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Collomb, Braillard : Philippe Meirieu hausse le ton

Le candidat officiel PS-EELV dans la 1ere circonscription du Rhône est décidé de répondre coup pour coup aux attaques de Gérard Collomb - dont les déclarations "oscillent entre mensonge et ignorance" - et de Thierry Braillard qu'il n'a "pas eu l'occasion d'entendre sur l'emploi, l'éducation, l'agriculture ou l'énergie". "Je me suis un peu envolé", sourira-t-il à la fin de la conférence de presse de ce mercredi. Nathalie Perrin-Gilbert "au nom du PS" a expliqué pourquoi une procédure judiciaire a été lancée contre l'adjoint aux sports.

Le catho de gauche est-il las de tendre l'autre joue ? Rompu aux attaques de Gérard Collomb, Philippe Meirieu avait pour ligne de conduite de ne pas répondre. Pour préserver les reports de voix au second tour. Pour ne pas conduire à une rupture irrémédiable entre le maire de Lyon et lui s'il était élu député. Mais trop c'est trop. L'heure est à la contre-attaque.

Une tribune dans Le Monde

Dans une tribune signée dans Le Monde ce mercredi, il dénonce "une campagne de dénigrement". "les sections socialistes locales sont sommées de suivre ; les membres de mon comité de soutien subissent des menaces ; la ministre des droits des femmes, porte-parole du gouvernement, apparaît, elle, comme un soutien officiel du candidat "dissident" sur la circulaire remise aux électeurs", écrit-il. Ce mercredi soir, le vice-président du conseil régional a enfoncé le clou lors d'une conférence de presse. Il a donné dans la prétérition, définie comme le fait de parler de quelque chose après avoir annoncé que ne pas vouloir en parler. Il veut passer à autre chose, dit-il. Et pourtant, il fut surtout question de cette guerre à mort que se livrent les deux candidats de gauche. Par l'intensité de la voix - à la limite de la colère ou de l'harangue - par son propos offensif et politique, il a accompli une mue. "Je me suis un peu envolé", sourira-t-il à la fin de la conférence de presse. Il nous a surtout donné l'impression de cesser de léviter pour entrer de plain-pied dans cette campagne et ne plus refuser le combat.

Ce mercredi, il n'épargne plus son challenger radical, indiquant par exemple ne pas connaître leurs différences programmatiques puisque n'ayant "pas eu l'occasion d'entendre Thierry Braillard sur l'emploi, l'éducation, l'agriculture ou l'énergie". Il répond aussi à l'attaque dont il fait l'objet sur sa méconnaissance du terrain. "Il y a 35 ans, je donnais des cours d'alphabétisation à des réfugiés chiliens au centre Pierre Valdo quand Braillard n'était pas né en politique", cogne-t-il.

"Mensonge et ignorance" de Collomb

Gilda Hobert, suppléante de Thierry Braillard

La semaine dernière, Philippe Meirieu a envoyé un huissier à la rencontre de son concurrent radical pour utilisations abusives de slogans et de logos. Il a aussi obtenu mardi l'exclusion de sa suppléante Gilda Hobert du PS (photo ci-contre), ainsi que la suspension de deux écologistes coupables de soutiens plus ou moins explicites à Braillard : Alain Giordano, le maire du 9e, et Françoise Rivoire, adjointe au maire de Lyon.

"Nous avons tenté de clarifier les choses pour éliminer la confusion", avance ce mercredi le candidat officiel du PS. Mais il laisse à sa suppléante la tâche d'expliquer les procédures en cours. "Je parle au nom du PS et de la direction nationale du parti socialiste", entame Nathalie Perrin-Gilbert, solennelle. Et d'expliquer, comme nous l'annoncions ce mercredi, qu'une requête devant le tribunal avait été lancée, selon la procédure du référé d'heure à heure. "C'est un problème de propriété intellectuelle du parti et de slogans déposés à l'INPI. Ils appartiennent au PS et ne peuvent pas être utilisés par un autre candidat", développe-t-elle.

Philippe Meirieu reprend ensuite la parole. Il raconte avoir adressé un courrier aux militants socialistes. Il s'en prend à Gérard Collomb, dont les déclarations "oscillent entre mensonge et ignorance". Le vice-président au conseil régional se défend de s'opposer à la Région aux projets lyonnais - comme le prétend Collomb -, soulignant ses votes favorables en faveur de l'Institut d'art contemporain, de l'institut Lumière, du Pôle d'excellence de recherche en cancérologie ou encore du Ludopôle à Confluence. "Nous refusons cette conception du politique qui ramène toutes les élections à une vision souvent clientéliste de l'action publique en l'enfermant dans des politiques localistes", fouaille-t-il

Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement

Pourquoi il n'a pas voté les subventions à l'Opéra de Lyon

Meirieu assume cependant s'être opposé à une subvention à l'Opéra de Lyon dont le budget (38 millions d'euros) correspond à la totalité du budget culture de la Région. Il invoque "l'égalité des territoires", et souhaite que "les métropoles cessent de siphonner les financements publics". Nathalie Perrin-Gilbert revient aussi sur ses différents avec le maire de Lyon, expliquant qu'en tant que présidente de la commission des finances de la communauté urbaine, elle avait posé des questions sur le montant des subventions accordées à la fondation Jacques Cartier (aujourd'hui pointée du doigt dans l'affaire des notes de frais) et à l'OL pour les actions du club dans les quartiers. Questions qui ont conduit, selon elle, à son éviction.

Philippe Meirieu réagit à la missive que lui a envoyé Bruno Charles, vice-président au Grand Lyon (voir ci-dessous). Celle-ci fait suite à une demande de Meirieu d'intégrer son comité de soutien. Et comme Buna, Giordano et Rivoire, Bruno Charles a éconduit le pédagogue. "Ta candidature est pour moi emblématique de la dérive d'un parti où, pour être élu, il vaut mieux être courtisan à Paris plutôt que travailler le terrain (…) Mon sentiment est que tu ne sers pas Europe Ecologie les Verts, tu t'en sers", assène-t-il. Avant de s'en prendre à l'âge du candidat : "Tu seras lors de la prochaine mandature un 'soixante-huitard' comme le dit Dany (Cohn-Bendit, Ndlr). J'ose espérer qu'à ce moment-là, tu ne participeras pas à la gérontocratisation de la politique". Philippe Meirieu voit dans ses mots nombre "d'indélicatesses et de mensonges".

reponse à Philippe Meirieu ()

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