Rhône : le Secours Populaire agit pour l’accès à la santé

Selon un sondage Ipsos-Secours populaire français paru mardi 6 septembre, les Français estiment que les inégalités en matière d’accès à la santé des Français se sont creusées. Une tendance que la fédération rhodanienne du Secours populaire avait anticipée en mettant en place au printemps dernier un Relais Santé.

"Le travail n’apporte plus forcément la garantie d’une autonomie financière : certains salariés ne sont plus à l’abri des privations et peinent à se soigner." Les chiffres du sondage annuel du Secours populaire français sont parus mardi 6 septembre et une nette tendance se dégage : celle de la difficulté d’accès aux soins des Français. La fédération rhodanienne du Secours populaire a décidé d’ouvrir au printemps dernier son propre Relais Santé, qui existait déjà au niveau national.

1 Français sur 3 rencontre des difficultés d’accès à la santé

"Nous avons mis en place ce Relais Santé car, au Secours populaire, nous essayons d’aider les gens dans leur globalité et que la santé en fait grandement partie", explique avec engouement Isabelle Martinelli, la coordinatrice du secteur Pauvreté/Précarité.

Selon le baromètre Ipsos-Secours populaire 2016, 68 % des Français jugent que les inégalités en matière de santé se sont aggravées. Pourtant, la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé le 6 septembre que le reste à charge des patients a continué de baisser pour la quatrième année consécutive. En tout cas, un Français sur trois rencontre toujours des difficultés au moment de “payer des actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale”. C’est le troisième poste de dépense qui pose le plus de difficultés aux Français, après les vacances et l’accès à la culture.

Renoncer à se soigner

Pour Amandine Lama, directrice d’études chez Ipsos Public Affairs, ce sont "les difficultés financières [qui] poussent une partie significative de la population, et surtout de foyers modestes, à retarder des soins ou à y renoncer totalement". Certains praticiens pratiquent le dépassement d’honoraires, surcoût rarement remboursé par les mutuelles. En novembre 2015, Le Figaro a révélé qu’à Paris près d’un dentiste sur deux facture un dépassement, de 27 € en moyenne.

La consultation chez le dentiste est ainsi l’acte médical auquel les personnes modestes, c'est-à-dire au revenu mensuel inférieur à 1 200 euros, renoncent le plus. Selon le sondage Ipsos-Secours populaire, ce sont 50 % des foyers modestes qui ont retardé ou renoncé à leurs soins dentaires. Vient ensuite l’achat de lunettes ou de lentilles de contact : 42 % des personnes les plus modestes ont retardé ou renoncé à cet équipement.

La pauvreté silencieuse

Ces difficultés d’accès aux soins, les bénévoles du Secours populaire du Rhône les ont rapidement appréhendées en écoutant les plus démunis : "Ce qui me frappe, c’est qu’ici on touche du doigt une pauvreté silencieuse. On a des gens qui ont des soucis de santé qui ne sont pas graves pour un Français moyen mais qui prennent de l’ampleur pour ces personnes modestes", estime à travers ses lunettes Françoise Lorca, une animatrice bénévole du Relais Santé, qui a occupé des postes de direction dans des hôpitaux.

Brigitte acquiesce : "Le Relais Santé est important : on est trop dans nos problèmes et on ne peut pas prendre de recul dessus. La santé passe après le loyer, la nourriture, et très rapidement les petits bobos en deviennent de gros.” Cette femme brune et frêle a “atterri ici un jour où [elle était] vraiment au bout du rouleau". Sa famille n’est pas au courant qu’elle est atteinte de plusieurs maladies car "cela ne sert à rien, vu que je ne peux pas me soigner", se désole-t-elle.

Un Relais pour “orienter les gens, les accompagner dans leurs démarches de santé”

Le Relais Santé du Rhône est organisé et animé par cinq bénévoles, compétents en matière de santé : un médecin, une sage-femme, une manipulatrice radio, une infirmière et une ancienne directrice d’hôpital. "Le but de ce relais, c’est d’orienter les gens, de les accompagner dans leurs démarches de santé. Mais on ne fait pas de soins, ce n’est pas de notre ressort de pratiquer la profession", explique Véronique Grégoire, la responsable du Relais.

Une fois par semaine, une permanence se tient dans les locaux lyonnais de la fédération du Rhône, dans le quartier Jean-Macé. Pour plus de confidentialité, les individus sont reçus dans une petite salle. Sur les vitres opaques, on aperçoit les ailes bleu et rouge du Secours populaire. À l’intérieur, ils sont accueillis autour d’une table ronde en bois, autour de laquelle ils seront écoutés et conseillés.

Un besoin de bénévoles compétents en matière de santé

Un ordinateur, un téléphone, une imprimante sont également disponibles dans la petite salle. "On fait aussi de la médiation, explique Françoise Lorca. Les personnes qui viennent nous voir sont tellement en difficulté que simplement téléphoner à un conseiller ou se rendre à leur Sécurité sociale est très compliqué pour eux. Ils sont perdus, ne parlent pas forcément très bien français." Les bénévoles du Relais Santé interviennent alors pour faciliter à ces personnes la prise de rendez-vous, les démarches administratives...

Depuis l’ouverture du Relais Santé, 170 entretiens ont été réalisés. "Lorsqu’on voit le travail réalisé, on est persuadés du bénéfice de notre action", se réjouit Véronique Grégoire. Et il y a encore beaucoup à faire, selon ces volontaires du Relais Santé. Un appel à bénévoles ayant des compétences dans le domaine de la santé a été lancé.

Si vous avez besoin d’aide ou pour devenir bénévole : 04 72 77 87 77 ou contact@spf69.org
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