Manifestation 1er mai 2017
©Mathilde Régis

1er mai : pourquoi est-ce férié ?

Si la date du 1er mai est un jour important, presque sacré en France, son origine arrive tout droit des Etats-Unis au XIXe siècle.

La fête du travail en France ne trouve pas son point de départ dans l'Hexagone mais aux Etats-Unis, lors de la lutte ouvrière américaine de 1884. Pour lutter et revendiquer leurs droits dont la journée de huit heures, les syndicats décident de choisir la date du 1er mai pour entamer une grève. Un moment qui n'a pas été choisi au hasard puisqu'il s'agissait du premier jour de l'année comptable des entreprises.

En 1886, ce sont plus de 350 000 ouvriers qui commencent une grève le 1er mai et qui paralysent les usines américaines. S'ils obtiennent finalement la journée de 8 heures, ce ne sera pas sans en payer le prix fort. Les manifestations des jours suivants feront plusieurs morts, tués notamment par des policiers venus charger la foule.

1889, le 1er mai arrive en France

Trois ans après la difficile victoire des ouvriers américains, l'organisation politique de l'Internationale socialiste en France reprend l'idée d'un 1er mai chômé et donc d'une "journée internationale des travailleurs". Le mouvement est le même qu'aux Etats-Unis, avec une volonté de faire entendre des revendications et notamment la journée de huit heures.

Le mouvement prend de l'ampleur et commence à s'imposer dans toute la France dès 1890. Des manifestations s'organisent mais sont fortement réprimées. Les patrons menacent de licencier les grévistes et un important maintien de l'ordre est mis en place. En manque de forces spécialisées, l'Etat fait appel à l'armée.

En 1891, dans la ville de Fourmies, dans le nord de la France, proche de la frontière belge, alors que des centaines de manifestants réclament la libération de plusieurs grévistes arrêtés par les forces de l'ordre, l'armée ira jusqu'à tirer sur la foule, faisant 9 morts et des dizaines de blessés.

Le régime de Vichy

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, le Maréchal Pétain va utiliser cette date comme instrument politique du régime de Vichy et décréter le 1er mai comme "fête du travail et de la concorde sociale". Une journée chômée mais payée. A la libération, la journée disparaitra avant de refaire son apparition le 26 avril 1946 et être officiellement reconduite en 1948.

Laisser un commentaire

Faire défiler vers le haut