des professionnels de l'urgence sociale, soit une centaine de personnes, a organisé jeudi 2 décembre la tenue d'un rassemblement devant l'Hôtel-Dieu à Lyon. 200 personnes ont répondu présent et réclamé 250 à 350 places d'hébergement pérennes dans le Rhône pour les sans-abri.(Actualisé à 16h20 avec la réponse du préfet à l'Egalité des chances)

Pris de court par la préfecture, le réseau des professionnels de l'urgence sociale du Rhône ne s'est pas démonté hier soir. Et le rassemblement annoncé il y a dix jours s'est tenu malgré l'ouverture entre temps de deux gymnases, Clémenceau et Bellecombe, pour accueillir les sans-abri sans solution.

mais dans tous les cas, les gymnases réquisitionnés par la préfecture les 26 et 30 novembre dernier, après l'annonce du rassemblement et leurs 220 lits de camps ne satisfont pas les travailleurs sociaux. Des places d'accueil d'urgence, liées à la mise en œuvre du niveau 3 du plan grand froid déclenché par le préfet, mais qui ne sont pas pérennes. Ajoutés à cela 26 places supplémentaires au centre Gabriel Rosset débloquées d'urgence et des nuits d'hôtel.

En effet, l'accueil des SDF à Lyon comme partout ailleurs en France est lié à la météo. Avec le redoux annoncé la semaine prochaine, 9 à 12° la journée et 5° la nuit, les gymnases devraient fermer dès lundi et 250 à 350 personnes se retrouver à la rue à nouveau. Reprendra alors le turn over dans les foyers de l'agglomération, les travailleurs sociaux ne pouvant, faute de places, proposer de logements adaptés et pérennes aux sans-abri.

33 personnes ont dormi dehors par -5° jeudi 2 décembre

Une colère des travailleurs sociaux donc hier soir d'autant plus justifiée que, malgré l'ouverture des gymnases gérés par le Foyer Notre-Dame-des-sans-abri (NDSA) et la fondation Armée du salut, 33 personnes sont restées sans solution jeudi 2 décembre à Lyon. Un nombre tiré des relevés du 115 à 17h, selon Baptiste Meneghin, qui travaille pour une équipe mobile à Lyon qui intervient auprès des sans-abri. Plus d'une trentaine de personnes qui avaient pourtant contacté le numéro dédié à l'accueil d'urgence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

La gestion de l'hébergement d'urgence est donc loin de satisfaire cette année encore les professionnels de l'urgence sociale, lassés de remettre les SDF à la rue. D'autant plus depuis trois hivers et le vote de la loi Dalo qui ordonne, théoriquement, qu'aucun SDF ne soit remis à la rue sans solution.

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Un ultimatum lancé au préfet, représentant de l'Etat

C'est donc le cœur lourd que la centaine de travailleurs sociaux du réseau et autant de leurs collègues bénévoles abordent ce nouvel hiver. Ils ont manifesté hier soir. La colère dans la voix, Maud Bigot, jeune travailleuse sociale, a réclamé au micro devant tous ses collègues "deux structures d'hébergement pérennes et adaptées ouvertes à Lyon et un effort tangibles pour la création de formes de logement adapté". Si cela n'est pas fait dans les prochains jours, "nous nous engagerons dans un mouvement de mobilisation d'envergure, dépassant la situation lyonnaise". Elle a été applaudie chaudement.

Le préfet à l'égalité des chances, Francis Vuibert, contacté par nos soins, a répondu que les gymnases resteraient ouverts tous les week-end à Lyon, "en plus des 2700 places déjà disponibles à Lyon". Il a également ajouté que les deux gymnases avaient été réquisitionnés "alors que nous n'étions pas exactement dans les clous du stade 3 du plan grand froid" mais, dit-il, "avec 30 cm de neige dehors, les gens n'auraient pas compris qu'on ne le fasse pas".

Francis Vuibert a poursuivi en expliquant que des nuits d'hôtel étaient proposées, comme l'année dernière, aux sans-solution du 115. "Mais ces nuits d'hôtel ne sont pas extensibles, a-t-il poursuivi. Surtout lorsqu'il y a des salons comme Pollutec à Lyon, certaines chambres sont indisponibles. Et puis, on a mis des demandeurs d'asile à l'hôtel, ce qui limite le nombre de places".

Une nouvelle structure ouverte début décembre

Enfin, le préfet a terminé en expliquant que le problème de l'accueil des SDF ne pouvait pas se résoudre par les mathématiques. Et il a donné un exemple, "la nuit du 30 novembre, 244 personnes ayant appelé le 115 et ont été orientées vers les gymnases. Mais 159 seulement se sont présentées. Ce qui nous fait un delta de 85 places. Parallèlement, 91 personnes ont appelé le 115 auxquelles on a dit 'désolé, on n'a pas de place pour vous'". De la même manière, la nuit dernière, 72 personnes se sont retrouvées sans solution.

Le préfet assure que les sans solution ne dorment pas dehors pour autant. "191 à 289 personnes appellent le 115 tous les jours, dit-il. Parmi elles, il y en a qui vivent chez des amis, chez un membre de leur famille ou dans un squat. Notre préoccupation, c'est de nous assurer que ceux qui n'ont pas de toit ne dorment pas dehors".

Enfin, le préfet a assuré qu'il n'attendrait pas janvier, comme l'année dernière, pour ouvrir une structure pérenne supplémentaire. Début 2010, la clinique Monplaisir avait été mise à disposition des sans-abri. Il a promis d'ouvrir une structure de 100 places début décembre dont il a souhaité taire le nom, "la convention sera signée bientôt" a-t-il terminé.

A écouter par ailleurs le podcast de l'interview de Bernard Husson, président délégué du Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits (CLRD) qui participait jeudi 2 décembre à la manifestation. Interview menée par Marine Badoux.

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3 commentaires
  1. jerome manin - 3 décembre 2010
  2. jerome pamalin - 3 décembre 2010

    Bravo Mr Manin, une fois de plus vous faites preuve de votre méconnaissance en la matière. Une personnalité qui se veut 'homme politique' et qui n'a pour seul programme l'activité incessante de poster des commentaires stupides sur tous les sites internet des journaux lyonnais. Je dis bravo et je vous souhaite un franc succès dans vos futures campagnes politico-politiciennes. Manin président !

  3. Battling - 4 décembre 2010

    La réorientation des financements supposerait que l'on ne se préoccupe de la misère et de la détresse sur le long termes. Sur Lyon, comme ailleurs, on préfère l'événementiel à la gloire des biens portants que s'occuper des plus faibles.Qu'il s'agisse des SDF, des Roms, des prostitués ou des migrants on ne peut qu'observer le double discours. On se lamente sur ces pauvres ères tout en agissant continuellement pour les bouter hors des villes - Gauche et Droite main dans la main avec le préfet. Triste France où le politique a démissionné sans le dire, en simulant l'humanisme à porté de micros et de journalistes.

  4. Yvan, de Lyon - 4 décembre 2010

    J'ai fait un rêve. Un rêve où les élu(e)s qui, dépensent massivement de l'argent public pour soutenir des sociétés privées, se retrouvent sans toit. Je fais un vœux. Que mes concitoyens, retournent massivement dans les urnes, pour que mon rêve se réalise.

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SDF : les travailleurs sociaux exigent des places pérennes pour l'hiver

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Le réseau des professionnels de l'urgence sociale, soit une centaine de personnes, a organisé jeudi 2 décembre la tenue d'un rassemblement devant l'Hôtel-Dieu à Lyon. 200 personnes ont répondu présent et réclamé 250 à 350 places d'hébergement pérennes dans le Rhône pour les sans-abri.

Pris de court par la préfecture, le réseau des professionnels de l'urgence sociale du Rhône ne s'est pas démonté hier soir. Et le rassemblement annoncé il y a dix jours s'est tenu malgré l'ouverture entre temps de deux gymnases, Clémenceau et Bellecombe, pour accueillir les sans-abri sans solution.

mais dans tous les cas, les gymnases réquisitionnés par la préfecture les 26 et 30 novembre dernier, après l'annonce du rassemblement et leurs 370 lits de camps ne satisfont pas les travailleurs sociaux. Des places d'accueil d'urgence, liées à la mise en oeuvre du niveau 3 du plan grand froid par le préfet, mais qui ne sont pas pérennes.

En effet, l'accueil des SDF à Lyon comme partout ailleurs en France est lié à la météo. Avec le redoux annoncé la semaine prochaine, 9 à 12° la journée et 5° la nuit, les gymnases devraient fermer dès lundi et 250 à 350 personnes se retrouver à la rue à nouveau. Reprendra alors le turn over dans les foyers de l'agglomération, les travailleurs sociaux ne pouvant, faute de places, proposer de logement adapté et pérenne aux sans-abri.

33 personnes ont dormi dehors par -5° jeudi 2 décembre

Une colère des travailleurs sociaux d'autant plus justifiée que, malgré l'ouverture des gymnases gérés par le Foyer Notre-Dame-des-sans-abri (NDSA) et la fondation Armée du salut, 33 personnes sont restées sans solution jeudi 2 décembre à Lyon. Un nombre tiré des relevés du 115 à 17h, selon Baptiste Meneghin, qui travaille pour une équipe mobile à Lyon qui intervient auprès des sans-abri. Plus d'une trentaine de personnes qui avaient pourtant contacté le numéro dédié à l'accueil d'urgence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

La gestion de l'hébergement d'urgence est donc loin de satisfaire cette année encore les professionnels de l'urgence sociale, lassés de remettre les SDF à la rue. D'autant plus depuis trois hiver et le vote de la loi Dalo qui ordonne, théoriquement, qu'aucun SDF ne soit remis à la rue sans solution.

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Un ultimatum lancé au préfet, représentant de l'Etat

C'est donc le cœur lourd que la centaine de travailleurs sociaux du réseau et autant de leurs collègues bénévoles ont manifesté hier soir. La colère dans la voix, Maud Bigot, jeune travailleuse sociale, a réclamé au micro devant tous ses collègues "deux structures d'hébergement pérennes et adaptées ouvertes à Lyon et un effort tangibles pour la création de formes de logement adapté". Si cela n'est pas fait dans les prochains jours, "nous nous engagerons dans un mouvement de mobilisation d'envergure, dépassant la situation lyonnaise". Elle a été applaudi chaudement.

A écouter, l'interview radio de Bernard Husson, président délégué du Conseil Lyonnais pour le Respect des Droits (CLRD) qui participait jeudi soir à la manifestation. Interview menée par Marine Badoux.

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