Associations et syndicats, tous unis contre les expulsions locatives

Par La Rédaction
Posté le 13/03/2009  à 17:45 |  lu 2012 fois |  2 réactions|
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Préoccupés par le problème du logement et des expulsions qui menacent les ménages de plus en plus précarisés, associations et syndicats marchent côte à côte.

Malgré 1 million d'euros débloqué par le préfet cet hiver pour louer des chambres d'hôtel, le collectif pointe du doigt des actions gouvernementales et communautaires  qui ne font pas avancer le problème de fond du logement et des 'sans solution'.

C'est une grande première: Presque tous les syndicats, et 12 associations (comme Les enfants de Don Quichotte, l'ALPIL, Personne Dehors) qui s'unissent pour une même problématique : le logement. Dans le Rhône, cette dynamique commune traduit, pour Pierre-Yves Chanut, le représentant des syndicats, 'de l'urgence et l'aggravation de la problématique du logement, accentué par la crise'.
Car, si 2007 a vu l'expulsion de 730 ménages, 2009 pourrait en voir bien plus et ce malgré les déclarations de Christine Boutin. Le collectif est unanime à ce sujet : 'On demande au préfet d'appliquer la loi correctement, et surtout la loi DALO, ce qui n'est pas le cas actuellement', renchérit Marc Uhry.
Précisément, en matière d'expulsions locatives, le collectif demande à ce que le préfet n'accorde plus le concours de la force publique s'il n'y a pas de solution de relogement.
Outre cette demande, associations et syndicats demandent également à ce que soit imposé un quota de 20% de logements à loyers accessibles dans tout le programme immobilier, ainsi que le principe d'accueil sans condition dans le scentres d'hébergements d'urgence.

Un besoin de cohésion

Car, si associations et syndicats se sont rendu compte qu'une unité de leurs actions est aujourd'hui nécessaire, ils déplorent le manque de cohérence entre les différentes institutions. Selon eux, cela créé une incohésion, qui dessert les actions en faveur du mal-logement. Ce responsable de l'ALPIL explique: 'Ce qui manque cruellement, c'est une orchestration. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas un acteur, mais plusieurs à différents niveaux: l'état, le département, les communautés de communes, les communes, les associations'.

Pour Daniel Jacquin, du collectif des Enfants de Don Quichotte, une question essentielle doit se poser : 'Est-ce que la volonté politique est là?'. Et son constat est sans appel : 'Nous [ndlr les associations], nous avons cette volonté politique. Il faut faire en sorte qu'elle soit également présente en face'.

'Un million d'euros pour l'hébergement d'urgence, c'est un gaspillage'

Le constat des enfants de Don Quichotte pour cet hiver est plutôt positif : 'Cet hiver, nous avons demandé au préfet une solution d'urgence pour les sans-logement. Nous avons été satisfaits à 90 %. Les gens ont été mis à l'abri, malgré la saturation du 115, mais pas tous'. Car la capacité des centres d'hébergement d'urgence est trop faible. Entre 80 et 130 personnes ne pouvaient être logés chaque soir. Le préfet a donc débloqué 1 million d'euros, pour payer des nuitées d'hôtels à ces 'sans-solution'. Mais, cette solution temporaire et exceptionnelle ne règle pas le problème de fond. Pour le collectif Personne Dehors, 'Les 1 million d'euros dépensé pour l'hébergement d'urgence sont un gaspillage'. Et de rajouter : 'Dans l'urgence, c'est sûr que cela a servi à ce que les gens ne dorment pas dehors. Mais ces solutions servent juste à limiter la casse, cela ne règle pas concrètement et durablement le problème du logement'.
Les associations et syndicats espèrent maintenant un geste du Préfet pour pouvoir travailler communément. Et de conclure : 'Sur 1,2 millions de personnes, si nous ne sommes pas capables de répondre aux 2000 personnes en difficulté dans le département, à quoi on sert ?'.
Annie-Laurence Ferrero

dalologementboutindonquichotte
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Sabiha AHMINE dénonce les expulsions locatives : Mme Boutin et la rhétorique du vent

http://www.elunet.org/spip.php?article8299.

Voici un communiqué Presse que j'ai trouvé de Sabiha AHMINE, vice pdt de la commission politique de la ville au conseil Régionale Rhône-Alpes

" Pas d'expulsions locatives sans "solution de remplacement" ". Info ou intox ? On ne peut que s'interroger du bien fondé de cette dernière trouvaille de la ministre du logement Christine Boutin qui persiste et signe aujourd'hui dans la presse en affirment hâtivement q'un "préfet ne mettra plus à exécution un jugement d'expulsion sans proposer un relogement ou un hébergement pour les locataires dans l'impossibilité de payer leur loyer". Sans précisions concrètes, cette déclaration est hypocrite, voir cynique, car rien dans sa loi ne fait obligation aux préfets de proposer une solution d'hébergement avant une expulsion locative.

Sur le fond, nous avons besoin de solutions concrètes. Pas de rhétorique. En effet, comment peut devenir possible aujourd'hui ce qui était impossible il y a quelques jours, lorsque la même ministre du gouvernement UMP faisait adopter une loi expéditive dite de " mobilisation pour le logement " qui ne fait en réalité qu'accélérer les expulsions locatives ! En réalité cette annonce ne va pas changer grand-chose, car sans une loi ou un décret officiel cette déclaration n'a aucun sens. C'est en substance la position des associations du droit au logement qui qualifient cette déclaration " d'effet d'annonce " visant à décourager toute mobilisation à l'approche de la fin de la " trêve hivernale".

Il ne faut jamais oublier que chaque année, la date du 15 mars, s'accompagne d'une multitude d'expulsions de locataires, le plus souvent pour cause d'impayé. Une pratique scandaleuse que nous n'avons cessé de dénoncer, chaque année à l'Assemblé Régionale Rhône-Alpes, cela avec les associations qui réclament un moratoire définitif des expulsions. Outre l'inflation et l'extension des formules d'hébergement au détriment d'un relogement véritable, accueil temporaire en hôtel ou foyer et non un relogement stable, il n' y a rien donc de neuf dans la politique du gouvernement. De l'aveu même des représentants des propriétaires, il est impératif de " maintenir le versement de l'aide au logement pour une personne en situation d'impayé. Il y aurait alors beaucoup moins d'expulsions ". Pour nous, il est urgent d'activer et de généraliser les commissions de prévention des expulsions qui existent d'ailleurs depuis la loi contre l'exclusion de 1998. Car selon le mouvement Emmaüs, "500.000 ménages sont en situation d'impayés de loyers". Près de 220.000 personnes occupent un logement sans droit et sans titre à la suite d'une décision d'expulsion. L'an dernier il y avait plus de 11.000 expulsions sans aucune solution de relogement.

Avec les acteurs et militants du terrain, qui appellent à manifester dimanche prochain à Paris, nous disons que des solutions existent. Il faut seulement du courage et de la volonté politique. C'est pourquoi, nous dénonçons surtout la baisse des aides personnelles au logement qui, selon la Fondation Abbé Pierre, auraient été amputées de 12,5% depuis 2001 alors même que les loyers ont flambé ; Le "désengagement de l'Etat" en matière de logement social, caractérisé par une baisse des crédits du ministère de Mme Boutin de plus de 3% en 2009. Ce qui pousse l'Etat a ponctionner une partie de la collecte du 1% logement pour financer l'ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine) et l'ANAH (Agence nationale d'amélioration de l'habitat) alors que ces fonds étaient initialement destinés à l'aide directe au logement social. Ainsi la politique du logement du gouvernement fait actuellement le bonheur des banquiers et les bailleurs, mais pas celui des mal-logés. C'est le cas du taux du livret (A ) qui a été dévalué pour atténuer les effets de la crise sur les promoteurs immobiliers.

En conclusion, rappelant que le droit à un logement stable, veut dire un véritable Service Public pour la relance de la construction de logements sociaux. Il y a actuellement 1,5 million de demandes chez les organismes HLM. Sur le court terme, en attendant les moyens, Mme Boutin peut ainsi activer l'application de la loi de réquisition.

Signaler un abus | le 16/03/2009  à 14:53 | Posté par  marc  

 

La solution à court terme passe par un moratoire des expulsions de bonne foi. Mais la solution à moyen terme consiste à rééquilibrer le marché avec une offre de logements à loyer réduit, dans le parc public ou dans le parc privé. Le phénomène s'amplifiant avec la crise, les élus doivent agir..

De la loi Droit Au Logement Opposable (DALO) à l' Engagement National pour le Logement (ENL) en passant par le Plan de Relance, Nicolas Sarkozy et son gouvernement, ne sont pas en reste d'annonces pour remédier aux problèmes.
Mais sur le terrain, l'écart se creuse entre les objectifs affichés et la réalité.
Dans le Grand Lyon, les objectifs de production de logement social sont en hausse en 2009 mais les moyens accordés par l'Etat sont en baisse : 3 809 logements devraient être construits cette année (880 PLAI, 1 618 PLUS, 711 PLS, 600 ANRU) contre 3 572 en 2008, soit + 237 logements annoncés ; la dotation de l'Etat s'élève à 21,1 M€ en 2009 contre 24,2 M€ en 2008, soit - 3,1 M€.

Remettre en bon ordre la politique nationale du développement de l'offre de logement est un impératif avec deux axes essentiels :
-augmentation réelle des crédits consacrés à la production de logements sociaux
-amélioration de la qualité des logements: généralisation de la haute performance énergétique et environnementale, expérimentation de l'habitat coopératif, densité et qualité urbaine...

Cette augmentation des crédits est cohérente avec les objectifs à poursuivre en situation de crise économique :
-l'accès à un logement est une condition première de l'insertion, de même nature que l'accès à une alimentation saine ou à un emploi,
-l'investissement public dans le logement favorise l'équilibre des comptes publics (1€ de dépense publique dans le logement génère 1,3€ de recettes publiques) alors que la dette ne cesse de s'amplifier,
-l'investissement public dans le logement favorise l'emploi local non délocalisable pour de multiples niveaux de qualification,
-un système de financement sain, où une épargne populaire et sans risque (livret A), collectée par la Caisse des Dépôts et Consignation, est prêtée aux bailleurs à taux bonifiés et remboursée par les locataires.

Cet investissement important dans la construction de logements à loyer réduit, réalisé par la Ville de Lyon et le Grand Lyon depuis quelques années, donne des résultats positifs : 3 fois plus de logements construits en 2005-2007 à l'échelle du Grand Lyon que ce que la loi imposait. Mais ils ne continueront que si l'Etat ne se désengage pas.

Luc VOITURIEREmeline BAUMEPierre HEMON Françoise RIVOIRE
Adjoint du 1er arrondissementConseillère Grand LyonPrésident groupe des Verts
Délégué au logementAdministratrice Batigère Rhône-AlpesVille de Lyon

Signaler un abus | le 17/03/2009  à 11:30 | Posté par  emeline  

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