Pôle d’excellence rurale à Tarare : bière, compost et champs de légumes verticaux

Les intercommunalités d'Amplepuis et de Tarare se sont vus décerner le label "pôle d'excellence rurale". Des sortes de pôles de compétitivité des champs. Avec un projet novateur, mêlant les savoir-faire du Ninkasi et Canevaflor, PME spécialisée dans les murs végétaux. Explications.

Les communautés de communes d’Amplepuis-Thizy et celle du pays de Tarare se sont vu attribuer le label “pôle d’excellence rurale”. Tarare désire mettre en place un cycle de production agro-industriel 100 % naturel formant une chaine végétale. Il est prévu de cultiver de l’orge, de le transformer en malt pour en faire de la bière, puis de récupérer les déchets pour en faire du compost qui, à son tour, servirait aux cultures. La boucle est ainsi bouclée.

Michel Mercier, ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, ancien maire de Thizy et actuellement 1er adjoint et le ministre de l’alimentation et de l’agriculture, Bruno Lemaire, viennent en effet de retenir ces deux projets rhodaniens, suite à l’examen de 201 candidatures. Les 115 projets retenus à l’échelle nationale devraient recevoir des subventions allant de 350 000 à 1,5 million euros.

Le Ninkasi multiplierait par quatre sa production de bière

Ainsi, à Tarare une initiative novatrice est à l’ordre du jour. Le projet intitulé “écologie industrielle” prévoit la mise en place d’un processus agro-industriel allant de la production de malt et de houblon, à la récupération des déchets pour une valorisation par lombricompostage (compostage réalisé grâce à des vers de terre) et par méthanisation (processus complexe de compostage en l’absence d’oxygène), en passant par l’ouverture d’une brasserie et d’un maraîchage biologique vertical.

Le Ninkasi prendrait ses quartiers dans la commune pour y installer une brasserie ainsi qu’un bar restaurant et une salle de spectacle. Le Ninkasi conditionne néanmoins sa venue à l’obtention de ces subventions. “Le projet est très coûteux car il nécessite la rénovation d’une ancienne fabrique de peinture” nous a déclaré un responsable du Ninkasi. Le projet permettrait de quadrupler la production de bière pour le moment installée à Gerland pour atteindre 18 000 hectolitres par an.

Des champs verticaux

D’autre part, l’entreprise lyonnaise Canevaflor, spécialisée dans les murs végétalisés se chargerait de l’installation du maraîchage vertical. Cette innovation pourrait également, à terme, permettre à chaque citadin d’avoir un potager sur son balcon. Ce serait également l’occasion pour l’entreprise de faire “réapparaître des légumes qui ont déserté nos assiettes à destination des grands chefs de la région” espère le PDG de Canevaflor, Pascal Peleszezak.

Par ailleurs, Canevaflor se chargerait de la transformation de l’orge en malte et de l’unité de lombricompostage. Canevaflor s’implanterait quoiqu’il en soit à Tarare. A la clé, une vingtaine d’emplois créés selon Pascal Peleszezak. Le Ninkasi prévoit quant-à lui au moins 3 embauches. Verdict en septembre pour des travaux qui débuteraient en 2011.

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3 commentaires
  1. guidoline - 16 juillet 2010

    Une précision : le lombricompostage ne se fait pas avec des vers de terre mais des vers de terreaux (ou vers de compost).Sinon, malt sans e final et Rhodaniens sans accent circonflexe :o)

  2. anne - 16 juillet 2010

    @guidoline: erreur, vers de terre. cordialement.

  3. guidoline - 17 juillet 2010

    @ anne : En fait, c'est le terme de lombricompostage qui crée la confusion. On pense qu'on utilise des lombrics, donc des vers de terre. Mais en fait, ce sont des vers de fumier ou de compost type eisenia fetida ou eisenia andrei. C'est pour cela qu'il vaut mieux utiliser le terme de vermicompostage. Mettez des vers de terre dans votre compostière et vous verrez que cela ne fonctionne pas. Ils ont besoin de vivre dans la terre, en profondeur, ce sont des laboureurs :o)

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