Réfugiés Yézidis
Anadolu Agency

L’ONU s’alarme d’un génocide en Irak

L’Organisation des nations unies plaide pour une adhésion de l’Irak aux statuts de la Cour pénale internationale (CPI). Ivan Simonovic, le secrétaire général adjoint aux droits de l'homme, accuse l’État islamique de crimes contre l’humanité et de génocide et réclame la mise en place d’un tribunal ad hoc pour l’Irak, sur le modèle des tribunaux spéciaux pour le Rwanda et le Liban.

Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux droits de l'homme, M. Ivan Simonovic, a achevé dimanche une visite d'une semaine en Irak. M. Simonovic a ainsi pu rencontrer plusieurs victimes d'exactions perpétrées par l'Etat islamique et s'est dit "extrêmement préoccupé par les conséquences dramatiques sur les droits de l'homme" des actions de l'Etat islamique en Irak et de ses groupes armés.

Crimes contre l’humanité

Les Nations unies font valoir que l'Etat islamique s'est rendu coupable, "dans certains cas", de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide, notamment à l'égard des Yézidis.

Cette communauté kurdophone est l'une des cibles de l'Etat islamique en raison de sa religion et de ses croyances enrichies à la fois par la Bible et le Coran. Ni musulmans ni chrétiens, les Yézidis sont persécutés par l'Etat islamique en raison de ce syncrétisme religieux qui les fait apparaître comme des adorateurs du diable.

Depuis la prise le 3 août dernier de leur bastion (Sinjar, dans le nord de l'Irak), 40 000 Yézidis ont dû fuir, sans eau ni nourriture, vers les montagnes écrasées par la chaleur. Ils seraient entre 100 000 et 600 000 en Irak.

Parmi d'innombrables victimes, le secrétaire général adjoint des Nations unies a rencontré une fillette de 12 ans qui fut esclave sexuelle, un père qui a perdu ses quatre fils qui refusaient de se convertir à l'islam et un petit garçon qui a échappé à un crime de masse.

Tribunal spécial

M. Simonovic exhorte l'Irak à adhérer aux statuts de la Cour pénale internationale (CPI) et plaide pour la création d'un tribunal spécial pour juger les crimes contre l'humanité et les génocides perpétrés par l'Etat islamique.

M. Simonovic appelle également l'Irak et le Kurdistan à engager des modifications législatives permettant de traduire devant les justices irakienne et kurde les auteurs de crime contre l'humanité, de crime de guerre et de génocide.

"Ce serait un message clair de l'engagement de traduire les auteurs de ces crimes devant la justice, indépendamment de qui ils sont, de leur origine ethnique, de leur appartenance religieuse ou politique", a déclaré le secrétaire général adjoint des Nations unies aux droits de l'homme dans un communiqué.

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