Roland Stevenot, producteur avec Argaya du Cinéma du Vieux-Lyon Festival du film européen 2026, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Du 20 au 24 juillet, la cour du Palais Saint-Jean accueille la deuxième édition du "Cinéma du Vieux-Lyon Festival du film européen" 2026. L'événement, en plein air et gratuit, met cette année Olivier Marchal à l'honneur en tant que parrain.
Un fil rouge autour des marges
La programmation s'organise autour des marges de la société, en écho au film Les Lyonnais, qui ouvre le festival le 20 juillet. Roland Stevenot raconte avoir construit cette ligne directrice après ses échanges avec Edmond Vidal, qui lui confiait avoir basculé dans le grand banditisme après un séjour en prison pour un vol de cerises : "Il me disait : je suis entré dans un milieu qui n'était pas le mien." Suivent ensuite Chat noir, chat blanc d'Emir Kusturica, La Plus Précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius et The Other Side of Hope d'Aki Kaurismäki, avant une clôture avec Good Morning England. Pour le producteur, ce sont des œuvres sur des "sociétés qui sont en marge, mais qui sont remplies d'humanité, qui débordent d'humanité".
Une master class avec Olivier Marchal
Au-delà des projections, le réalisateur du film Les Lyonnais, Olivier Marchal, participera à une master class le 20 juillet, entre 15h et 15h30, au Musée Cinéma et Miniature, en compagnie de Julien Dumont et de Roland Stevenot. Chaque soirée débutera dès 19h avec une buvette, sans réservation, avant la projection à 21h30. Le producteur insiste sur l'esprit collectif de cette deuxième édition : "On crée quelque chose de chaleureux, plein de passion, plein de rire, plein de sourires, plein de conversation."
Plus de détails dans la vidéo :
Sur le même sujet : Festival Lumière : le village Cinéma déménage à l'Hôtel Dieu
Lire aussi : On a testé : le Musée Cinéma et Miniature, un univers hors du commun
La retranscritption complète de l'émission :
Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, on va parler de culture, on va parler de cinéma, puisque nous recevons Roland Stevenot, qui est producteur avec Argaya du festival du film européen, le festival du cinéma du Vieux-Lyon. C’est la deuxième édition, qui se tient cet été, du 20 au 24 juillet. C’est en plein air, c’est gratuit, c’est dans la cour du Palais Saint-Jean, en plein cœur du Vieux-Lyon.
Bonjour Roland Stevenot. Merci d’être venu sur notre plateau. On va rentrer un peu dans le vif du sujet d’abord : est-ce que vous pouvez nous présenter dans les grandes lignes votre festival ? Qu’est-ce qui le caractérise ?
Ce qui le caractérise, c’est que Bertrand Tavernier a tourné son premier film dans le Vieux-Lyon. Il a été cofondateur de l’Institut Lumière, avec Thierry Frémaux, cofondateur du festival Lumière. Et étonnamment, le cinéma n’existe pas dans le 5ᵉ arrondissement, dans le Vieux-Lyon. Et comme moi, j’habite dans le Vieux-Lyon, je me suis senti un tout petit peu légitime, comme je travaille aussi dans le cinéma, à vouloir construire ce projet pour faire en sorte que ce soit la culture qui existe, et pas seulement le tourisme, et pour faire en sorte que les gens se rencontrent et vivent un grand moment d’émotion avec le cinéma.
Et dans un lieu assez unique. Avant de parler de la programmation, cette édition, cette deuxième édition, puisque c’est la deuxième édition de votre festival, est marquée, colorée, par un parrain d’honneur. On peut l’annoncer déjà : Olivier Marchal. Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot ?
Olivier Marchal, c’est très simple : il m’a téléphoné. J’ai travaillé sur Les Lyonnais, le premier film qui va être présenté. Pendant trois ou quatre mois, j’étais avec Olivier Marchal, Gérard Lanvin, toute une fabuleuse équipe, et nous avons vraiment vécu un moment intense, mais extrêmement fort. Nous avons beaucoup tourné sur Lyon, et là, je me suis dit : deuxième édition, Olivier Marchal, avec des scènes qu’on a tournées dans le Vieux-Lyon, c’est aussi mettre en avant le 80ᵉ anniversaire de la Renaissance du Vieux-Lyon. Nous sommes pleinement engagés pour tout cela, et je me sentais plus que légitime à lui poser la question. Il m’a appelé, il m’a dit : oui, je serai là, et je serai parrain de cette seconde édition.
Et vous créez un événement ? Les Lyonnais et les habitants du Vieux-Lyon, voire plus loin, pourront aussi le rencontrer ?
Alors, avec Julien Dumont, du Musée Cinéma et Miniature, qui est un partenaire depuis la première édition, nous continuons tout le temps, nous sommes quand même dans les mêmes métiers. Je lui ai proposé l’idée, il est complètement d’accord : nous allons monter une petite master class, une conférence avec Olivier Marchal, dont les horaires seront précisés, entre 15h et 15h30, le 20 juillet. Tout se déroulera au Musée Cinéma et Miniature, avec Julien Dumont et moi-même.
C’est quand même une opportunité assez unique pour tous les amoureux du cinéma policier, des thrillers. En tout cas, Olivier Marchal est le grand réalisateur français des films policiers, on peut le dire, je pense. Est-ce que vous pouvez aussi nous présenter votre programmation ? Je l’ai dit, ce sont des soirées cinéma en plein air, à partir de 20h ?
Alors, nous commençons à 19h. Nous ouvrons la buvette, parce qu’il faut que ce soit quand même festif, donc de 19h jusqu’à 21h30.
Il faut venir assez tôt, parce que c’est sans réservation, donc c’est premier arrivé, premier servi.
C’est clair, c’est clair, servi à tous les niveaux.
Qu’est-ce qu’on va pouvoir regarder lors de votre festival ?
Alors là, il y a un fil rouge, parce que je suis parti du film Les Lyonnais. Un fil rouge sur les marges, puisque j’étais avec Edmond Vidal pendant quelque temps. Il me racontait que, pour une cagette de cerises, il s’est retrouvé en prison avec Suttel pendant huit mois, parce que c’était agité. C’est là qu’il a vraiment rencontré le milieu au départ : il n’était pas prédestiné du tout à cela. Il me disait : je suis entré dans un milieu qui n’était pas le mien. Et par rapport à tout cela, ce fil rouge des marges, parce qu’ils ont vécu en marge, j’ai construit tout un fil avec des sociétés qui sont en marge, mais qui sont remplies d’humanité, qui débordent d’humanité. Et c’est pour cette raison qu’en second film, le 21 juillet, nous aurons Emir Kusturica avec Chat noir, chat blanc. Alors là, c’est vraiment formidable. Le troisième film, de Michel Hazanavicius, c’est La Plus Précieuse des marchandises, qui est vraiment magnifique. Ils ont mis cinq ans pour le faire, c’est vraiment une très belle histoire, qui est sortie en 2024.
Le quatrième film, aussi merveilleux, finlandais, puisque nous sommes quand même sur un festival du film européen : Aki Kaurismäki, The Other Side of Hope. C’est vraiment l’histoire entre quelqu’un qui vit dans l’invisibilité de son quotidien, et un migrant qui arrive et qui veut s’intégrer. Ils vont s’entrechoquer, mais ils vont s’élever l’un l’autre. C’est aussi formidable, ce n’est pas caricatural, c’est très, très beau, très joli. Et le cinquième film, les marges avec le rock’n’roll, sur la première radio, qui était Good Morning England, en dehors de la culture anglaise : c’est vraiment cela, avec la pop culture, et tout ce mouvement d’après-guerre où les jeunes vivent autrement. C’est vraiment un fil rouge du début à la fin, qui sera intense.
Tout à fait, avec beaucoup de coups, des ambiances et des messages très bigarrés et très différents.
Très bigarrés. Et puis, chaque soir, des surprises, comme nous l’avons fait l’année passée, puisqu’il y a des musiciens qui vont venir jouer chaque soir avant, etc. Il y aura une maîtresse de cérémonie, Nicole Mouton, qui est comédienne et chanteuse, et qui va mener la danse dans tout cela. Il y aura aussi une marionnettiste qui va accueillir le public. Ce sont tous des gens professionnels qui se mettent bénévolement au cœur de ce projet, pour faire en sorte que nous créions quelque chose de chaleureux, plein de passion, plein de rire, plein de sourires, plein de conversation.
Très bien, merci en tout cas d’être venu nous présenter votre festival. Ce sera le mot de la fin, nous sommes déjà au bout des six minutes chrono. Merci, Roland Stevenot. Quant à vous, merci d’avoir suivi cette émission. Vous l’aurez compris : le festival du film européen se tient dans la cour du Palais Saint-Jean, en plein Vieux-Lyon, en plein air, du 20 au 24 juillet. Plus de détails sur l’actualité culturelle estivale sur le site lyoncapitale.fr. Je vous dis à très bientôt.
